"Je dois déplorer que les Etats-Unis, qui durant de nombreuses années ont joué un rôle pour contribuer au processus de paix (...), malheureusement soient en train de se disqualifier pour jouer un rôle de médiateur ayant la confiance des deux parties", a dit le ministre espagnol des Affaires étrangères, le socialiste Josep Borrell, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Riyad al-Maliki.

"Le ministre m'a fait part de sa grave préoccupation vis-à-vis de la situation (...) comme conséquence de l'alignement des Etats-Unis sur les positions israéliennes", a déclaré M. Borrell.

Riyad al-Maliki a affirmé de son côté que le gouvernement du président Donald Trump avait "cessé de jouer un rôle d'+honest broker+ (de facilitateur) pour devenir partie au conflit". "Les Etats-Unis ont décidé de faire partie du problème et non partie de la solution", a-t-il dit.

"Les Etats-Unis regardent le conflit avec les yeux d'Israël, ils ont adopté la position israélienne", a ajouté M. al-Maliki, appelant la communauté internationale à "prendre des mesures pour sauver le processus de paix".

Les deux ministres réagissaient notamment à l'annonce faite vendredi par l'administration américaine qu'elle ne financerait plus l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), après avoir déjà supprimé plus de 170 millions d'euros d'aide aux Palestiniens.

M. Borrell a exprimé "la condamnation la plus ferme de ce genre d'attitudes unilatérales".

Il a annoncé que l'Espagne comptait réagir en doublant sa contribution à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, qui passerait modestement d'un million à deux millions d'euros.

Après une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas, un membre d'une ONG israélienne avait indiqué dimanche que des conseillers américains proposaient une confédération palestino-jordanienne. "Je ne vais croire du tout à cela tant que je ne verrai pas un tweet du président Trump", a commenté M. Borrell, y voyant "spéculations" et "rumeurs".

Il a également évoqué l'hypothèse d'une "reconnaissance de l'Etat de Palestine, approuvée à l'unanimité du parlement espagnol" en 2014: il s'agirait "de le faire de façon coordonnée dans le cadre de l'Union européenne", a ajouté M. Borrell, ancien président du Parlement européen.