Selon NBC, la Maison Blanche étudie les possibilités juridiques de faire partir le prédicateur turc, installé de longue date aux Etats-Unis. La chaîne de télévision américaine rapporte que cela s'inscrit dans un effort diplomatique pour que le président turc Recep Tayyip Erdogan relâche la pression sur l'Arabie saoudite après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Le président Erdogan a affirmé que ce meurtre avait été commandité "aux plus hauts niveaux de l'Etat" saoudien. Il a écarté la responsabilité du roi Salmane mais n'a pas absous son fils, le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, que les Etats-Unis ne semblent pas de leur côté vouloir lâcher.

"Ces questions ne sont pas liées", a assuré jeudi la porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert. Elle a ajouté que la Maison Blanche n'avait "pas été impliquée dans des discussions" avec "les Turcs" au sujet "de l'extradition de Fethullah Gülen". Elle n'a en revanche pas clairement démenti les informations de NBC sur des réflexions au sein de l'administration de Donald Trump sur une possible solution pour faire partir le prédicateur.

"Nous avons reçu de nombreuses demandes de la part du gouvernement turc", "nous continuons d'analyser les éléments présentés par le gouvernement turc pour appuyer sa demande d'extradition", s'est-elle bornée à dire devant la presse.

Les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, très tendues ces derniers temps, se sont un peu réchauffées depuis que la justice turque a libéré, en octobre, le pasteur américain Andrew Brunson dont Washington réclamait avec insistance le retour.

Le sort de Fethullah Gülen, qui nie toute implication dans la tentative de coup d'Etat et que Washington n'a jusqu'ici pas accepté d'extrader, reste l'un des principaux points de discorde entre ces deux pays alliés.

Dans un communiqué, l'organisation qui soutient le prédicateur islamiste, Alliance for Shared Values, s'est dite "alarmée".

"Le gouvernement turc n'a jamais réussi à fournir aux Etats-Unis les preuves nécessaires pour démontrer que M. Gülen était responsable de la déplorable tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016", a-t-elle déclaré. "Maintenant, selon des informations de presse, le gouvernement turc tente d'utiliser le meurtre tragique du journaliste saoudien Jamal Khashoggi comme monnaie d'échange pour sa demande illégale".