L'ancien directeur du Renseignement national, James Clapper, et l'ancien directeur de la CIA, John Brennan, ont sévèrement réprimandé Donald Trump après que ce dernier les a qualifiés de "vendus". En cause : les accusations d'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle américaine.
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L'ancien directeur du Renseignement national, James Clapper, et l'ancien directeur de la CIA, John Brennan, ont sévèrement réprimandé Donald Trump après que ce dernier les a qualifiés de "vendus". En cause : les accusations d'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle américaine. Ce sont notamment eux qui ont conclu en janvier que la Russie avait interféré dans les élections américaines. "Il nous a traités de vendus parce qu'il essaie de délégitimer les conclusions" du renseignement, a déclaré Brennan à CNN aux côtés de James Clapper. Considérant ces critiques comme "un honneur" venant de lui, l'ancien chef de la CIA ajoute qu'en ne se confrontant pas au problème russe, Donald Trump donne un "laissez-passer" à Poutine. Interrogé pour savoir s'il avait soulevé la question de la possible ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, Trump a déclaré : "Chaque fois qu'il me voit, il dit 'je n'ai pas fait ça'. Et je le crois - je crois vraiment que quand il me dit cela, il le pense". Il a ensuite insisté, via un tweet, sur le fait qu'avoir une bonne relation avec la Russie était "une bonne chose". Après sa rencontre avec le président russe, Donald Trump a mis en avant les dénégations de Vladimir Poutine, semblant lui donner raison. Un journaliste lui a alors rappelé les conclusions des 17 agences de renseignement américaines qui ont été unanimes pour conclure à une ingérence de Moscou. "Franchement, vous avez Brennan, vous avez Clapper, vous avez Comey (...) Comey a prouvé qu'il était un menteur et qu'il a organisé des fuites", a-t-il rétorqué. "Je pense que cela montre à Poutine que Donald Trump peut être intimidé par des dirigeants étrangers qui vont faire appel à son égo et essayer de jouer sur ses insécurités, ce qui est très, très inquiétant du point de vue de la sécurité nationale", déclare John Brennan. "Ce que Trump fait vis-à-vis des Russes est soit de la naïveté, soit de l'ignorance, soit de la peur". C'est aussi l'avis de James Clapper, qui pense que Trump n'est pas insensible aux déroulés de tapis rouges et autres gardes d'honneur : "Je suis convaincu que les Chinois comme les Russes pensent pouvoir le manipuler". Il s'inquiète du refus de Donald Trump de reconnaître l'ingérence de la Russie dans le scrutin présidentiel : "Poutine est déterminé à affaiblir notre système, notre démocratie et notre processus électoral tout entier (...) Le présenter d'une autre façon est sidérant, et représente en fait un danger pour notre pays". Les propos du président américain ont aussi choqué le sénateur républicain John McCain, qui a rappelé la carrière passée du président russe au sein des services de renseignement russes. "Ce n'est en rien faire passer l'Amérique en premier que d'accorder plus de confiance à un colonel du KGB qu'à l'ensemble des services de renseignement américain", a-t-il noté dans un communiqué.Des allégations contestées par Steven Mnuchin, le secrétaire d'Etat au Trésor, qui assure que "le président Trump ne se fait manipuler par personne". Dimanche, Donald Trump est apparu atténuer la portée de ses précédentes déclarations en assurant "croire" le renseignement américain, "tel qu'il est dirigé maintenant, par des gens très bien". (avec AFP)