"Je suis un homme d'Etat", a répété au fil des cinq audiences de son procès l'ex- président de l'Assemblée nationale, barbe poivre et sel et chapelet autour du cou.

Longtemps, M. Kamerhe s'est cru intouchable, à cause de son statut de directeur de cabinet à la présidence de la République, son passé et le poids démographique de son fief dans l'Est de la RDC. "J'ai le soutien total du chef de l'Etat. Je ne le contredis jamais et lui non plus", déclarait-il en novembre 2019.

"Nos épouses sont devenues amies. Ses enfants, je les considère comme mes enfants, et l'inverse est également vrai. Tout cela est le ciment de notre alliance", ajoutait-il alors que son nom était déjà apparu dans une première affaire de détournement présumé, en septembre.

Fin 2018, ce natif de Bukavu, dans le Sud-Kivu, a été le principal allié de Félix Tshisekedi dans sa conquête du pouvoir, comme il avait servi avec zèle son prédécesseur Joseph Kabila dans les années 2000.

Excellent tribun, M. Kamerhe a fait campagne avec M. Tshisekedi, surtout dans l'Est où il a mis sa popularité et sa maîtrise du swahili au service de son allié, plus à l'aise dans l'Ouest du pays, à Kinshasa et au Kasaï.

Dans un volte-face spectaculaire, les deux hommes s'étaient retirés au bout de 24 heures d'une alliance de sept leaders de l'opposition autour de Martin Fayulu pour sceller leur propre plate-forme politique, Cap pour le changement (Cach).

Leur accord prévoyait que Vital Kamerhe, qui avait tenté sa chance en 2011, soit candidat à la présidence en 2023.

- Mariage people -

Jovial et chaleureux, Vital Kamerhe est l'une des rares personnalités à maîtriser les quatre langues nationales du pays, outre le français qui est la langue officielle (lingala, swahili, kikongo, tshiluba).

Il est le père de 14 enfants, selon l'état-civil décliné en ouverture du procès.

A peine nommé directeur de cabinet après l'investiture du président Tshisekedi janvier 2019, il s'est remarié le 14 février, jour de la Saint-Valentin, avec l'ex-compagne d'un célèbre chanteur congolais, JB Mpiana.

Le faste de ce mariage "people" avec Hamida Shatur, issue d'une famille indienne, avait irrité les Congolais, au moment où la nouvelle équipe au pouvoir promettait de gouverner pour "le peuple d'abord".

Entendu comme témoin, la femme de Vital Kamerhe a d'ailleurs énuméré à la barre la liste des cadeaux reçus lors de leur mariage: 862.000 dollars, 33.000 euros, 10 millions de francs CFA (15.000 euros) et quatre voitures neuves...

Le tribunal a ordonné la confiscation des fonds sur ses comptes bancaires.

M. Kamerhe fait partie de cette génération marquée au fer rouge par la chute du dictateur Mobutu Sese Seko (1997), l'assassinat de son tombeur Laurent-Désiré Kabila (2001) et les deux guerres du Congo (1998-2003).

Brillant orateur, il fut lors de la présidentielle de 2006, le directeur de campagne du jeune président Joseph Kabila, propulsé à la tête de la RDC après l'assassinat de son père en janvier 2001. Il a aussi été l'un des cadres fondateurs de son parti, le PPRD.

Pour ses dévoués services, M. Kamerhe a obtenu en retour la présidence de l'Assemblée nationale, où il s'est illustré par son "art de paraphraser avec concision des débats sans fin et d'amener une décision", relève David Van Reybrouck dans sa somme "Congo, une histoire".

En 2009, il avait été contraint de démissionner, pour avoir contesté l'entrée de troupes rwandaises dans l'Est du pays pour une opération conjointe avec l'armée congolaise contre des rebelles rwandais.

Il a été accusé par sa famille politique d'alors d'avoir "nui à la cohésion nationale".

Comme tant d'anciens cadres tombés en disgrâce, il a alors commencé une carrière "d'opposant", en se présentant à la présidentielle de 2011 contre son ancien champion, Joseph Kabila.

Il a créé son parti, l'Union pour la nation congolaise (UNC). Mais ses détracteurs affirment qu'il a continué à garder des liens avec Joseph Kabila.

Jouant à l'équilibriste durant des années, bien introduit dans la sphère musicale de RDC, Vital Kamerhe est souvent chanté par les grandes voix de la rumba congolaise, à l'instar de Koffi Olomide.

"Je suis un homme d'Etat", a répété au fil des cinq audiences de son procès l'ex- président de l'Assemblée nationale, barbe poivre et sel et chapelet autour du cou. Longtemps, M. Kamerhe s'est cru intouchable, à cause de son statut de directeur de cabinet à la présidence de la République, son passé et le poids démographique de son fief dans l'Est de la RDC. "J'ai le soutien total du chef de l'Etat. Je ne le contredis jamais et lui non plus", déclarait-il en novembre 2019. "Nos épouses sont devenues amies. Ses enfants, je les considère comme mes enfants, et l'inverse est également vrai. Tout cela est le ciment de notre alliance", ajoutait-il alors que son nom était déjà apparu dans une première affaire de détournement présumé, en septembre. Fin 2018, ce natif de Bukavu, dans le Sud-Kivu, a été le principal allié de Félix Tshisekedi dans sa conquête du pouvoir, comme il avait servi avec zèle son prédécesseur Joseph Kabila dans les années 2000. Excellent tribun, M. Kamerhe a fait campagne avec M. Tshisekedi, surtout dans l'Est où il a mis sa popularité et sa maîtrise du swahili au service de son allié, plus à l'aise dans l'Ouest du pays, à Kinshasa et au Kasaï. Dans un volte-face spectaculaire, les deux hommes s'étaient retirés au bout de 24 heures d'une alliance de sept leaders de l'opposition autour de Martin Fayulu pour sceller leur propre plate-forme politique, Cap pour le changement (Cach). Leur accord prévoyait que Vital Kamerhe, qui avait tenté sa chance en 2011, soit candidat à la présidence en 2023. - Mariage people - Jovial et chaleureux, Vital Kamerhe est l'une des rares personnalités à maîtriser les quatre langues nationales du pays, outre le français qui est la langue officielle (lingala, swahili, kikongo, tshiluba). Il est le père de 14 enfants, selon l'état-civil décliné en ouverture du procès. A peine nommé directeur de cabinet après l'investiture du président Tshisekedi janvier 2019, il s'est remarié le 14 février, jour de la Saint-Valentin, avec l'ex-compagne d'un célèbre chanteur congolais, JB Mpiana. Le faste de ce mariage "people" avec Hamida Shatur, issue d'une famille indienne, avait irrité les Congolais, au moment où la nouvelle équipe au pouvoir promettait de gouverner pour "le peuple d'abord". Entendu comme témoin, la femme de Vital Kamerhe a d'ailleurs énuméré à la barre la liste des cadeaux reçus lors de leur mariage: 862.000 dollars, 33.000 euros, 10 millions de francs CFA (15.000 euros) et quatre voitures neuves... Le tribunal a ordonné la confiscation des fonds sur ses comptes bancaires. M. Kamerhe fait partie de cette génération marquée au fer rouge par la chute du dictateur Mobutu Sese Seko (1997), l'assassinat de son tombeur Laurent-Désiré Kabila (2001) et les deux guerres du Congo (1998-2003). Brillant orateur, il fut lors de la présidentielle de 2006, le directeur de campagne du jeune président Joseph Kabila, propulsé à la tête de la RDC après l'assassinat de son père en janvier 2001. Il a aussi été l'un des cadres fondateurs de son parti, le PPRD. Pour ses dévoués services, M. Kamerhe a obtenu en retour la présidence de l'Assemblée nationale, où il s'est illustré par son "art de paraphraser avec concision des débats sans fin et d'amener une décision", relève David Van Reybrouck dans sa somme "Congo, une histoire". En 2009, il avait été contraint de démissionner, pour avoir contesté l'entrée de troupes rwandaises dans l'Est du pays pour une opération conjointe avec l'armée congolaise contre des rebelles rwandais. Il a été accusé par sa famille politique d'alors d'avoir "nui à la cohésion nationale". Comme tant d'anciens cadres tombés en disgrâce, il a alors commencé une carrière "d'opposant", en se présentant à la présidentielle de 2011 contre son ancien champion, Joseph Kabila. Il a créé son parti, l'Union pour la nation congolaise (UNC). Mais ses détracteurs affirment qu'il a continué à garder des liens avec Joseph Kabila. Jouant à l'équilibriste durant des années, bien introduit dans la sphère musicale de RDC, Vital Kamerhe est souvent chanté par les grandes voix de la rumba congolaise, à l'instar de Koffi Olomide.