Une première journée riche en actes protocolaires qui a commencé aux aurores et en fanfare pour le couple royal qui s'est envolé de Bruxelles ce lundi matin pour le Portugal. Pour ce voyage, ils étaient accompagnés d'une délégation de 170 personnes parmi lesquels on dénombre le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, le secrétaire d'État au Commerce extérieur Pieter De Crem mais aussi des cinq ministres-présidents soit Willy Borsus (Wallonie), Rudy Demotte (Fédération Wallonie-Bruxelles), Rudi Vervoort (Région bruxelloise), Geert Bourgeois (Flandre) et Oliver Paasch (Communauté germanophone).
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Une première journée riche en actes protocolaires qui a commencé aux aurores et en fanfare pour le couple royal qui s'est envolé de Bruxelles ce lundi matin pour le Portugal. Pour ce voyage, ils étaient accompagnés d'une délégation de 170 personnes parmi lesquels on dénombre le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, le secrétaire d'État au Commerce extérieur Pieter De Crem mais aussi des cinq ministres-présidents soit Willy Borsus (Wallonie), Rudy Demotte (Fédération Wallonie-Bruxelles), Rudi Vervoort (Région bruxelloise), Geert Bourgeois (Flandre) et Oliver Paasch (Communauté germanophone). Le bruit des fanfares militaires va continuer à rythmer la journée lorsque la délégation atterrit à Lisbonne. La reine, pimpante et qui ne s'était encore jamais rendue au Portugal, a pris soin de changer de tenue dans l'avion et de se faire coiffée par son coiffeur, lui aussi du voyage. A Lisbonne, la visite commence par l'accueil du président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, devant le Monastère des Hiéronymites (dos Jerónimos en portugais), patrimoine de l'Humanité situé dans le quartier du Belém, lieux de départ de nombreux aventuriers vers le Nouveau Monde. Le soleil d'octobre tape encore sur les rives du Tage et il aura raison d'une militaire qui s'écroule avant d'être évacuée promptement. Les officiels n'en verront rien, ou, tout du moins, n'en laisseront rien paraître. La visite peut reprendre et le président du Portugal n'hésitera pas à faire un baise-main appuyé à la reine. S'en suit un traditionnel passage des troupes qui laissera la reine quelque peu seule sur l'estrade. Protocole oblige, et n'étant pas chef des armées, elle doit en effet patiemment attendre que celui-ci se termine. Le président portugais emmènera ensuite la délégation devant la tombe de Luís de Camoes, l'un des plus grands poètes portugais de l'histoire. La date de sa mort, le 10 juin 1580, est aussi la date de la fête nationale portugaise. Le couple royal s'y recueillera quelques instants avant de se rendre au palais présidentiel situé non loin. Durant ce court trajet, ils seront entourés d'une impressionnante garde montée qui les escortera jusqu'aux portes du palais national de Belém où les attend, à nouveau, et certes de façon plus réduite, une fanfare. Le président portugais, journaliste dans une autre vie, recevra le couple royal pour un entretien privé d'une demi-heure. Ils y ont sans doute évoqué les 65.000 Portugais qui vivent en Belgique (principalement à Bruxelles et Anvers) et les 40.000 Belges qui sont actuellement enregistrés au Portugal.On ne sait par contre s'ils ont pu faire un selfie avec l'application surprenante qu'a lancé le président: le Marcelfie. Celle-ci permet, à toute personne qui le souhaite, d'apparaître en photo à côté du Président portugais grâce à un ingénieux filtre. La délégation officielle s'est ensuite rendue à l'Hôtel de ville, ici aussi devant armée et fanfare, pour y recevoir symboliquement les clés de Lisbonne des mains du maire Fernando Medina. Les souverains concluent leur après-midi par une balade en vieux tram dans le quartier pittoresque de l'Alfama. C'est l'un des plus vieux quartiers de Lisbonne constitué d'un impressionnant labyrinthe d'étroites ruelles qui grimpent de l'estuaire du Tage jusqu'au château situé en haut de la colline. Cette première journée de visite d'Etat se clôture par un dîner d'Etat au palais da Ajudace où le roi Philippe salue un peuple conquérant: "Nous avons parcouru huit siècles de l'histoire du Portugal. C'est l'histoire d'un grand peuple, au caractère entreprenant et conquérant." Lors de son discours, le roi Philippe a aussi souligné les liens qui unissent la Belgique et le Portugal. "Depuis longtemps, le commerce maritime a relié nos grandes villes portuaires et leur a fait connaître un essor similaire (...). Nos soldats se sont battus côte à côte à des moments cruciaux et le font encore sur divers terrains d'action aujourd'hui." Le Roi a également tenu à souligner le "courage et la douceur" des Portugais. "Tout au long de votre histoire et encore ces cinquante dernières années, vous avez fait preuve d'une foi sans cesse renouvelée dans un avenir meilleur. Cette force vous a permis de gagner la démocratie, d'adhérer à l'Union européenne, d'accéder à la monnaie unique et de vous relever après la dernière crise financière mondiale." Avec une baisse spectaculaire du chômage, qui est passé de 17,5 % il y a cinq ans à moins de 8 % aujourd'hui, et une croissance en hausse, le pays fait de nombreux envieux, et ce même parmi ses collègues européens. Une jalousie qui devrait encore croître si le gouvernement du Premier ministre socialiste António Costa parvient, comme il l'espère, à atteindre l'équilibre budgétaire pour 2020. Un tel boom économique, alors que ce même pays était au bord de la faillite en 2011 et avait dû solliciter un plan d'aide de 78 milliards d'euros à l'Europe et au FMI en échange de sévères mesures d'austérité, a redonné sans conteste du lustre au pays. Au point d'en faire la destination d'une visite d'état. Comme le précise Pieter De Crem à la VRT, "Le Portugal est la preuve que l'on peut surmonter une crise économique". Cette visite d'État est aussi l'occasion d'introduire des entreprises belges sur le marché portugais. C'est pourquoi le roi est accompagné d'une importante délégation d'affaires, avec 61 chefs d'entreprises. La signature de pas moins de 17 accords commerciaux, culturels ou académiques est prévue pour ce mardi. La valeur des exportations belges vers le Portugal en 2017 s'élevait à 2,1 milliards d'euros, faisant de la Belgique le 6e plus grand exportateur vers le Portugal. Le Portugal est lui le 7e plus grand exportateur européen vers la Belgique pour un montant de 1,2 milliard d'euros en 2017.