On comprend mieux, à la lumière du résultat final qui se dessine dans la primaire de la droite pour la présidentielle française de 2017, que François Hollande ait décidé d'attendre la première quinzaine de décembre pour se positionner. L'épisode qui s'est déroulé dimanche devrait lui donner matière à intense réflexion.
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On comprend mieux, à la lumière du résultat final qui se dessine dans la primaire de la droite pour la présidentielle française de 2017, que François Hollande ait décidé d'attendre la première quinzaine de décembre pour se positionner. L'épisode qui s'est déroulé dimanche devrait lui donner matière à intense réflexion.L'échec magistral de Nicolas Sarkozy démontre combien il est difficile pour un ancien président de la République (déjà défait, qui plus est, lors de la tentative de reconduction de son premier mandat en 2012) de se dépêtrer d'un bilan mitigé pour espérer incarner une forme de renouveau. En l'occurrence, la stratégie très droitière de l'ancien leader des Républicains, n'a convaincu qu'un cinquième des votants. Dans ce rejet, il faut voir, outre une aversion contre sa personne, une claire volonté de changement et de renouvellement. Que François Fillon ait rencontré cette attente, lui qui a été le Premier ministre de Sarkozy tout au long de son mandat, peut surprendre et apparaître comme un véritable tour de force, explicable en partie par son programme radical sous certains aspects. Mais c'est incontestablement une réalité.A cette aune, François Hollande ne manquera pas de mesurer l'ampleur du niveau de détestation qu'inspire aux Français le maintien au pouvoir des "mêmes têtes", de dirigeants, surtout, qui, aux yeux de beaucoup, n'ont pas réussi à sortir la France d'un certain état de crise depuis 2008. Une primaire n'est pas l'autre. S'il se porte candidat, le Président sortant ne devra pas batailler, lors de la primaire de la gauche en janvier, face à des personnalités ayant la stature d'ancien Premier ministre. Mais dans le climat actuel de tempête populaire contre les pronostics établis, bien optimiste serait celui qui oserait assurer que François Hollande l'emportera contre un Benoît Hamon ou, plus encore, contre un Arnaud Montebourg. De surcroît, privé d'une confrontation-bis avec son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy, François Hollande perd aussi ce qui aurait été un des atouts de sa campagne.En revanche, l'autre surprise de la primaire de la droite, l'éclosion du présidentiable François Fillon, est de nature à inspirer un autre Premier ministre français, Manuel Valls, qui, lui, n'a pas été qu'un simple collaborateur de son président. Il serait illusoire de penser que l'attrait pour sa seule personne permettrait de sauver la gauche française de gouvernement du naufrage annoncé. Mais il ne faut non plus être devin pour pronostiquer qu'au vu de l'impopularité du Président sortant, il pourrait faire mieux que François Hollande. Malgré tout cela, celui-ci ira-t-il au combat ?