La mort jeudi de 33 de ses militaires dans des bombardements attribués à l'armée syrienne, protégée par Moscou, est le plus lourd bilan essuyé par la Turquie depuis le début de son intervention en Syrie en 2016, en soutien à certains groupes rebelles.

Ces pertes ont renforcé les craintes d'un conflit ouvert entre la Russie et la Turquie, deux pays partenaires qui ont renforcé leur coopération depuis 2016 dans plusieurs domaines, comme la Syrie, la défense et l'énergie.

Leurs deux présidents, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, ont toutefois maintenu le contact avec des conversations téléphoniques et une possible rencontre dès la semaine prochaine à Moscou.

Ceux-ci n'ont aucune envie de saper une alliance diplomatique bâtie au grand dam des Occidentaux et également mise à rude épreuve en Libye, où Russes et Turcs soutiennent des camps opposés.

Surtout que la Turquie étant membre de l'Otan, un conflit avec la Russie aurait des conséquences allant bien au-delà du seul terrain syrien.

"La Russie ne cherche absolument pas une confrontation militaire avec la Turquie, qui n'est également pas intéressée par un conflit autour d'Idleb", relève auprès de l'AFP Igor Delanoë, le directeur adjoint de l'observatoire franco-russe de Moscou.

"Le prix à payer est trop élevé, en particulier pour Ankara si l'on prend en compte tous les moyens de pression économiques que Moscou peut activer", explique-t-il.

La Russie a construit le gazoduc TurkStream à travers la mer Noire, est en train de concevoir la première centrale nucléaire turque et a livré à Ankara son système de défense antiaérienne dernier cri S-400, provoquant la consternation au sein de l'Alliance atlantique.

Aucun pas en arrière

Moscou reproche à la Turquie de n'avoir pas réussi à séparer groupes rebelles et jihadistes à Idleb comme elle s'était engagée à le faire dans un accord conclu en 2018 à Sotchi, en Russie, qui prévoyait aussi la fin des combats et l'érection de postes d'observation turcs en Syrie.

M. Erdogan, qui a juré de ne pas faire "le moindre pas en arrière" dans cette région syrienne, a donné jusqu'à samedi aux forces du régime de Damas pour se retirer de leurs positions.

La Turquie veut conserver grâce aux groupes rebelles qu'elle soutient une influence en Syrie après la fin de la guerre civile déclenchée en 2011. Mais cette ambition s'oppose à celle de Moscou, qui veut voir son protégé Bachar al-Assad reprendre le contrôle de la totalité du territoire syrien.

Malgré les tensions, les récents contacts diplomatiques entre MM. Poutine et Erdogan "rendent l'éventualité d'une confrontation militaire directe moins plausible", estime l'expert en relations russo-turques Kerim Has, qui ajoute toutefois que "la Russie va continuer ses opérations à Idleb".

Si les responsables russes ont usé de prudence dans leurs déclarations pour ne pas froisser Ankara, le Kremlin a accusé l'armée turque de se mêler à Idleb à des groupes considérés à Moscou comme "terroristes", au lieu d'occuper les postes d'observation créés par l'accord de Sotchi.

"Prêts à la désescalade"

Russes et Turcs, dont les empires se sont affrontés pendant des siècles pour le contrôle de la mer Noire, ont eu des relations en dents de scie ces dernières années.

Des craintes de confrontation militaire directe étaient déjà apparues en novembre 2015, lorsque la Turquie avait abattu un avion de guerre russe à la frontière syrienne. Après des semaines de tensions, les deux pays s'étaient finalement réconciliés en 2016.

Même l'assassinat de l'ambassadeur russe à Ankara en décembre 2016 n'a pas fait dérailler leur coopération. Russie, Turquie et Iran sont ainsi progressivement devenus les arbitres dans le conflit syrien, évinçant complètement les Occidentaux.

"Jusqu'à présent, tous les indicateurs montrent que les deux pays sont prêts à la désescalade", estime à cet égard Alexeï Khlebnikov, un expert du Conseil russe des affaires étrangères, et ce même si "une escalade peut toujours se produire".

La mort jeudi de 33 de ses militaires dans des bombardements attribués à l'armée syrienne, protégée par Moscou, est le plus lourd bilan essuyé par la Turquie depuis le début de son intervention en Syrie en 2016, en soutien à certains groupes rebelles.Ces pertes ont renforcé les craintes d'un conflit ouvert entre la Russie et la Turquie, deux pays partenaires qui ont renforcé leur coopération depuis 2016 dans plusieurs domaines, comme la Syrie, la défense et l'énergie.Leurs deux présidents, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, ont toutefois maintenu le contact avec des conversations téléphoniques et une possible rencontre dès la semaine prochaine à Moscou.Ceux-ci n'ont aucune envie de saper une alliance diplomatique bâtie au grand dam des Occidentaux et également mise à rude épreuve en Libye, où Russes et Turcs soutiennent des camps opposés.Surtout que la Turquie étant membre de l'Otan, un conflit avec la Russie aurait des conséquences allant bien au-delà du seul terrain syrien."La Russie ne cherche absolument pas une confrontation militaire avec la Turquie, qui n'est également pas intéressée par un conflit autour d'Idleb", relève auprès de l'AFP Igor Delanoë, le directeur adjoint de l'observatoire franco-russe de Moscou."Le prix à payer est trop élevé, en particulier pour Ankara si l'on prend en compte tous les moyens de pression économiques que Moscou peut activer", explique-t-il.La Russie a construit le gazoduc TurkStream à travers la mer Noire, est en train de concevoir la première centrale nucléaire turque et a livré à Ankara son système de défense antiaérienne dernier cri S-400, provoquant la consternation au sein de l'Alliance atlantique.Aucun pas en arrièreMoscou reproche à la Turquie de n'avoir pas réussi à séparer groupes rebelles et jihadistes à Idleb comme elle s'était engagée à le faire dans un accord conclu en 2018 à Sotchi, en Russie, qui prévoyait aussi la fin des combats et l'érection de postes d'observation turcs en Syrie.M. Erdogan, qui a juré de ne pas faire "le moindre pas en arrière" dans cette région syrienne, a donné jusqu'à samedi aux forces du régime de Damas pour se retirer de leurs positions.La Turquie veut conserver grâce aux groupes rebelles qu'elle soutient une influence en Syrie après la fin de la guerre civile déclenchée en 2011. Mais cette ambition s'oppose à celle de Moscou, qui veut voir son protégé Bachar al-Assad reprendre le contrôle de la totalité du territoire syrien.Malgré les tensions, les récents contacts diplomatiques entre MM. Poutine et Erdogan "rendent l'éventualité d'une confrontation militaire directe moins plausible", estime l'expert en relations russo-turques Kerim Has, qui ajoute toutefois que "la Russie va continuer ses opérations à Idleb".Si les responsables russes ont usé de prudence dans leurs déclarations pour ne pas froisser Ankara, le Kremlin a accusé l'armée turque de se mêler à Idleb à des groupes considérés à Moscou comme "terroristes", au lieu d'occuper les postes d'observation créés par l'accord de Sotchi."Prêts à la désescalade"Russes et Turcs, dont les empires se sont affrontés pendant des siècles pour le contrôle de la mer Noire, ont eu des relations en dents de scie ces dernières années.Des craintes de confrontation militaire directe étaient déjà apparues en novembre 2015, lorsque la Turquie avait abattu un avion de guerre russe à la frontière syrienne. Après des semaines de tensions, les deux pays s'étaient finalement réconciliés en 2016.Même l'assassinat de l'ambassadeur russe à Ankara en décembre 2016 n'a pas fait dérailler leur coopération. Russie, Turquie et Iran sont ainsi progressivement devenus les arbitres dans le conflit syrien, évinçant complètement les Occidentaux."Jusqu'à présent, tous les indicateurs montrent que les deux pays sont prêts à la désescalade", estime à cet égard Alexeï Khlebnikov, un expert du Conseil russe des affaires étrangères, et ce même si "une escalade peut toujours se produire".