Le Parlement vénézuélien, unique institution contrôlée par l'opposition au président socialiste, devait élire dimanche son président pour 2020. Un poste auquel Juan Guaido se disait certain d'être reconduit pour continuer son "combat", jusque-là infructueux, pour chasser du palais de Miraflores l'héritier politique d'Hugo Chavez, qu'il qualifie d'"usurpateur" depuis la présidentielle "frauduleuse" de 2018.

C'est en vertu de son statut de président du Parlement unicaméral que Juan Guaido s'était proclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019, une fonction que lui reconnaissent près de soixante pays, dont les Etats-Unis.

Mais en début d'après-midi, alors que l'opposant et une dizaine de députés d'opposition sont empêchés depuis quatre heures d'entrer dans l'hémicycle par de longs contrôles de l'armée et de la police, Luis Parra, élu d'opposition, monte au perchoir.

Face à ses pairs fidèles au pouvoir chaviste et à des députés d'opposition en rupture de ban avec Juan Guaido qui ont pu entrer sans problème au Parlement, il s'empare d'un mégaphone. Il se proclame unilatéralement nouveau président du Parlement unicaméral depuis le perchoir.

Le chaos est indescriptible. Les propos de Luis Parra sont inaudibles. Des élus d'opposition le huent, d'autres le félicitent et une forêt de portables immortalise la scène. Au dehors, Juan Guaido est aux grilles de l'Assemblée... qu'il tente d'escalader avant de renoncer, selon des images de la chaîne privée VPI.

La réaction de l'opposition fidèle à Juan Guaido est immédiate. La proclamation de Luis Parra s'est effectuée "sans vote, ni quorum", s'indigne-t-elle. Elle évoque un "coup d'Etat parlementaire".

Washington, le plus fidèle allié de Juan Guaido, parle d'une tentative "désespérée" de le remplacer au Parlement. Le Brésil accuse Maduro "de bloquer par la force le vote légitime et la réelection de Juan Guaido".

Faux, rétorque Luis Parra. Il affirme que 81 députés sur 140 présents ont voté pour lui. Le député chaviste Pedro Carreño explique, lui, à l'AFP que la séance a eu lieu en présence de 150 élus, dont 84 ont voté pour Luis Parra, soit la majorité simple du Parlement qui compte 167 sièges.

Luis Parra a été exclu du parti d'opposition Primero Justicia après qu'un site internet d'informations l'a accusé d'avoir reçu des pots-de-vin en échange de son soutien à un entrepreneur colombien qui aurait trempé dans une affaire de corruption liée à des importations de nourriture.

Malgré son exclusion, Luis Parra affirme être toujours dans l'opposition à Nicolas Maduro.

Avant la séance du Parlement, José Brito, un député d'opposition lui aussi éclaboussé par l'affaire de corruption présumée, avait vigoureusement apostrophé Juan Guaido: "tu aurais pu incarner l'avenir, mais aujourd'hui tu es et tu seras le passé". Il avait alors annoncé la candidature de Luis Parra contre Juan Guaido.

Juan Guaido affirmait disposer des 84 votes nécessaires à sa réélection. Il affirme aussi que le gouvernement a versé des pots-de-vin à des députés d'opposition pour qu'ils tournent casaque.

Législatives à l'horizon

Après la proclamation de Luis Parra, Juan Guaido s'est rendu avec des députés d'opposition au siège du journal El Nacional mais ils n'ont pas précisé leurs intentions.

Fort de son statut de président par intérim, Juan Guaido entendait obtenir une deuxième chance de poursuivre son bras de fer avec Nicolas Maduro, qu'il rend responsable de la crise économique et sociale que traverse le Venezuela.

Car malgré le soutien de l'administration Trump, qui a pris une kyrielle de sanctions contre Nicolas Maduro et son entourage, l'opposant de 36 ans n'a pas atteint l'objectif proclamé début 2019 de "mettre fin à l'usurpation".

Les manifestations anti-Maduro attirent de moins en moins de Vénézuéliens et les pourparlers avec le gouvernement organisées sous l'égide de la Norvège ont fait long feu, tout comme l'appel au soulèvement lancé par Juan Guaido le 30 avril à l'armée.

Et Nicolas Maduro est toujours en poste. Il continue de jouir de l'appui de la Russie, de Cuba et de la Chine mais surtout de l'armée, clef de voûte du système politique vénézuélien.

Dans la pratique, l'Assemblée nationale n'a plus aucun pouvoir. Le travail législatif est effectué depuis 2017 par une Assemblée constituante uniquement composée de chavistes.

Cette même Constituante est chargée de convoquer les élections législatives qui doivent avoir lieu cette année. Mais Juan Guaido et les partis qui le soutiennent affirment vouloir boycotter le scrutin car il est organisé par le gouvernement.

L'opposition, déjà très divisée dans sa marche contre Nicolas Maduro, va devoir se mettre d'accord sur "une stratégie claire et consensuelle", au risque d'être "balayée du Parlement, unique institution où elle a la majorité", prévient David Smilde, expert du Venezuela à l'université américaine de Tulane.

Le Parlement vénézuélien, unique institution contrôlée par l'opposition au président socialiste, devait élire dimanche son président pour 2020. Un poste auquel Juan Guaido se disait certain d'être reconduit pour continuer son "combat", jusque-là infructueux, pour chasser du palais de Miraflores l'héritier politique d'Hugo Chavez, qu'il qualifie d'"usurpateur" depuis la présidentielle "frauduleuse" de 2018.C'est en vertu de son statut de président du Parlement unicaméral que Juan Guaido s'était proclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019, une fonction que lui reconnaissent près de soixante pays, dont les Etats-Unis. Mais en début d'après-midi, alors que l'opposant et une dizaine de députés d'opposition sont empêchés depuis quatre heures d'entrer dans l'hémicycle par de longs contrôles de l'armée et de la police, Luis Parra, élu d'opposition, monte au perchoir. Face à ses pairs fidèles au pouvoir chaviste et à des députés d'opposition en rupture de ban avec Juan Guaido qui ont pu entrer sans problème au Parlement, il s'empare d'un mégaphone. Il se proclame unilatéralement nouveau président du Parlement unicaméral depuis le perchoir.Le chaos est indescriptible. Les propos de Luis Parra sont inaudibles. Des élus d'opposition le huent, d'autres le félicitent et une forêt de portables immortalise la scène. Au dehors, Juan Guaido est aux grilles de l'Assemblée... qu'il tente d'escalader avant de renoncer, selon des images de la chaîne privée VPI. La réaction de l'opposition fidèle à Juan Guaido est immédiate. La proclamation de Luis Parra s'est effectuée "sans vote, ni quorum", s'indigne-t-elle. Elle évoque un "coup d'Etat parlementaire".Washington, le plus fidèle allié de Juan Guaido, parle d'une tentative "désespérée" de le remplacer au Parlement. Le Brésil accuse Maduro "de bloquer par la force le vote légitime et la réelection de Juan Guaido".Faux, rétorque Luis Parra. Il affirme que 81 députés sur 140 présents ont voté pour lui. Le député chaviste Pedro Carreño explique, lui, à l'AFP que la séance a eu lieu en présence de 150 élus, dont 84 ont voté pour Luis Parra, soit la majorité simple du Parlement qui compte 167 sièges.Luis Parra a été exclu du parti d'opposition Primero Justicia après qu'un site internet d'informations l'a accusé d'avoir reçu des pots-de-vin en échange de son soutien à un entrepreneur colombien qui aurait trempé dans une affaire de corruption liée à des importations de nourriture.Malgré son exclusion, Luis Parra affirme être toujours dans l'opposition à Nicolas Maduro.Avant la séance du Parlement, José Brito, un député d'opposition lui aussi éclaboussé par l'affaire de corruption présumée, avait vigoureusement apostrophé Juan Guaido: "tu aurais pu incarner l'avenir, mais aujourd'hui tu es et tu seras le passé". Il avait alors annoncé la candidature de Luis Parra contre Juan Guaido.Juan Guaido affirmait disposer des 84 votes nécessaires à sa réélection. Il affirme aussi que le gouvernement a versé des pots-de-vin à des députés d'opposition pour qu'ils tournent casaque.Législatives à l'horizonAprès la proclamation de Luis Parra, Juan Guaido s'est rendu avec des députés d'opposition au siège du journal El Nacional mais ils n'ont pas précisé leurs intentions.Fort de son statut de président par intérim, Juan Guaido entendait obtenir une deuxième chance de poursuivre son bras de fer avec Nicolas Maduro, qu'il rend responsable de la crise économique et sociale que traverse le Venezuela. Car malgré le soutien de l'administration Trump, qui a pris une kyrielle de sanctions contre Nicolas Maduro et son entourage, l'opposant de 36 ans n'a pas atteint l'objectif proclamé début 2019 de "mettre fin à l'usurpation". Les manifestations anti-Maduro attirent de moins en moins de Vénézuéliens et les pourparlers avec le gouvernement organisées sous l'égide de la Norvège ont fait long feu, tout comme l'appel au soulèvement lancé par Juan Guaido le 30 avril à l'armée.Et Nicolas Maduro est toujours en poste. Il continue de jouir de l'appui de la Russie, de Cuba et de la Chine mais surtout de l'armée, clef de voûte du système politique vénézuélien.Dans la pratique, l'Assemblée nationale n'a plus aucun pouvoir. Le travail législatif est effectué depuis 2017 par une Assemblée constituante uniquement composée de chavistes.Cette même Constituante est chargée de convoquer les élections législatives qui doivent avoir lieu cette année. Mais Juan Guaido et les partis qui le soutiennent affirment vouloir boycotter le scrutin car il est organisé par le gouvernement. L'opposition, déjà très divisée dans sa marche contre Nicolas Maduro, va devoir se mettre d'accord sur "une stratégie claire et consensuelle", au risque d'être "balayée du Parlement, unique institution où elle a la majorité", prévient David Smilde, expert du Venezuela à l'université américaine de Tulane.