"Le parquet a commencé son instruction, et toutes les requêtes de levée d'immunité parlementaire arrivent à l'Assemblée constituante comme il se doit (...). Il est clair que nous allons voter à main levée pour lever l'immunité parlementaire de tous ceux qui ont activement participé à cet acte", a déclaré Diosdado Cabello, qui est aussi président de la Constituante.

Cette assemblée a été créée en 2017 par le pouvoir, elle est dotée de pouvoirs étendus et remplace, dans les faits, le Parlement.

"La justice viendra, n'ayez aucun doute là-dessus", a encore expliqué Diosdado Cabello, fidèle parmi les fidèles de Nicolas Maduro, lors d'une réunion avec des militants du PSUV, le parti présidentiel, à Caracas.

Le Parlement est présidé par l'opposant Juan Guaido, à l'origine de l'appel au soulèvement militaire, et contrôlé par l'opposition depuis les législatives de décembre 2015. Mais quelques semaines après le scrutin, la Cour suprême, considérée par l'opposition comme acquise au pouvoir, l'a déclaré en "rébellion" et a décrété ses décisions "nulles".

La Constituante a déjà levé l'immunité parlementaire de Juan Guaido, qui est reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis.

De nombreux députés d'opposition ont soutenu son appel lancé à l'armée pour qu'elle se soulève contre Nicolas Maduro. A cette occasion, l'opposant a aussi revendiqué le soutien d'un groupe de soldats entrés en rébellion.

La tentative s'est dégonflée au cours de la journée, mais elle a déclenché des manifestations anti-Maduro dans tout le Venezuela mardi et mercredi, en marge desquelles de violents heurts se sont produits. Au moins quatre personnes ont été tuées.

Nicolas Maduro a affirmé mardi soir avoir déjoué cette "escarmouche putschiste" et a assuré que les "traîtres" seraient punis.