Juan Guaido, 35 ans, qu'une cinquantaine de pays ont reconnu comme président par intérim, a défié le leader chaviste, en bravant vendredi un ordre judiciaire lui interdisant de quitter le territoire, et en affirmant que l'armée, pilier du régime chaviste, avait "participé" à cette opération.

Samedi, des militaires vénézuéliens ont dispersé des manifestants avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur un pont frontalier avec la Colombie à Ureña dans l'Etat de Tachira (ouest), l'un des trois ponts dont Caracas a décrété la fermeture vendredi. Un quatrième, celui de Tienditas, est bloqué avec des conteneurs par l'armée depuis début février.

En outre, quatre militaires vénézuéliens ont déserté dans la matinée, après avoir franchi deux ponts frontaliers, selon le service migratoire colombien. Trois de ces membres de la Garde nationale bolivarienne ont renversé, avec un véhicule blindé, une barrière du pont Simon Bolivar dans la ville frontalière de Cucuta. Un sergent de la garde a également déserté après avoir traversé un autre des ponts de cette localité. Le Tachira est voisin de Cucuta, située dans le département colombien Norte de Santander, d'où Juan Guaido entend diriger la livraison de l'aide.

Elle doit lui être officiellement remise, lors d'une cérémonie annoncée par le gouvernement du président colombien Ivan Duque aux entrepôts du pont de Tienditas où elle s'accumule depuis le 7 février. M. Maduro estime que l'envoi de l'aide précède une intervention armée de Washington pour l'évincer du pouvoir. Une version reprise par la Russie, qui le soutient et a accusé le gouvernement américain d'user d'un "prétexte pour une action militaire".