Les avocats des victimes présumées ont salué jeudi "le plus gros accord amiable pour des abus sexuels jamais conclu avec une université aux Etats-Unis". Certains ont aussi eu des mots très durs contre l'USC, accusée d'avoir fermé les yeux sur les agissements du Dr George Tyndall pour préserver sa réputation.

"Les infirmières, qui étaient parfois présentes pendant les examens, regardaient littéralement de l'autre côté", a assuré une plaignante s'exprimant sous couvert de l'anonymat lors d'une conférence de presse via internet.

Un tribunal de Los Angeles a validé jeudi un accord amiable portant sur une somme de 852 millions de dollars et concernant plus de 700 victimes présumées. "Un accord juste et raisonnable", estime l'USC dans un communiqué.

Cette somme s'ajoute à un précédent accord d'un montant de 215 millions de dollars conclu fin 2018 dans le cadre d'une action de groupe menée au niveau fédéral. Plus de 16.000 anciennes patientes du gynécologue s'étaient jointes à cette action.

L'ampleur de l'accord amiable signé jeudi, en moyenne 1,2 million de dollars par plaignante, "témoigne des dégâts énormes causés à nos clientes par les actes dépravés de George Tyndall", a réagi le cabinet d'avocats Manly, Stewart & Finaldi, qui représente à lui seul 234 femmes. "Cela en dit aussi long sur la culpabilité de l'USC, qui a employé Tyndall pendant trente ans en ignorant des tonnes de plaintes et de preuves de ses méfaits", poursuit la firme.

"Je veux que ce soit clair: l'USC et ses responsables savaient! Les communiqués de presse qu'ils ont publiés en 2018 disant qu'ils tombaient des nues étaient de sacrés mensonges. Et nous l'avons prouvé", a insisté l'avocat John Manly lors d'une conférence de presse.

Photos, mensonges et viols

Le Dr George Tyndall, aujourd'hui âgé de 74 ans, avait fait l'objet de plusieurs centaines d'accusations d'abus sexuels de la part de patientes depuis 1990. Il aurait également pris des photos des organes génitaux de ses patientes et fait des commentaires obscènes sur leur physique, ainsi que des remarques racistes ou homophobes.

Selon les témoignages, le gynécologue s'en prenait souvent aux étudiantes étrangères, en particulier asiatiques, qui ne parlaient pas couramment anglais et n'étaient pas habituées aux examens gynécologiques. Certaines plaignantes ont aussi affirmé que le Dr Tyndall leur avait menti, prétextant avoir diagnostiqué une maladie vénérienne pour leur faire subir un examen inapproprié.

Malgré des signalements répétés, le médecin n'avait jamais été inquiété jusqu'à une enquête interne en 2016 déclenchée par une infirmière, qui avait conclu à des pratiques anormales.

Cela n'a pas empêché le gynécologue, qui a toujours nié les faits, de partir à la retraite en 2017 à la faveur d'un accord avec l'USC. Selon John Manly, George Tyndall a touché à cette occasion "près de 200.000 dollars" alors que la somme la plus importante reçue par une plaignante au titre de l'action de groupe a été de 96.000 dollars, "ce qui est obscène".

Le président de l'USC avait démissionné dans la foulée du scandale suscité par l'affaire. Carol Folt, qui lui a succédé à la tête de la prestigieuse université, s'est dite "profondément désolée pour la douleur subie" par ces femmes, dont elle a salué "le courage d'avoir témoigné".

Outre les accords amiables, les plaintes de patientes ont également entraîné l'ouverture d'une enquête de police contre le Dr Tyndall. Il a été arrêté en juin 2019 et inculpé pour attouchements sexuels et viols sur une vingtaine de femmes au total, pour des faits remontant jusqu'à 2009 bien que les plaintes portent sur une période bien plus longue.

Le Dr Tyndall est actuellement en liberté sous caution et risque plus de 50 ans de prison en cas de condamnation.

Les avocats des victimes présumées ont salué jeudi "le plus gros accord amiable pour des abus sexuels jamais conclu avec une université aux Etats-Unis". Certains ont aussi eu des mots très durs contre l'USC, accusée d'avoir fermé les yeux sur les agissements du Dr George Tyndall pour préserver sa réputation."Les infirmières, qui étaient parfois présentes pendant les examens, regardaient littéralement de l'autre côté", a assuré une plaignante s'exprimant sous couvert de l'anonymat lors d'une conférence de presse via internet.Un tribunal de Los Angeles a validé jeudi un accord amiable portant sur une somme de 852 millions de dollars et concernant plus de 700 victimes présumées. "Un accord juste et raisonnable", estime l'USC dans un communiqué.Cette somme s'ajoute à un précédent accord d'un montant de 215 millions de dollars conclu fin 2018 dans le cadre d'une action de groupe menée au niveau fédéral. Plus de 16.000 anciennes patientes du gynécologue s'étaient jointes à cette action.L'ampleur de l'accord amiable signé jeudi, en moyenne 1,2 million de dollars par plaignante, "témoigne des dégâts énormes causés à nos clientes par les actes dépravés de George Tyndall", a réagi le cabinet d'avocats Manly, Stewart & Finaldi, qui représente à lui seul 234 femmes. "Cela en dit aussi long sur la culpabilité de l'USC, qui a employé Tyndall pendant trente ans en ignorant des tonnes de plaintes et de preuves de ses méfaits", poursuit la firme."Je veux que ce soit clair: l'USC et ses responsables savaient! Les communiqués de presse qu'ils ont publiés en 2018 disant qu'ils tombaient des nues étaient de sacrés mensonges. Et nous l'avons prouvé", a insisté l'avocat John Manly lors d'une conférence de presse.Le Dr George Tyndall, aujourd'hui âgé de 74 ans, avait fait l'objet de plusieurs centaines d'accusations d'abus sexuels de la part de patientes depuis 1990. Il aurait également pris des photos des organes génitaux de ses patientes et fait des commentaires obscènes sur leur physique, ainsi que des remarques racistes ou homophobes.Selon les témoignages, le gynécologue s'en prenait souvent aux étudiantes étrangères, en particulier asiatiques, qui ne parlaient pas couramment anglais et n'étaient pas habituées aux examens gynécologiques. Certaines plaignantes ont aussi affirmé que le Dr Tyndall leur avait menti, prétextant avoir diagnostiqué une maladie vénérienne pour leur faire subir un examen inapproprié.Malgré des signalements répétés, le médecin n'avait jamais été inquiété jusqu'à une enquête interne en 2016 déclenchée par une infirmière, qui avait conclu à des pratiques anormales.Cela n'a pas empêché le gynécologue, qui a toujours nié les faits, de partir à la retraite en 2017 à la faveur d'un accord avec l'USC. Selon John Manly, George Tyndall a touché à cette occasion "près de 200.000 dollars" alors que la somme la plus importante reçue par une plaignante au titre de l'action de groupe a été de 96.000 dollars, "ce qui est obscène".Le président de l'USC avait démissionné dans la foulée du scandale suscité par l'affaire. Carol Folt, qui lui a succédé à la tête de la prestigieuse université, s'est dite "profondément désolée pour la douleur subie" par ces femmes, dont elle a salué "le courage d'avoir témoigné".Outre les accords amiables, les plaintes de patientes ont également entraîné l'ouverture d'une enquête de police contre le Dr Tyndall. Il a été arrêté en juin 2019 et inculpé pour attouchements sexuels et viols sur une vingtaine de femmes au total, pour des faits remontant jusqu'à 2009 bien que les plaintes portent sur une période bien plus longue.Le Dr Tyndall est actuellement en liberté sous caution et risque plus de 50 ans de prison en cas de condamnation.