"Il est très, très contreproductif pour le gouvernement chinois de donner l'impression qu'il devra envisager d'autres méthodes si cela ne cesse pas rapidement", a déclaré M. Patten à la radio BBC. "Nous savons ce qu'ont été ces autres méthodes dans l'histoire de la Chine", a-t-il ajouté, en évoquant notamment la répression de Tiananmen à Pékin en juin 1989.

"Ce serait une catastrophe pour la Chine, et bien sûr pour Hong Kong", a-t-il poursuivi, appelant à "un processus de réconciliation".

L'ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Parti début juin du rejet d'un projet de loi hongkongais qui entendait autoriser les extraditions vers Pékin, le mouvement a considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de la Chine dans les affaires intérieures.

Face à la multiplication ces dernières semaines des affrontements entre policiers et manifestants, Pékin a musclé son discours contre ces derniers, disant voir dans leur mouvement des "signes de terrorisme".

Deux médias publics, émanations directes du Parti communiste au pouvoir, ont diffusé des vidéos censées représenter des blindés de transport de troupes se dirigeant vers Shenzhen, la métropole située aux portes de Hong Kong.

"Hong Kong est au bord de l'abîme, mais c'est en partie parce que le gouvernement (...) refuse d'abandonner explicitement le projet de loi et de mettre en place une commission d'enquête" sur les violences dont les manifestants accusent la police, selon Chris Patten.

Il a également appelé le Premier ministre britannique Boris Johnson à se montrer plus ferme envers Pékin.