"Pourquoi une religion a-t-elle été pointée du doigt?", déplore le plus haut responsable religieux dans ce pays d'Europe centrale majoritairement catholique, évoquant la publication fin mai sur internet d'une carte officielle recensant plus de 600 structures musulmanes.

"Je pense qu'il est dangereux de donner l'impression que l'une des communautés religieuses fait l'objet d'une suspicion générale. Notre droit pénal est suffisamment clair pour poursuivre les tendances terroristes où qu'elles se manifestent", a-t-il écrit dans une tribune publiée dans le journal à grand tirage Heute.

Le président de la Conférence des rabbins européens et grand rabbin de Moscou, Pinchas Goldschmidt, s'est lui aussi immiscé dans le débat.

Dans l'agence catholique Kathpress, il a "exhorté le gouvernement" à "respecter les droits à la liberté d'association et de religion", à une époque où "le sentiment anti-musulman" est en hausse "dans toute l'Europe".

Depuis que le gouvernement autrichien de coalition entre les conservateurs et les Verts a présenté cette carte où figurent les noms, les adresses, l'identité des responsables et les liens étrangers de mosquées et d'associations musulmanes, la polémique ne faiblit pas.

L'université de Vienne, initialement associée à la conception de la carte, a aussitôt demandé à ce que son logo soit retiré.

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz a en revanche soutenu sa ministre conservatrice de l'Intégration, Susanne Raab, qui avait invoqué la nécessité de démasquer "dans les arrière-cours" des "idéologies" remettant en cause les "valeurs de la démocratie libérale". Elle a depuis fait l'objet de menaces.

Les écologistes ont de leur côté désavoué l'initiative, comme la Turquie et le Conseil de l'Europe qui ont appelé à son retrait.

Une association musulmane a dit préparer une plainte en justice, plusieurs adresses personnelles ayant été mises en ligne, mettant en danger certains croyants selon elle.

Signe du climat délétère, la police a saisi plusieurs panneaux se référant à la carte, installés par un mouvement identitaire à Vienne et dans une ville de Basse-Autriche (Est). "Attention! L'islam politique est près de chez vous", pouvait-on y lire.

Depuis une première attaque jihadiste perpétrée sur le sol autrichien début novembre, le nombre d'attaques verbales ou physiques ciblant les musulmans (8% de la population) a augmenté, selon une autre association, chargée de rassembler les signalements.

Vendredi, la carte n'était plus disponible sur internet, officiellement "pour des raisons techniques liées à un changement d'hébergeur", a expliqué le Centre de documentation sur l'islam politique, organisme créé l'an dernier par le gouvernement qui est à l'origine du projet.

"Pourquoi une religion a-t-elle été pointée du doigt?", déplore le plus haut responsable religieux dans ce pays d'Europe centrale majoritairement catholique, évoquant la publication fin mai sur internet d'une carte officielle recensant plus de 600 structures musulmanes. "Je pense qu'il est dangereux de donner l'impression que l'une des communautés religieuses fait l'objet d'une suspicion générale. Notre droit pénal est suffisamment clair pour poursuivre les tendances terroristes où qu'elles se manifestent", a-t-il écrit dans une tribune publiée dans le journal à grand tirage Heute.Le président de la Conférence des rabbins européens et grand rabbin de Moscou, Pinchas Goldschmidt, s'est lui aussi immiscé dans le débat.Dans l'agence catholique Kathpress, il a "exhorté le gouvernement" à "respecter les droits à la liberté d'association et de religion", à une époque où "le sentiment anti-musulman" est en hausse "dans toute l'Europe". Depuis que le gouvernement autrichien de coalition entre les conservateurs et les Verts a présenté cette carte où figurent les noms, les adresses, l'identité des responsables et les liens étrangers de mosquées et d'associations musulmanes, la polémique ne faiblit pas. L'université de Vienne, initialement associée à la conception de la carte, a aussitôt demandé à ce que son logo soit retiré. Le chancelier conservateur Sebastian Kurz a en revanche soutenu sa ministre conservatrice de l'Intégration, Susanne Raab, qui avait invoqué la nécessité de démasquer "dans les arrière-cours" des "idéologies" remettant en cause les "valeurs de la démocratie libérale". Elle a depuis fait l'objet de menaces.Les écologistes ont de leur côté désavoué l'initiative, comme la Turquie et le Conseil de l'Europe qui ont appelé à son retrait.Une association musulmane a dit préparer une plainte en justice, plusieurs adresses personnelles ayant été mises en ligne, mettant en danger certains croyants selon elle.Signe du climat délétère, la police a saisi plusieurs panneaux se référant à la carte, installés par un mouvement identitaire à Vienne et dans une ville de Basse-Autriche (Est). "Attention! L'islam politique est près de chez vous", pouvait-on y lire. Depuis une première attaque jihadiste perpétrée sur le sol autrichien début novembre, le nombre d'attaques verbales ou physiques ciblant les musulmans (8% de la population) a augmenté, selon une autre association, chargée de rassembler les signalements. Vendredi, la carte n'était plus disponible sur internet, officiellement "pour des raisons techniques liées à un changement d'hébergeur", a expliqué le Centre de documentation sur l'islam politique, organisme créé l'an dernier par le gouvernement qui est à l'origine du projet.