"Des terroristes ont assassiné aujourd'hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté -- avec des indications sérieuses du rôle d'Israël -- montre le bellicisme désespéré de ses auteurs", a tweeté Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à "mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste". Le ministère de la Défense avait peu avant identifié la victime comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère.

Il a été "gravement blessé" lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l'équipe de sécurité du scientifique, avait indiqué le ministère dans un communiqué, ajoutant que l'équipe médicale n'était pas parvenue à le ranimer.

M. Fakhrizadeh avait été qualifié par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de père du programme iranien d'armement nucléaire.

Plusieurs médias locaux, dont les agences de presse Tasnim et Fars, avaient plus tôt rapporté une tentative d'assassinat contre le scientifique dans la ville d'Absard, à l'est de la capitale iranienne. "Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de M. Fakhrizadeh", avaient-elles indiqué. Tasnim précisait "attendre encore des informations officielles" sur son état de santé.

Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l'élection du 3 novembre aux Etats-Unis.

M. Biden entend changer de posture vis-à-vis de l'Iran après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s'est retiré de l'accord, avec les grandes puissances, signé à Vienne en 2015 portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les Etats-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions visant l'Iran.

Il y a eu des précédents

Plusieurs scientifiques iraniens travaillant dans le secteur nucléaire ont été tués ces dix dernières années lors d'attaques ciblées attribuées par Téhéran à Israël, à l'instar du scientifique de haut rang assassiné vendredi près de Téhéran.

Rappel de précédentes attaques contre des scientifiques iraniens travaillant dans le domaine nucléaire depuis dix ans.

- En janvier 2010, le scientifique nucléaire Massoud Ali Mohammadi est assassiné dans la capitale iranienne. Ce physicien de renom qui enseignait à l'université de Téhéran et qui travaillait également pour le Corps des Gardiens de la Révolution (Pasdaran, élite des forces armées iraniennes), est tué par l'explosion d'une moto piégée alors qu'il sortait de son domicile.

L'attentat est rapidement attribué aux services du renseignement israéliens et américains par plusieurs dirigeants et médias officiels iraniens.

Téhéran avait déjà accusé en décembre 2009 les Etats-Unis et Israël d'avoir enlevé le physicien nucléaire Shahram Amiri, disparu en mai de la même année.

- En novembre 2010, deux physiciens jouant un rôle important dans le programme nucléaire iranien sont visés à Téhéran par deux attentats à la bombe, attribués par l'Iran à Israël et aux Etats-Unis. L'un d'eux, Majid Shahriari, est tué.

En pleine crise sur la question nucléaire iranienne, cinq scientifiques iraniens ont été victimes d'attentats à Téhéran entre 2010 et 2012. L'Iran a accusé l'Agence centrale du renseignement américaine (CIA) et le Mossad (les renseignements extérieurs israéliens) d'être derrière ces assassinats.

- Le 12 novembre 2011, l'explosion d'un dépôt de munitions des Gardiens de la Révolution dans la banlieue de Téhéran fait au moins 36 morts, dont le général Hassan Moghadam, responsable des programmes d'armement des Pasdaran. Selon le Los Angeles Times, l'explosion est due à une opération menée par les Etats-Unis et Israël contre le programme nucléaire iranien.

"Des terroristes ont assassiné aujourd'hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté -- avec des indications sérieuses du rôle d'Israël -- montre le bellicisme désespéré de ses auteurs", a tweeté Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères.Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à "mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste". Le ministère de la Défense avait peu avant identifié la victime comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère.Il a été "gravement blessé" lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l'équipe de sécurité du scientifique, avait indiqué le ministère dans un communiqué, ajoutant que l'équipe médicale n'était pas parvenue à le ranimer.M. Fakhrizadeh avait été qualifié par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de père du programme iranien d'armement nucléaire. Plusieurs médias locaux, dont les agences de presse Tasnim et Fars, avaient plus tôt rapporté une tentative d'assassinat contre le scientifique dans la ville d'Absard, à l'est de la capitale iranienne. "Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de M. Fakhrizadeh", avaient-elles indiqué. Tasnim précisait "attendre encore des informations officielles" sur son état de santé.Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l'élection du 3 novembre aux Etats-Unis.M. Biden entend changer de posture vis-à-vis de l'Iran après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s'est retiré de l'accord, avec les grandes puissances, signé à Vienne en 2015 portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les Etats-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions visant l'Iran.