Joe Biden a été élu samedi président des Etats-Unis, l'emportant face à Donald Trump et mettant fin à une séquence politique inédite qui a secoué l'Amérique et le monde. Après quatre jours de suspense, l'ancien vice-président de Barack Obama a, selon les projections des grands médias, franchi le seuil "magique" de 270 grands électeurs. Il a immédiatement promis d'être le président "de tous les Américains". "Il est temps de laisser derrière nous la colère et la rhétorique enflammée et de nous rassembler", a-t-il tweeté. L'annonce de la consécration de Joe Biden, âgé de 77 ans, a provoqué des scènes de liesse à travers les Etats-Unis. Kamala Harris entrera elle dans l'Histoire en devenant la première femme à accéder à la vice-présidence. "Mettons nous au travail" pour restaurer "l'âme de l'Amérique", a-t-elle déclaré samedi en phase avec Joe Biden.

A la faveur d'une campagne inédite, le démocrate a pris l'avantage sur l'ancien homme d'affaires en se contentant d'apparitions limitées et en faisant à l'Amérique une promesse de calme. "Nous pouvons mettre fin à cette présidence qui, depuis le début, a cherché à nous diviser, à nous déchirer", martelait-il dans les dernières heures de la campagne. Ce dernier sera le président le plus âgé de l'histoire des Etats-Unis au début de son mandat. Dans un contraste saisissant avec l'énergie déployée sur les estrades de campagne par Donald Trump, celui que le président a affublé du surnom moqueur de "Joe l'endormi" a parfois donné l'image d'un homme frêle, fragile. En fin stratège, il a réussi son pari en remportant la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, trois Etats industriels traditionnellement démocrates que Donald Trump avait arrachés à Hillary Clinton en 2016. Mais dans une Amérique profondément divisée, et face à un Sénat qui pourrait rester aux mains des républicains, il devra trouver le ton juste. Au total, malgré la pandémie, la participation a atteint un niveau record dans l'ère moderne: autour de 66% des électeurs ont voté, selon le US Elections Project. Joe Biden a obtenu plus de 74 millions de voix, contre 70 millions pour Donald Trump.

La date de la passation de pouvoir est inscrite dans la Constitution: le 20 janvier à midi. D'ici là, les Etats certifieront leurs résultats, et les 538 grands électeurs se réuniront en décembre pour formellement désigner le président.

- Plan national contre le virus -

Dès son arrivée au pouvoir, Joe Biden veut mettre en place une stratégie nationale pour "prendre de l'avance" sur le covid-19: loi d'envergure au Congrès pour financer une campagne nationale de test "dont les résultats seront disponibles immédiatement", fabrication aux Etats-Unis des produits et équipements médicaux, port obligatoire du masque dans les bâtiments fédéraux et dans les transports entre Etats, et gratuité "pour tous" du futur vaccin.

Joe Biden, Getty
Joe Biden © Getty

Accusant Donald Trump de saper l'autorité de ses propres experts sanitaires, Joe Biden a promis de prendre conseil auprès du Dr Anthony Fauci, membre très respecté de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus. Il veut "ôter les muselières de nos experts pour que le public ait les informations qu'il mérite et dont il a besoin". Il compte aussi annuler la procédure de retrait des Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lancée par Donald Trump en juillet.

- Relance économique -

Le vote d'un vaste plan d'aide pour la relance de l'économie est l'autre priorité de Joe Biden, qui compte sur sa capacité à convaincre les élus républicains pour sortir de l'impasse actuelle au Congrès. Il a présenté un ambitieux plan de relance de la production américaine après la crise du coronavirus, d'un montant de 700 milliards de dollars. Pour le financer, il augmentera les impôts des Américains les plus riches et des grosses entreprises, notamment en doublant la taxe sur les bénéfices réalisés à l'étranger. L'ex-bras droit de Barack Obama a également promis d'investir massivement dans les énergies renouvelables. Joe Biden veut aussi que les recettes fiscales soient réinvesties dans des programmes sociaux, dans l'éducation, et dans la modernisation des infrastructures.

- Accord de Paris -

Dès le premier jour de sa présidence, le vétéran de la politique a promis de faire revenir les Etats-Unis, confrontés à des catastrophes climatiques de plus en plus nombreuses et violentes, au sein de l'accord de Paris sur le climat dont Donald Trump avait claqué la porte en 2017.

Sous cent jours, il réunira par ailleurs les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet sur le climat où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements. Il a lui-même adopté un programme environnemental ambitieux, avec en clé de voûte 100% d'énergie propre et la neutralité carbone aux Etats-Unis en 2050. Il a aussi promis d'annuler les décisions de Donald Trump qui avait révoqué ou assoupli toute une série de normes environnementales.

- Réforme de la justice -

Joe Biden promet de nommer une commission nationale composée de membres des deux partis qui devra sous 180 jours proposer des réformes du système judiciaire devenu, selon lui, "hors de contrôle". "Il ne s'agit pas d'accroître le nombre de juges", a-t-il souligné, alors que les démocrates sont soupçonnés de vouloir augmenter le nombre de juges progressistes à la Cour suprême, désormais ancrée dans le conservatisme. Il veut aussi le vote "immédiat" d'un projet de réforme judiciaire qui développe notamment les alternatives à l'incarcération, limitée aux condamnés les plus violents, afin de réduire les risques de récidive.

- Réforme de l'immigration -

Le nouveau président a promis d'annuler "dès le premier jour" de son mandat le décret migratoire emblématique de Donald Trump, qui interdit l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays, en majorité musulmans, et considéré par ses opposants comme une mesure islamophobe. L'ancien vice-président de Barack Obama a aussi annoncé qu'il demanderait au Congrès de voter une loi contre les crimes racistes.

Il a également promis de s'attaquer aux mesures de rétention des demandeurs d'asile et au "scandale" des séparations des familles d'immigrés illégaux à la frontière américano-mexicaine. Joe Biden veut par ailleurs que le Congrès vote rapidement une loi qui "créera une feuille de route vers la citoyenneté" pour 11 millions d'immigrés sans-papiers vivant aux Etats-Uns et pour environ 700.000 jeunes, arrivés clandestinement sur le territoire lorsqu'ils étaient enfants, connus sous le nom de "Dreamers"

Trump ne reconnait pas sa défaite

A l'issue d'une campagne d'une agressivité inouïe, chamboulée par la pandémie de Covid-19, le tempétueux président de 74 ans a échoué à se faire réélire, contrairement à ses trois prédécesseurs Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton. Donald Trump se trouvait, au moment de l'annonce des résultats, dans son club de golf de Virginie, non loin de Washington. Donald Trump, qui briguait un second mandat de quatre ans, n'a, à ce stade, pas reconnu sa défaite. Pire: dans un tweet rageur écrit en lettres capitales, il encore revendiqué une victoire qui lui aurait été volée. Dans un bref communiqué, il a accusé Joe Biden de se "précipiter pour se présenter faussement" en vainqueur. Rien n'oblige le président républicain à le faire formellement, mais admettre sa défaite fait partie de la tradition à Washington. Il a dès mardi soir adopté une posture très belliqueuse, promettant une véritable guérilla judiciaire.

A la fois révélateur et amplificateur des profondes fractures de l'Amérique, il aura, pendant quatre ans, provocations et tweets à l'appui, brisé tous les codes et piétiné tous les usages

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Joe Biden a été élu samedi président des Etats-Unis, l'emportant face à Donald Trump et mettant fin à une séquence politique inédite qui a secoué l'Amérique et le monde. Après quatre jours de suspense, l'ancien vice-président de Barack Obama a, selon les projections des grands médias, franchi le seuil "magique" de 270 grands électeurs. Il a immédiatement promis d'être le président "de tous les Américains". "Il est temps de laisser derrière nous la colère et la rhétorique enflammée et de nous rassembler", a-t-il tweeté. L'annonce de la consécration de Joe Biden, âgé de 77 ans, a provoqué des scènes de liesse à travers les Etats-Unis. Kamala Harris entrera elle dans l'Histoire en devenant la première femme à accéder à la vice-présidence. "Mettons nous au travail" pour restaurer "l'âme de l'Amérique", a-t-elle déclaré samedi en phase avec Joe Biden. A la faveur d'une campagne inédite, le démocrate a pris l'avantage sur l'ancien homme d'affaires en se contentant d'apparitions limitées et en faisant à l'Amérique une promesse de calme. "Nous pouvons mettre fin à cette présidence qui, depuis le début, a cherché à nous diviser, à nous déchirer", martelait-il dans les dernières heures de la campagne. Ce dernier sera le président le plus âgé de l'histoire des Etats-Unis au début de son mandat. Dans un contraste saisissant avec l'énergie déployée sur les estrades de campagne par Donald Trump, celui que le président a affublé du surnom moqueur de "Joe l'endormi" a parfois donné l'image d'un homme frêle, fragile. En fin stratège, il a réussi son pari en remportant la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, trois Etats industriels traditionnellement démocrates que Donald Trump avait arrachés à Hillary Clinton en 2016. Mais dans une Amérique profondément divisée, et face à un Sénat qui pourrait rester aux mains des républicains, il devra trouver le ton juste. Au total, malgré la pandémie, la participation a atteint un niveau record dans l'ère moderne: autour de 66% des électeurs ont voté, selon le US Elections Project. Joe Biden a obtenu plus de 74 millions de voix, contre 70 millions pour Donald Trump.La date de la passation de pouvoir est inscrite dans la Constitution: le 20 janvier à midi. D'ici là, les Etats certifieront leurs résultats, et les 538 grands électeurs se réuniront en décembre pour formellement désigner le président.Dès son arrivée au pouvoir, Joe Biden veut mettre en place une stratégie nationale pour "prendre de l'avance" sur le covid-19: loi d'envergure au Congrès pour financer une campagne nationale de test "dont les résultats seront disponibles immédiatement", fabrication aux Etats-Unis des produits et équipements médicaux, port obligatoire du masque dans les bâtiments fédéraux et dans les transports entre Etats, et gratuité "pour tous" du futur vaccin. Accusant Donald Trump de saper l'autorité de ses propres experts sanitaires, Joe Biden a promis de prendre conseil auprès du Dr Anthony Fauci, membre très respecté de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus. Il veut "ôter les muselières de nos experts pour que le public ait les informations qu'il mérite et dont il a besoin". Il compte aussi annuler la procédure de retrait des Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lancée par Donald Trump en juillet. Le vote d'un vaste plan d'aide pour la relance de l'économie est l'autre priorité de Joe Biden, qui compte sur sa capacité à convaincre les élus républicains pour sortir de l'impasse actuelle au Congrès. Il a présenté un ambitieux plan de relance de la production américaine après la crise du coronavirus, d'un montant de 700 milliards de dollars. Pour le financer, il augmentera les impôts des Américains les plus riches et des grosses entreprises, notamment en doublant la taxe sur les bénéfices réalisés à l'étranger. L'ex-bras droit de Barack Obama a également promis d'investir massivement dans les énergies renouvelables. Joe Biden veut aussi que les recettes fiscales soient réinvesties dans des programmes sociaux, dans l'éducation, et dans la modernisation des infrastructures. Dès le premier jour de sa présidence, le vétéran de la politique a promis de faire revenir les Etats-Unis, confrontés à des catastrophes climatiques de plus en plus nombreuses et violentes, au sein de l'accord de Paris sur le climat dont Donald Trump avait claqué la porte en 2017. Sous cent jours, il réunira par ailleurs les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet sur le climat où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements. Il a lui-même adopté un programme environnemental ambitieux, avec en clé de voûte 100% d'énergie propre et la neutralité carbone aux Etats-Unis en 2050. Il a aussi promis d'annuler les décisions de Donald Trump qui avait révoqué ou assoupli toute une série de normes environnementales. Joe Biden promet de nommer une commission nationale composée de membres des deux partis qui devra sous 180 jours proposer des réformes du système judiciaire devenu, selon lui, "hors de contrôle". "Il ne s'agit pas d'accroître le nombre de juges", a-t-il souligné, alors que les démocrates sont soupçonnés de vouloir augmenter le nombre de juges progressistes à la Cour suprême, désormais ancrée dans le conservatisme. Il veut aussi le vote "immédiat" d'un projet de réforme judiciaire qui développe notamment les alternatives à l'incarcération, limitée aux condamnés les plus violents, afin de réduire les risques de récidive. Le nouveau président a promis d'annuler "dès le premier jour" de son mandat le décret migratoire emblématique de Donald Trump, qui interdit l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays, en majorité musulmans, et considéré par ses opposants comme une mesure islamophobe. L'ancien vice-président de Barack Obama a aussi annoncé qu'il demanderait au Congrès de voter une loi contre les crimes racistes. Il a également promis de s'attaquer aux mesures de rétention des demandeurs d'asile et au "scandale" des séparations des familles d'immigrés illégaux à la frontière américano-mexicaine. Joe Biden veut par ailleurs que le Congrès vote rapidement une loi qui "créera une feuille de route vers la citoyenneté" pour 11 millions d'immigrés sans-papiers vivant aux Etats-Uns et pour environ 700.000 jeunes, arrivés clandestinement sur le territoire lorsqu'ils étaient enfants, connus sous le nom de "Dreamers".