Enregistrée par les caméras de vidéosurveillance d'un immeuble à Paris, la scène mise en ligne par Loopsider avait déjà été vue, vendredi matin, plus de quatre millions de fois. Le 21 novembre, trois policiers français passent à tabas un homme noir. Coups de pieds, coups de points, coups de matraque, coups de genoux et scènes d'étranglement sont visibles sur les images de caméra surveillance. La scène dure cinq minutes.

Producteur de musique, Michel a été victime d'un déferlement de coups alors qu'il rentrait dans son studio professionnel parisien. Les agents sont également accusés d'avoir tenus de nombreux propos racistes. Six jours d'incapacité totale de travail (ITT) ont été accordés à Michel. Toute la scène de l'agression a été filmée par les caméras de vidéosurveillance du local et par des riverains. Selon le procès-verbal des policiers, consulté par l'AFP, l'homme aurait essayé de s'emparer de leur arme et de les frapper, après qu'ils ont tenté de l'interpeller pour défaut de port du masque. "Alors que nous tentons de l'intercepter, il nous entraîne de force dans le bâtiment", écrivent-ils. Selon ces mêmes images, Michel résiste en refusant de se laisser embarquer, puis tente de se protéger le visage et le corps. Il ne semble pas porter de coups. Six jours d'incapacité totale de travail (ITT) ont été accordés au patron de Black Gold Corp Studios.

"J'ai senti des mains qui me poussaient ou me tiraient. Là, ils me demandent de sortir. Je leur dis que je suis chez moi. Ils sont direct assez virulents. A ce moment-là, j'ai peur. Je me demande ce qui se passe, je ne comprends pas", confie Michel à Loopsider. "Ça va tellement vite que je me demande même si c'est des vrais policiers."

Placé en garde à vue

Neuf jeunes qui se trouvaient dans le studio d'enregistrement de Michel au sous-sol entendent les cris et montent voir ce qu'il se passe. Ils arrivent tant bien que mal à faire sortir les policiers.

Ces derniers jettent alors une grenade lacrymogène à l'intérieur du studi, appellent des renforts et demandent à Michel de sortir, tout en se munissant de leurs armes de service. "C'est moi qu'ils attendent. Sors ou on va rentrer, sors ou on va rentrer" confie Michel à Loopsider. "Et moi surtout j'ai pas envie de sortir avec les policiers qui sont venus m'agresser. Et là on m'envoie une grenade qu'on envoie pour les manifestants. Qui doit être envoyé dehors normalement. On est à l'intérieur, tout est fermé. A ce moment là, moi, j'ai peur. Je me dis c'est mon dernier jour peut-être aujourd'hui. C'est mon dernier jour et je ne sais pas pourquoi."

Les policiers procèdent ensuite à l'interpellation de Michel et des neuf jeunes venus qui étaient dans le sous-sol. La scène est filmée en plus par des habitants du quartier.

Suspension des policiers

Le ministre de l'Intérieur français, Gérald Darmanin a demandé dans la foulée de la diffusion de cette vidéo la suspension "à titre conservatoire" des policiers concernés. Trois l'ont été dans la journée de jeudi, et le quatrième a été mis à pied dans la soirée. "Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais", a déclaré Gérald Darmanin via son compte Twitter.

Le ministre de l'Intérieur était invité au 20 heures de France 2 ce jeudi pour s'expliquer : "Si la justice démontre les faits, qui font peu de doutes, [...] je demanderai la révocation de ces policiers. Ils ont sali l'uniforme de la République. Alors oui, ils ne devront plus [le] porter" a-t-il déclaré.

Le président français Emmanuel Macron a été "très choqué" par la vidéo a indiqué la présidence ce vendredi. Macron a reçu son ministre de l'Intérieur et lui a demandé de prononcer des sanctions très claires contre les policiers, a appris l'AFP de source gouvernementale.

Une enquête ouverte

Une enquête du parquet de Paris, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a été ouverte. Dans l'après-midi, la victime et son avocate, Me Hafida El Ali, étaient entendues dans les locaux de la police des polices pour déposer plainte. "On m'a dit sale nègre plusieurs fois et en me donnant des coups de poing", a dénoncé la victime au siège parisien de l'IGPN.

Une nouvelle vidéo accablante

Une autre vidéo diffusée vendredi après-midi, prise par un voisin du producteur, montre plusieurs policiers assister sans réagir à la scène de violence. Le sujet, qui faisait déjà l'objet de commentaires acerbes sur les réseaux sociaux, devient explosif: de nombreux analystes réagissent en estimant que cela démontre combien la violence est systémique au sein de la police.

Michel, victime de l'agression., belga
Michel, victime de l'agression. © belga
Enregistrée par les caméras de vidéosurveillance d'un immeuble à Paris, la scène mise en ligne par Loopsider avait déjà été vue, vendredi matin, plus de quatre millions de fois. Le 21 novembre, trois policiers français passent à tabas un homme noir. Coups de pieds, coups de points, coups de matraque, coups de genoux et scènes d'étranglement sont visibles sur les images de caméra surveillance. La scène dure cinq minutes.Producteur de musique, Michel a été victime d'un déferlement de coups alors qu'il rentrait dans son studio professionnel parisien. Les agents sont également accusés d'avoir tenus de nombreux propos racistes. Six jours d'incapacité totale de travail (ITT) ont été accordés à Michel. Toute la scène de l'agression a été filmée par les caméras de vidéosurveillance du local et par des riverains. Selon le procès-verbal des policiers, consulté par l'AFP, l'homme aurait essayé de s'emparer de leur arme et de les frapper, après qu'ils ont tenté de l'interpeller pour défaut de port du masque. "Alors que nous tentons de l'intercepter, il nous entraîne de force dans le bâtiment", écrivent-ils. Selon ces mêmes images, Michel résiste en refusant de se laisser embarquer, puis tente de se protéger le visage et le corps. Il ne semble pas porter de coups. Six jours d'incapacité totale de travail (ITT) ont été accordés au patron de Black Gold Corp Studios. "J'ai senti des mains qui me poussaient ou me tiraient. Là, ils me demandent de sortir. Je leur dis que je suis chez moi. Ils sont direct assez virulents. A ce moment-là, j'ai peur. Je me demande ce qui se passe, je ne comprends pas", confie Michel à Loopsider. "Ça va tellement vite que je me demande même si c'est des vrais policiers."Neuf jeunes qui se trouvaient dans le studio d'enregistrement de Michel au sous-sol entendent les cris et montent voir ce qu'il se passe. Ils arrivent tant bien que mal à faire sortir les policiers.Ces derniers jettent alors une grenade lacrymogène à l'intérieur du studi, appellent des renforts et demandent à Michel de sortir, tout en se munissant de leurs armes de service. "C'est moi qu'ils attendent. Sors ou on va rentrer, sors ou on va rentrer" confie Michel à Loopsider. "Et moi surtout j'ai pas envie de sortir avec les policiers qui sont venus m'agresser. Et là on m'envoie une grenade qu'on envoie pour les manifestants. Qui doit être envoyé dehors normalement. On est à l'intérieur, tout est fermé. A ce moment là, moi, j'ai peur. Je me dis c'est mon dernier jour peut-être aujourd'hui. C'est mon dernier jour et je ne sais pas pourquoi." Les policiers procèdent ensuite à l'interpellation de Michel et des neuf jeunes venus qui étaient dans le sous-sol. La scène est filmée en plus par des habitants du quartier. Le ministre de l'Intérieur français, Gérald Darmanin a demandé dans la foulée de la diffusion de cette vidéo la suspension "à titre conservatoire" des policiers concernés. Trois l'ont été dans la journée de jeudi, et le quatrième a été mis à pied dans la soirée. "Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais", a déclaré Gérald Darmanin via son compte Twitter. Le ministre de l'Intérieur était invité au 20 heures de France 2 ce jeudi pour s'expliquer : "Si la justice démontre les faits, qui font peu de doutes, [...] je demanderai la révocation de ces policiers. Ils ont sali l'uniforme de la République. Alors oui, ils ne devront plus [le] porter" a-t-il déclaré.Le président français Emmanuel Macron a été "très choqué" par la vidéo a indiqué la présidence ce vendredi. Macron a reçu son ministre de l'Intérieur et lui a demandé de prononcer des sanctions très claires contre les policiers, a appris l'AFP de source gouvernementale.Une enquête du parquet de Paris, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a été ouverte. Dans l'après-midi, la victime et son avocate, Me Hafida El Ali, étaient entendues dans les locaux de la police des polices pour déposer plainte. "On m'a dit sale nègre plusieurs fois et en me donnant des coups de poing", a dénoncé la victime au siège parisien de l'IGPN.Une autre vidéo diffusée vendredi après-midi, prise par un voisin du producteur, montre plusieurs policiers assister sans réagir à la scène de violence. Le sujet, qui faisait déjà l'objet de commentaires acerbes sur les réseaux sociaux, devient explosif: de nombreux analystes réagissent en estimant que cela démontre combien la violence est systémique au sein de la police.