C'est comme un pépin coincé dans une paille ou un amas de poussière dans un tuyau d'aspirateur: ça coince. Lorsqu'il s'est involontairement encastré en travers du canal de Suez, le porte-conteneurs géant Ever Given ne savait pas qu'il bloqu...

C'est comme un pépin coincé dans une paille ou un amas de poussière dans un tuyau d'aspirateur: ça coince. Lorsqu'il s'est involontairement encastré en travers du canal de Suez, le porte-conteneurs géant Ever Given ne savait pas qu'il bloquerait 10% du trafic maritime mondial pendant six jours, qu'il contraindrait quelque 350 bateaux à faire la file à l'entrée de la voie navigable la plus courte entre l'Asie et l'Europe, ni que ce bloquage coûterait entre cinq et huit milliards d'euros par jour... Pendant qu'on s'activait à le décoincer, des milliers d'entreprises se rongeaient les ongles en attendant l'arrivage de leurs marchandises. Ainsi fonctionne une économie à flux tendu, d'autant plus tendu qu'avec l'épidémie de coronavirus, la demande des ménages privés de sorties et de vacances, et dont certains ont, de ce fait, réalisé des économies, a explosé. Les transporteurs investissent dès lors dans des bateaux au tonnage de plus en plus élevé, sans que les infrastructures suivent forcément. Alors que le nombre de bâtiments transitant par le canal de Suez n'a guère évolué ces vingt dernières années, oscillant entre 15 000 et 20 000, le poids total des marchandises a, lui, quadruplé.