"Les membres du Conseil de sécurité soulignent la nécessité pour toutes les parties d'urgemment procéder à une désescalade et s'engager dans un cessez-le-feu", affirme un communiqué du Conseil de sécurité négocié dès mercredi au lendemain du massacre d'une cinquantaine de migrants près de la capitale libyenne.

L'adoption de ce texte qui "condamne" l'attaque du 2 juillet a été retardée par Washington sans raison claire, selon des diplomates. Depuis avril, les membres du Conseil de sécurité ont un projet britannique de résolution sur leur table qui n'a jamais été mis au vote en raison de l'opposition des Etats-Unis, selon des sources diplomatiques.

Le 4 avril, les troupes du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, ont lancé une offensive pour s'emparer de Tripoli, où siège leur rival, le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU.

Les combats au sol et les raids aériens dans la bataille de Tripoli ont poussé selon l'ONU plus de 100.00 personnes à la fuite, dans un pays miné depuis 2011 par des luttes de pouvoir et livré à des milices qui font la loi.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 1.000 personnes ont été tuées et plus de 5.000 blessées dans les violences aux portes de Tripoli.

Interférences étrangères

Dans son communiqué, le Conseil de sécurité s'inquiète de la détérioration de la situation humanitaire en Libye et - fait nouveau par rapport à ses précédentes déclarations, une en avril, une autre en mai - réclame aux Etats membres de l'ONU "de ne pas intervenir dans le conflit ni de prendre des mesures qui l'aggravent".

Depuis le début de l'offensive de Khalifa Haftar, les armes affluent dans les deux camps en violation parfois flagrante d'un embargo décrété pour la Libye en 2011. Le communiqué du Conseil de sécurité rappelle à ces Etats membres qu'ils doivent "respecter pleinement" cet embargo.

Complexe militaire de Yarmouk, BELGA IMAGE
Complexe militaire de Yarmouk © BELGA IMAGE

Fayez al-Sarraj est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar. L'Italie semble aussi en sa faveur. Khalifa Haftar bénéficie de son côté du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui au moins politique notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de le privilégier, ce dont elle se défend.

Parmi les victimes du conflit, figurent, d'après le Conseil de sécurité, 56 migrants tués mardi dont six enfants dans un raid aérien contre leur centre de détention à Tajoura, une banlieue-est de Tripoli aux mains du GNA. Ce dernier a accusé les forces pro-Haftar de la frappe mais ces dernières ont démenti.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), "350 migrants, dont 20 femmes et quatre enfants, seraient toujours détenus" dans ce centre dont l'un des cinq hangars touché de plein fouet par la frappe a été détruit.

Réfugiés "en danger"

Dans une vidéo des caméras de surveillance du centre, circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir des personnes marcher avant une forte explosion qui a laissé derrière elle un gros nuage de fumée noire et de poussière.

Les agences de l'ONU et organisations humanitaires ont maintes fois exprimé leur inquiétude sur le sort de milliers de migrants et réfugiés "en danger dans des centres de détention situés près de zones de combats".

L'ONU et les ONG rappellent aussi régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi après une révolte en 2011, et où ils se retrouvent placés "en détention arbitraire" ou à la merci de milices.

Malgré une insécurité persistante, la Libye reste un important point de transit pour les migrants en grande partie africains cherchant à gagner l'Europe.

D'après l'ONU, les centres de détention dans ce pays comptent 5.700 réfugiés et migrants, dont 3.300 sont en position de vulnérabilité face aux combats.

Tajoura, au sud de Tripoli, BELGA IMAGE
Tajoura, au sud de Tripoli © BELGA IMAGE

Avion abattu

Venues de leur fief dans l'Est libyen, les troupes de Khalifa Haftar font face à une forte résistance des troupes du GNA.

Ces dernières sont passées à la contre-attaque en s'emparant fin juin de la ville de Gharyan, dont le maréchal avait fait son centre opérationnel, à une centaine de km de Tripoli.

Les deux camps mènent quotidiennement des raids aériens et ont perdu plusieurs avions.

Jeudi soir, le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmad al-Mesmari, a annoncé que celles-ci avaient abattu un avion L39 Albatros près de la ville de Tarhouna, une base arrière des troupes du maréchal Haftar, à 80 km au sud-est de Tripoli.

Le porte-parole des forces du GNA a confirmé que le contact avec un avion L39 avait été "perdu", sans plus de détails.

Mettant à profit les divisions internationales sur le dossier libyen, les deux camps rivaux restent persuadés de pouvoir l'emporter grâce à leurs soutiens.

"Les membres du Conseil de sécurité soulignent la nécessité pour toutes les parties d'urgemment procéder à une désescalade et s'engager dans un cessez-le-feu", affirme un communiqué du Conseil de sécurité négocié dès mercredi au lendemain du massacre d'une cinquantaine de migrants près de la capitale libyenne.L'adoption de ce texte qui "condamne" l'attaque du 2 juillet a été retardée par Washington sans raison claire, selon des diplomates. Depuis avril, les membres du Conseil de sécurité ont un projet britannique de résolution sur leur table qui n'a jamais été mis au vote en raison de l'opposition des Etats-Unis, selon des sources diplomatiques.Le 4 avril, les troupes du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, ont lancé une offensive pour s'emparer de Tripoli, où siège leur rival, le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU.Les combats au sol et les raids aériens dans la bataille de Tripoli ont poussé selon l'ONU plus de 100.00 personnes à la fuite, dans un pays miné depuis 2011 par des luttes de pouvoir et livré à des milices qui font la loi. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 1.000 personnes ont été tuées et plus de 5.000 blessées dans les violences aux portes de Tripoli.Dans son communiqué, le Conseil de sécurité s'inquiète de la détérioration de la situation humanitaire en Libye et - fait nouveau par rapport à ses précédentes déclarations, une en avril, une autre en mai - réclame aux Etats membres de l'ONU "de ne pas intervenir dans le conflit ni de prendre des mesures qui l'aggravent".Depuis le début de l'offensive de Khalifa Haftar, les armes affluent dans les deux camps en violation parfois flagrante d'un embargo décrété pour la Libye en 2011. Le communiqué du Conseil de sécurité rappelle à ces Etats membres qu'ils doivent "respecter pleinement" cet embargo.Fayez al-Sarraj est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar. L'Italie semble aussi en sa faveur. Khalifa Haftar bénéficie de son côté du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui au moins politique notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de le privilégier, ce dont elle se défend.Parmi les victimes du conflit, figurent, d'après le Conseil de sécurité, 56 migrants tués mardi dont six enfants dans un raid aérien contre leur centre de détention à Tajoura, une banlieue-est de Tripoli aux mains du GNA. Ce dernier a accusé les forces pro-Haftar de la frappe mais ces dernières ont démenti.Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), "350 migrants, dont 20 femmes et quatre enfants, seraient toujours détenus" dans ce centre dont l'un des cinq hangars touché de plein fouet par la frappe a été détruit.Dans une vidéo des caméras de surveillance du centre, circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir des personnes marcher avant une forte explosion qui a laissé derrière elle un gros nuage de fumée noire et de poussière.Les agences de l'ONU et organisations humanitaires ont maintes fois exprimé leur inquiétude sur le sort de milliers de migrants et réfugiés "en danger dans des centres de détention situés près de zones de combats".L'ONU et les ONG rappellent aussi régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi après une révolte en 2011, et où ils se retrouvent placés "en détention arbitraire" ou à la merci de milices.Malgré une insécurité persistante, la Libye reste un important point de transit pour les migrants en grande partie africains cherchant à gagner l'Europe.D'après l'ONU, les centres de détention dans ce pays comptent 5.700 réfugiés et migrants, dont 3.300 sont en position de vulnérabilité face aux combats.Venues de leur fief dans l'Est libyen, les troupes de Khalifa Haftar font face à une forte résistance des troupes du GNA.Ces dernières sont passées à la contre-attaque en s'emparant fin juin de la ville de Gharyan, dont le maréchal avait fait son centre opérationnel, à une centaine de km de Tripoli.Les deux camps mènent quotidiennement des raids aériens et ont perdu plusieurs avions.Jeudi soir, le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmad al-Mesmari, a annoncé que celles-ci avaient abattu un avion L39 Albatros près de la ville de Tarhouna, une base arrière des troupes du maréchal Haftar, à 80 km au sud-est de Tripoli.Le porte-parole des forces du GNA a confirmé que le contact avec un avion L39 avait été "perdu", sans plus de détails.Mettant à profit les divisions internationales sur le dossier libyen, les deux camps rivaux restent persuadés de pouvoir l'emporter grâce à leurs soutiens.