Dans la chanson "Susamam", 20 musiciens osent critiquer des thèmes divers pendant 15 minutes. "Nous avons essayé d'aborder des choses dans le monde et dans notre pays qui, selon nous, ne fonctionnent pas correctement", a déclaré le rappeur Saniser, qui a lancé le projet.

Plusieurs chapitres de la chanson critiquent entre autres la violence contre les femmes, la liberté d'expression limitée et les dysfonctionnements du système politique. "L'ensemble du projet est devenu un porte-parole de la population du pays. Les gens en ont marre", dit le rappeur Fuat Ergin, l'un des artistes participants.

Ergin, qui est né et a grandi en Allemagne, parle dans le chapitre "Nature" des effets de la pollution environnementale et de la déforestation sur la planète. Cette dernière a suscité d'importantes protestations et discussions en Turquie ces dernières semaines, car une partie des forêts des monts Ida dans l'ouest de la Turquie doit céder la place à une mine d'or.

Sur Twitter, la vidéo partagée sous l'hashtag #Susamam a reçu plus de cinq millions de visites sur YouTube en 24 heures. Un thème central de la chanson est la "justice": "La justice est morte, je suis resté calme tant qu'elle ne m'a pas affecté. Et maintenant j'ai trop peur pour poster un tweet."

En promettant qu'ils ne resteront plus silencieux les musiciens font de l'autocritique, mais ils critiquent aussi la société de s'être tu trop longtemps sur les thèmes concernant la politique intérieure et globale et réalisent : "S'ils viennent te chercher un soir et t'enferment sans raison, tu ne trouveras pas de journaliste, car ils sont déjà tous en prison." Selon l'Organisation de défense des droits humains Amnesty International, plus de 130 journalistes sont actuellement détenus en Turquie.

Les musiciens ne font pas directement référence au gouvernement actuel de l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan, mais ils ont été violemment attaqués par la presse gouvernementale. Le "Yeni Safak" a décrit la vidéo comme une "production conjointe" du PKK interdit et de la secte Gülen, qui sont tous deux classés comme organisations terroristes en Turquie.

Hamza Dag, vice-président de l'AKP, a commenté la vidéo sur Twitter : "L'art ne doit pas être un moyen de provocation et de manipulation politique. Nous savons très bien que ceux qui disent aujourd'hui 'Je ne peux rester silencieux' ("Susamam") sont restés silencieux dans les moments les plus critiques de la Turquie." Une allusion à la tentative de coup d'État de 2016.

La chanson est également célébrée par de nombreuses initiatives de femmes en Turquie. À plusieurs reprises, les musiciens abordent le problème de l'augmentation de la violence à l'égard des femmes et la question des droits des femmes. La chanteuse Deniz Tekin énumère ce qui ne lui est jamais arrivé, mais qui est une réalité pour beaucoup de femmes. "Je n'ai jamais eu peur d'un grand frère, ils ne m'ont jamais retirée de l'école. Ils ne m'ont jamais tuée."

Il y a quelques semaines, le meurtre d'Emine Bulut, 38 ans, par son ex-mari au milieu d'un café a provoqué un tollé dans le pays. Selon l'association "We will stop feminicide" en Turquie l'année dernière, 440 femmes ont été tuées par des hommes.

Entre-temps, il y a des spéculations sur le net pour savoir si la chanson pourrait avoir des conséquences pour l'un des musiciens impliqués. Ces dernières années, il y a eu de nombreux procès et condamnations pour des déclarations critiques, dont la plupart ont été interprétées comme de la propagande terroriste. C'est peut-être pour cette raison que le vidéoclip se termine-t-il par la phrase: "Les thèmes abordés dans la chanson ne sont pas conformes à une personne ou une institution réelle".

Greta Pralle

Source: tagesschau

Dans la chanson "Susamam", 20 musiciens osent critiquer des thèmes divers pendant 15 minutes. "Nous avons essayé d'aborder des choses dans le monde et dans notre pays qui, selon nous, ne fonctionnent pas correctement", a déclaré le rappeur Saniser, qui a lancé le projet.Plusieurs chapitres de la chanson critiquent entre autres la violence contre les femmes, la liberté d'expression limitée et les dysfonctionnements du système politique. "L'ensemble du projet est devenu un porte-parole de la population du pays. Les gens en ont marre", dit le rappeur Fuat Ergin, l'un des artistes participants.Ergin, qui est né et a grandi en Allemagne, parle dans le chapitre "Nature" des effets de la pollution environnementale et de la déforestation sur la planète. Cette dernière a suscité d'importantes protestations et discussions en Turquie ces dernières semaines, car une partie des forêts des monts Ida dans l'ouest de la Turquie doit céder la place à une mine d'or.Sur Twitter, la vidéo partagée sous l'hashtag #Susamam a reçu plus de cinq millions de visites sur YouTube en 24 heures. Un thème central de la chanson est la "justice": "La justice est morte, je suis resté calme tant qu'elle ne m'a pas affecté. Et maintenant j'ai trop peur pour poster un tweet."En promettant qu'ils ne resteront plus silencieux les musiciens font de l'autocritique, mais ils critiquent aussi la société de s'être tu trop longtemps sur les thèmes concernant la politique intérieure et globale et réalisent : "S'ils viennent te chercher un soir et t'enferment sans raison, tu ne trouveras pas de journaliste, car ils sont déjà tous en prison." Selon l'Organisation de défense des droits humains Amnesty International, plus de 130 journalistes sont actuellement détenus en Turquie.Les musiciens ne font pas directement référence au gouvernement actuel de l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan, mais ils ont été violemment attaqués par la presse gouvernementale. Le "Yeni Safak" a décrit la vidéo comme une "production conjointe" du PKK interdit et de la secte Gülen, qui sont tous deux classés comme organisations terroristes en Turquie.Hamza Dag, vice-président de l'AKP, a commenté la vidéo sur Twitter : "L'art ne doit pas être un moyen de provocation et de manipulation politique. Nous savons très bien que ceux qui disent aujourd'hui 'Je ne peux rester silencieux' ("Susamam") sont restés silencieux dans les moments les plus critiques de la Turquie." Une allusion à la tentative de coup d'État de 2016.La chanson est également célébrée par de nombreuses initiatives de femmes en Turquie. À plusieurs reprises, les musiciens abordent le problème de l'augmentation de la violence à l'égard des femmes et la question des droits des femmes. La chanteuse Deniz Tekin énumère ce qui ne lui est jamais arrivé, mais qui est une réalité pour beaucoup de femmes. "Je n'ai jamais eu peur d'un grand frère, ils ne m'ont jamais retirée de l'école. Ils ne m'ont jamais tuée."Il y a quelques semaines, le meurtre d'Emine Bulut, 38 ans, par son ex-mari au milieu d'un café a provoqué un tollé dans le pays. Selon l'association "We will stop feminicide" en Turquie l'année dernière, 440 femmes ont été tuées par des hommes.Entre-temps, il y a des spéculations sur le net pour savoir si la chanson pourrait avoir des conséquences pour l'un des musiciens impliqués. Ces dernières années, il y a eu de nombreux procès et condamnations pour des déclarations critiques, dont la plupart ont été interprétées comme de la propagande terroriste. C'est peut-être pour cette raison que le vidéoclip se termine-t-il par la phrase: "Les thèmes abordés dans la chanson ne sont pas conformes à une personne ou une institution réelle".Greta PralleSource: tagesschau