"La campagne, que, d'ailleurs, j'ai gagnée...": au détour d'une déclaration sur le prix des médicaments, à l'issue de la laquelle il n'a répondu à aucune question, le président américain s'est de nouveau posé en vainqueur, contre toute évidence.

Symbole d'une position de plus en plus intenable pour le tempétueux président, la Géorgie, où Joe Biden l'a emporté d'une courte tête, a officiellement certifié vendredi après-midi les résultats de l'élection.

"Les chiffres ne mentent pas", avait déclaré un peu plus tôt Brad Raffensperger, le secrétaire d'Etat républicain de cet Etat du Sud. "Ils représentent le verdict du peuple".

A quel moment le président américain reconnaîtra-t-il sa défaite pour permettre une transition normale? Bombardée de questions sur ce thème, sa porte-parole, Kayleigh McEnany, a esquivé.

"Le président a lancé des actions en justice, il prend les choses au jour le jour", a-t-elle simplement répondu, lors d'un point-presse particulièrement tendu.

Reclus dans la Maison Blanche, Donald Trump a commencé sa journée en retweetant une vidéo de la stupéfiante conférence de presse de la veille de son avocat personnel Rudy Giuliani.

Pendant près de deux heures, ce dernier, dégoulinant de sueur, multipliant les digressions, a accusé, sans preuves, le parti démocrate d'avoir organisé une fraude à grande échelle.

Le président américain a par ailleurs reçu des élus locaux du Michigan, Etat-clé qu'il avait emporté en 2016 face à Hillary Clinton et qu'il a perdu cette année face à Joe Biden.

Cette invitation, ou moment où l'Etat doit certifier lundi les résultats de l'élection du 3 novembre, a suscité une levée de boucliers.

Bob Bauer, avocat de l'équipe Biden, a dénoncé vendredi une initiative "affligeante" et "pathétique".

"Nous ne sommes pas au courant d'informations qui pourraient changer l'issue de l'élection dans le Michigan", ont déclaré les élus, républicains, après leur rencontre avec le président. "Le processus de certification devrait se dérouler sans menace et intimidation".

Le sénateur républicain Mitt Romney a lui accusé le président d'exercer "des pressions manifestes sur les autorités nationales et locales" pour "renverser la volonté du peuple".

"Il est difficile d'imaginer une action pire et plus antidémocratique de la part d'un président américain en exercice", a lâché cet habituel critique de Donald Trump.

Interrogée sur cette rencontre, Kayleigh McEnany a affirmé, sans convaincre, qu'elle n'avait rien à voir avec les résultats électoraux et faisait partie des rendez-vous classiques du président avec différents élus du pays.

Regard sévère des Américains

"Il est difficile de comprendre comment cet homme raisonne", a estimé jeudi Joe Biden.

"Je suis convaincu qu'il sait qu'il a perdu et que je prêterai serment le 20 janvier. Ce qu'il fait est tout simplement scandaleux", a ajouté le prochain président, qui fêtait vendredi ses 78 ans, deux mois jour pour jour avant sa prise de fonction.

Dans une étude rendue publique vendredi, le Pew Research Center a analysé le regard porté par les Américains sur le comportement de Donald Trump et de Joe Biden depuis l'élection du 3 novembre.

Le résultat est sans appel et sévère pour l'actuel locataire de la Maison Blanche: seulement 31% des personnes interrogées pensent que son attitude a été "bonne" ou "excellente" (contre 62% pour Joe Biden).

Au niveau national, Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin de novembre, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain.

Mais la présidence se joue au travers d'un système de grands électeurs attribués dans chaque Etat. Un à un, les Etats-clés qui ont basculé du côté du démocrate devaient certifier leurs résultats dans les jours à venir.

Preuve du malaise croissant que l'attitude du président suscite au sein du parti républicain, l'un de ses sénateurs, Lamar Alexander, a appelé Donald Trump à enclencher la transition. Il n'a pas qualifié Joe Biden de président élu, mais a estimé qu'il avait "une très bonne chance" de l'emporter.

Si M. Alexander, élu du Tennessee, s'apprête à quitter son siège, il est cependant le plus haut républicain du Sénat à prendre position en ce sens depuis l'annonce des résultats le 7 novembre.

"La campagne, que, d'ailleurs, j'ai gagnée...": au détour d'une déclaration sur le prix des médicaments, à l'issue de la laquelle il n'a répondu à aucune question, le président américain s'est de nouveau posé en vainqueur, contre toute évidence.Symbole d'une position de plus en plus intenable pour le tempétueux président, la Géorgie, où Joe Biden l'a emporté d'une courte tête, a officiellement certifié vendredi après-midi les résultats de l'élection."Les chiffres ne mentent pas", avait déclaré un peu plus tôt Brad Raffensperger, le secrétaire d'Etat républicain de cet Etat du Sud. "Ils représentent le verdict du peuple".A quel moment le président américain reconnaîtra-t-il sa défaite pour permettre une transition normale? Bombardée de questions sur ce thème, sa porte-parole, Kayleigh McEnany, a esquivé."Le président a lancé des actions en justice, il prend les choses au jour le jour", a-t-elle simplement répondu, lors d'un point-presse particulièrement tendu.Reclus dans la Maison Blanche, Donald Trump a commencé sa journée en retweetant une vidéo de la stupéfiante conférence de presse de la veille de son avocat personnel Rudy Giuliani. Pendant près de deux heures, ce dernier, dégoulinant de sueur, multipliant les digressions, a accusé, sans preuves, le parti démocrate d'avoir organisé une fraude à grande échelle.Le président américain a par ailleurs reçu des élus locaux du Michigan, Etat-clé qu'il avait emporté en 2016 face à Hillary Clinton et qu'il a perdu cette année face à Joe Biden.Cette invitation, ou moment où l'Etat doit certifier lundi les résultats de l'élection du 3 novembre, a suscité une levée de boucliers.Bob Bauer, avocat de l'équipe Biden, a dénoncé vendredi une initiative "affligeante" et "pathétique". "Nous ne sommes pas au courant d'informations qui pourraient changer l'issue de l'élection dans le Michigan", ont déclaré les élus, républicains, après leur rencontre avec le président. "Le processus de certification devrait se dérouler sans menace et intimidation". Le sénateur républicain Mitt Romney a lui accusé le président d'exercer "des pressions manifestes sur les autorités nationales et locales" pour "renverser la volonté du peuple". "Il est difficile d'imaginer une action pire et plus antidémocratique de la part d'un président américain en exercice", a lâché cet habituel critique de Donald Trump.Interrogée sur cette rencontre, Kayleigh McEnany a affirmé, sans convaincre, qu'elle n'avait rien à voir avec les résultats électoraux et faisait partie des rendez-vous classiques du président avec différents élus du pays."Il est difficile de comprendre comment cet homme raisonne", a estimé jeudi Joe Biden."Je suis convaincu qu'il sait qu'il a perdu et que je prêterai serment le 20 janvier. Ce qu'il fait est tout simplement scandaleux", a ajouté le prochain président, qui fêtait vendredi ses 78 ans, deux mois jour pour jour avant sa prise de fonction.Dans une étude rendue publique vendredi, le Pew Research Center a analysé le regard porté par les Américains sur le comportement de Donald Trump et de Joe Biden depuis l'élection du 3 novembre. Le résultat est sans appel et sévère pour l'actuel locataire de la Maison Blanche: seulement 31% des personnes interrogées pensent que son attitude a été "bonne" ou "excellente" (contre 62% pour Joe Biden).Au niveau national, Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin de novembre, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain. Mais la présidence se joue au travers d'un système de grands électeurs attribués dans chaque Etat. Un à un, les Etats-clés qui ont basculé du côté du démocrate devaient certifier leurs résultats dans les jours à venir.Preuve du malaise croissant que l'attitude du président suscite au sein du parti républicain, l'un de ses sénateurs, Lamar Alexander, a appelé Donald Trump à enclencher la transition. Il n'a pas qualifié Joe Biden de président élu, mais a estimé qu'il avait "une très bonne chance" de l'emporter.Si M. Alexander, élu du Tennessee, s'apprête à quitter son siège, il est cependant le plus haut républicain du Sénat à prendre position en ce sens depuis l'annonce des résultats le 7 novembre.