Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1.200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. "Après 52 ans, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, qui a une importance stratégique pour l'Etat d'Israël et la stabilité régionale", a tweeté le président américain au moment même où le chef de diplomatie Mike Pompeo se trouvait à Jérusalem. A l'approche des élections législatives du 9 avril, cette annonce est un véritable coup de pouce pour M. Netanyahu qui réclame cette reconnaissance avec insistance et est attendu à la Maison Blanche en début de semaine prochaine. "Merci président Trump! ", a-t-il tweeté immédiatement après l'annonce de l'ancien homme d'affaires new-yorkais, dont il a loué le "courage". Au pouvoir depuis une décennie, M. Netanyahu met inlassablement en avant sa relation privilégiée avec le locataire de la Maison Blanche et s'en sert d'argument dans la campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables.

Fin 2017, Donald Trump, qui affiche un soutien à toute épreuve envers Israël, a unilatéralement reconnu Jérusalem comme capitale de ce proche allié, allant à l'encontre de la diplomatie traditionnelle américaine et du consensus international, au grand dam notamment des dirigeants palestiniens. Mi-novembre, les Etats-Unis ont pour la première fois voté contre une résolution de l'ONU considérant l'annexion israélienne du Golan "nulle et non avenue". C'est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d'Israël. Dans son rapport annuel sur les droits humains dans le monde, publié il y a dix jours, Washington avait pris soin de ne plus parler du Golan syrien comme d'un territoire "occupé par Israël", signe interprété par nombre d'observateurs comme l'annonce d'un changement de pied à venir. La présidence palestinienne avait aussitôt dénoncé un nouvel acte hostile s'inscrivant dans la logique de l'administration Trump visant à "liquider la cause palestinienne". "Ces dénominations américaines ne changent rien au fait que le territoire palestinien occupé depuis 1967 et le Golan arabe occupé sont des territoires sous occupation israélienne au regard des résolutions des Nations unies et du droit international", avait souligné son porte-parole Nabil Abou Roudeina.

La direction palestinienne internationalement reconnue et basée à Ramallah (Cisjordanie occupée) refuse de parler à l'administration Trump qu'elle accuse de parti pris outrancier pro-israélien. Dans son tweet de remerciement à M. Trump, M. Netanyahu souligne que sa décision est d'autant plus importante qu'elle intervient au moment où "l'Iran cherche à utiliser la Syrie comme une plateforme pour détruire Israël". Israël a récemment accusé le Hezbollah, l'un de ses ennemis, d'établir secrètement dans le Golan syrien, près du territoire sous son contrôle, un réseau militaire commandé par une figure du mouvement chiite libanais. L'objectif de ce réseau, qui serait commandé par le Libanais Ali Moussa Daqdouq, est de disposer à terme de forces prêtes à attaquer Israël, selon l'armée israélienne. Le Hezbollah et l'Iran sont intervenus aux côtés du régime de Bachar al-Assad, également soutenu par Moscou, dans la guerre civile en Syrie. Israël fait campagne sans relâche contre cette présence du Hezbollah et de l'Iran chez son voisin syrien.

Le plateau du Golan, principal contentieux israélo-syrien

Le Golan occupé, sur lequel Donald Trump s'est dit favorable jeudi à une reconnaissance de la souveraineté d'Israël, a été conquis sur la Syrie en 1967 par l'Etat hébreu et constitue un territoire stratégique pour les deux pays.

"Après 52 ans, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d'Israël sur le Golan, qui a une importance stratégique pour l'Etat d'Israël et la stabilité régionale", a tweeté le président américain, immédiatement salué par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Riche en eau, le plateau du Golan surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël et commande la route vers Damas du côté syrien.

- Conquis en 1967 -

L'armée israélienne a conquis le 9 juin 1967 le Golan d'où l'armée syrienne pilonnait les positions israéliennes en contrebas. Une poche supplémentaire d'environ 510 km2 a été occupée par Israël lors de la guerre d'octobre 1973, puis restituée en 1974 en vertu d'un accord, avec une petite partie des territoires occupés en 1967.

L'accord de 1974 a aussi créé une zone-tampon démilitarisée et une force des Nations unies pour l'observation du désengagement (FNUOD) est chargée depuis de contrôler le respect de cet accord.

Quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, frontalier également du Liban et de la Jordanie, ont été annexés par Israël en 1981. Cette décision n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Lors des guerres de 1967 et 1973, près de 150.000 personnes, soit la majorité des habitants syriens du Golan, ont fui. Seuls restent aujourd'hui quelque 18.000 Druzes, dont la quasi-totalité ont refusé la carte d'identité israélienne.

Depuis 1967, près de 20.000 colons israéliens s'y sont installés, répartis aujourd'hui dans 33 implantations, essentiellement agricoles.

- Ressources en eau -

L'intérêt d'Israël et de la Syrie pour le Golan est d'autant plus grand qu'il comprend d'importantes sources, en particulier celles du Banyas, qui alimente le Jourdain. Le Hasbani, qui prend sa source au Liban, traverse le Golan avant de se déverser dans le Jourdain, de même que la rivière Dan.

La question de l'eau a été, au milieu des années 1960, l'une des principales causes du contentieux israélo-syrien. Damas avait alors accusé l'Etat hébreu d'avoir détourné les sources du Jourdain.

Dans les années 1990, des négociations israélo-syriennes ont achoppé sur la question du Golan, dont la Syrie réclame la restitution totale jusqu'aux rives du lac de Tibériade.

- Tensions, combats depuis 2011 -

Le déclenchement de la guerre en Syrie, en mars 2011, a attisé les tensions: le 15 mai et le 5 juin, anniversaires de la création d'Israël et de la guerre de 1967, l'armée israélienne a ouvert le feu contre des réfugiés palestiniens et des Syriens qui tentaient de franchir la ligne de cessez-le-feu, faisant une trentaine de morts selon l'ONU.

Le Golan a ensuite été le théâtre d'intenses combats entre rebelles et régime syrien. Des casques bleus de l'ONU ont parfois été pris à partie, comme ces 45 Fidjiens pris en otage par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, puis relâchés en 2014.

Les tirs au mortier en provenance de la Syrie, rarement mortels, sont devenus fréquents sur le plateau. Israël riposte à chaque fois, que le tir soit errant ou intentionnel.

En janvier 2015, dans un raid visant le Hezbollah libanais, Israël a tué des militaires iraniens dont un général.

Mi-mars 2019, Israël a accusé le Hezbollah d'établir secrètement dans le Golan syrien, près du territoire sous son contrôle, un réseau militaire commandé par une figure du mouvement chiite libanais.

Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1.200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. "Après 52 ans, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, qui a une importance stratégique pour l'Etat d'Israël et la stabilité régionale", a tweeté le président américain au moment même où le chef de diplomatie Mike Pompeo se trouvait à Jérusalem. A l'approche des élections législatives du 9 avril, cette annonce est un véritable coup de pouce pour M. Netanyahu qui réclame cette reconnaissance avec insistance et est attendu à la Maison Blanche en début de semaine prochaine. "Merci président Trump! ", a-t-il tweeté immédiatement après l'annonce de l'ancien homme d'affaires new-yorkais, dont il a loué le "courage". Au pouvoir depuis une décennie, M. Netanyahu met inlassablement en avant sa relation privilégiée avec le locataire de la Maison Blanche et s'en sert d'argument dans la campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables. Fin 2017, Donald Trump, qui affiche un soutien à toute épreuve envers Israël, a unilatéralement reconnu Jérusalem comme capitale de ce proche allié, allant à l'encontre de la diplomatie traditionnelle américaine et du consensus international, au grand dam notamment des dirigeants palestiniens. Mi-novembre, les Etats-Unis ont pour la première fois voté contre une résolution de l'ONU considérant l'annexion israélienne du Golan "nulle et non avenue". C'est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d'Israël. Dans son rapport annuel sur les droits humains dans le monde, publié il y a dix jours, Washington avait pris soin de ne plus parler du Golan syrien comme d'un territoire "occupé par Israël", signe interprété par nombre d'observateurs comme l'annonce d'un changement de pied à venir. La présidence palestinienne avait aussitôt dénoncé un nouvel acte hostile s'inscrivant dans la logique de l'administration Trump visant à "liquider la cause palestinienne". "Ces dénominations américaines ne changent rien au fait que le territoire palestinien occupé depuis 1967 et le Golan arabe occupé sont des territoires sous occupation israélienne au regard des résolutions des Nations unies et du droit international", avait souligné son porte-parole Nabil Abou Roudeina. La direction palestinienne internationalement reconnue et basée à Ramallah (Cisjordanie occupée) refuse de parler à l'administration Trump qu'elle accuse de parti pris outrancier pro-israélien. Dans son tweet de remerciement à M. Trump, M. Netanyahu souligne que sa décision est d'autant plus importante qu'elle intervient au moment où "l'Iran cherche à utiliser la Syrie comme une plateforme pour détruire Israël". Israël a récemment accusé le Hezbollah, l'un de ses ennemis, d'établir secrètement dans le Golan syrien, près du territoire sous son contrôle, un réseau militaire commandé par une figure du mouvement chiite libanais. L'objectif de ce réseau, qui serait commandé par le Libanais Ali Moussa Daqdouq, est de disposer à terme de forces prêtes à attaquer Israël, selon l'armée israélienne. Le Hezbollah et l'Iran sont intervenus aux côtés du régime de Bachar al-Assad, également soutenu par Moscou, dans la guerre civile en Syrie. Israël fait campagne sans relâche contre cette présence du Hezbollah et de l'Iran chez son voisin syrien.