Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un est embarqué dans "une mission-suicide", a lancé le président américain lors de son premier discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, le qualifiant à nouveau d'"homme-fusée".

Pour ce qui est de l'accord nucléaire conclu avec l'Iran, il est "un des pires auquel les Etats-Unis aient jamais participé" et représente un "embarras" pour eux, a lancé le président américain à la tribune de l'ONU.

"Franchement, cet accord est un embarras pour les Etats-Unis et je ne pense pas que vous ayez fini d'en entendre parler. Croyez-moi", a-t-il averti, sans pour autant dévoiler clairement ses intentions.

"Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices (...) et nous ne pouvons pas respecter un accord s'il sert à couvrir l'éventuelle mise en place d'un programme nucléaire", a déclaré M. Trump, qualifiant l'Iran d'"Etat voyou" et de "dictature corrompue".

Le chef de la Maison Blanche a également tenu à dénoncer une "situation inacceptable" dans la "dictature socialiste" qu'est le Venezuela "voisin".

"Nous ne pouvons pas rester sans rien faire. En tant que voisin et ami responsable, nous devons avoir un but" pour les Vénézuéliens: "récupérer leur liberté, remettre le pays sur les rails et regagner la démocratie", a-t-il ajouté, en se disant prêt à "de nouvelles actions", sans toutefois préciser lesquelles.

Des "Etats voyous"

Les "Etats voyous" sont une menace "pour les autres nations et pour leur propres peuples", a déclaré mardi Donald Trump devant quelque 130 chefs d'Etat et de gouvernement, lors de leur réunion dominée par la menace nucléaire nord-coréenne et le sort de l'accord de non-prolifération avec l'Iran.

L'armée américaine "va bientôt devenir plus forte que jamais", a-t-il averti.

Pyongyang et Téhéran sont les "deux bêtes noires" des Etats-Unis depuis l'arrivée à la Maison Blanche en janvier du milliardaire américain.

Des pays "indépendants" et "forts" sont à la base de l'ordre mondial, a aussi souligné Donald Trump, défendant une vision unilatéraliste du monde.

En ouvrant le bal des allocutions, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait plaidé plus tôt pour un "monde sans armes nucléaires", mettant en garde contre le risque d'une guerre avec la Corée du Nord. Pour son premier discours devant quelque 130 chefs d'Etat et de gouvernement présents dans le cadre de l'Assemblée générale qui réunit au total 193 pays, le patron de l'ONU a souligné que la solution avec Pyongyang "devait être politique" et qu'il ne fallait pas sombrer dans "la guerre".

Parmi les orateurs qui devaient suivre toute la journée, le président français Emmanuel Macron devait se faire le chantre du multilatéralisme, à l'opposé de l'approche de Donald Trump.

Comme pour le président américain, il s'agira de son premier discours à la tribune des Nations unies pour l'Assemblée générale annuelle de l'Organisation.

Parmi les autres pays appelés à s'exprimer mardi, au premier jour d'une semaine de discours, figurent la Suisse, le Nigeria, la Colombie, le Qatar, la Turquie, Israël, le Mali, l'Egypte ou l'Afghanistan. Les dirigeants russe et chinois sont absents, représentés par leur ministre des Affaires étrangères.

Parallèlement, de multiples réunions à thèmes (climat, "esclavage moderne", Centrafrique...) ou rencontres bilatérales se dérouleront tout au long de la semaine au siège des Nations unies ou dans de grands hôtels de New York.

"Un discours va-t-en-guerre n'est pas une bonne solution"

Le Premier ministre belge Charles Michel a accueilli "sans enthousiasme" le premier discours prononcé mardi par le président américain Donald Trump lors de l'Assemblée générale des Nations Unies.

"Je ne suis pas étonné. Trump a fait du Trump", a commenté M. Michel, peu après l'intervention du locataire de la Maison Blanche. "Nous ne pensons pas qu'une approche va-t-en-guerre va contribuer à plus de paix dans le monde", a déclaré le chef du gouvernement belge, alors que le président américain a entre autres menacé de "détruire totalement" la Corée du Nord, un "régime vicieux" et "corrompu".

La Belgique a une autre approche sur la question nord-coréenne, a rappelé M. Michel, qui prône la recherche d'un dialogue avec Pyongyang. Il a également souligné l'importance de mobiliser la Chine dans ce processus.

Le Premier ministre a par ailleurs déploré la remise en cause par Donald Trump de l'accord sur le nucléaire iranien. "La conclusion de cet accord constituait un pas dans la bonne direction", a affirmé Charles Michel, qui s'entretiendra dans l'après-midi avec le président iranien Hassan Rohani.