Les tentatives du président Trump pour modifier les résultats des élections vont dans tous les sens. Elles semblent sans queue ni tête et ne se basent sur aucune preuve concrète. Ces derniers jours, les attaques du président se sont concentrées sur l'état de la Géorgie. Vendredi, son équipe juridique a annoncé qu'elle allait tenter, via les tribunaux, de recommencer les élections. Selon l'équipe du président, "des fautes systématiques, des fraudes et d'autres irrégularités" ont conduit à des milliers de votes illégaux.
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Les tentatives du président Trump pour modifier les résultats des élections vont dans tous les sens. Elles semblent sans queue ni tête et ne se basent sur aucune preuve concrète. Ces derniers jours, les attaques du président se sont concentrées sur l'état de la Géorgie. Vendredi, son équipe juridique a annoncé qu'elle allait tenter, via les tribunaux, de recommencer les élections. Selon l'équipe du président, "des fautes systématiques, des fraudes et d'autres irrégularités" ont conduit à des milliers de votes illégaux.Le problème est que les votes ont déjà été recomptés deux fois, et que les résultats ont été confirmés par Brad Raffensperger, ministre de l'Intérieur de l'État de Géorgie et par le gouverneur Brian Kemp, tous deux républicains et partisans de Trump. Si Kemp l'a joué profil bas - pas tant par conviction, que parce qu'il n'a légalement rien à dire sur les élections et n'a d'autre choix que de ratifier ce que le ministre lui soumet-, il n'en va pas de pas de même pour le ministre Raffensperger. Ce dernier a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'y avait pas de fraude significative. Pour lui, il n'y a eu que quelques erreurs mineures qui ont été corrigées lors du recomptage. Toujours, selon Raffensberger, "les chiffres ne mentent pas" et l'accusation de Trump selon laquelle les machines à compter convertissent les votes de Trump en votes de Biden ne repose sur aucune réalité. En d'autres termes, pour Raffensberger, Joe Biden a remporté de justesse les élections en Géorgie, avec une avance de plus de 12 000 voix sur un total de cinq millions de votes exprimés. Mais il en faut plus pour décourager Trump. SignaturesAinsi, samedi, le président a à nouveau tenté de rallier le gouverneur Kemp à sa cause. Il a d'abord fait pression sur lui par téléphone. Selon le président, aucune comparaison des signatures n'a été faite lors du recomptage. Dans le cas du vote par correspondance, la signature sur l'enveloppe et sur le bulletin de vote est comparée à la signature répertoriée pour chaque électeur dans les archives. Lors du comptage des votes, les enveloppes (avec les données d'identité) et les bulletins de vote sont séparés afin de respecter le secret du vote. Selon le ministre de l'Intérieur, il n'est pas techniquement possible de comparer la signature sur le bulletin une nouvelle fois et après coup. Et même si cela était possible, cela violerait le secret électoral. On pourrait envisager de comparer à nouveau les signatures sur les enveloppes avec celles des archives, mais le camp de Trump prétendrait alors que les signatures sur le bulletin de vote ne correspondent pas à celles des enveloppes.Après la conversation téléphonique, le président Trump a continué à critiquer le gouverneur de Géorgie via Twitter. Le gouverneur lui a rétorqué, aussi via Twitter, qu'il avait déjà demandé par trois fois une comparaison des signatures pour les votes par correspondance. Et Trump de lui répliquer que : "Cette vérification de signature n'a jamais été faite ! Votre personnel refuse de faire ce que vous demandez. Qu'ont-ils à cacher ? Convoquez au moins une session spéciale du parlement de l'État. Vous pouvez le faire facilement et immédiatement".Que cherche à obtenir Trump avec cette session spéciale ? Il ne le dit pas, mais il espère ainsi retarder l'affaire. Le 14 décembre, les électeurs du Collège électoral doivent se réunir État par État et voter. Pour l'instant, les 16 voix de la Géorgie vont à Biden, qui a 306 voix au Collège électoral contre 232 pour Trump. Le président espère-t-il que le parlement de la Géorgie bloque ce vote (ou du moins ses propres voix ) ? C'est possible. Le Parlement pourrait aussi nommer d'autres grands électeurs. Les deux chambres en Géorgie ont en effet une large majorité républicaine. Il y a cependant très peu de chance que cela se produise. Certains républicains influents de l'État ont déjà déclaré qu'il n'était pas question d'une session spéciale au parlement, et encore moins d'une quelconque intervention sur les électeurs.207 millions de dollarsQuelques heures après ces altercations, Trump s'est adressé à ses partisans lors une réunion électorale à Valdosta, en Géorgie. C'était sa première apparition du genre depuis les élections. Il s'est exprimé devant un public estimé, selon les estimations de Fox News, de 4 à 5 000 partisans et dont la majorité ne portait pas de masque. Le gouverneur n'était pas présent.Trump y a réitéré ses critiques envers Kemp et Raffensperger. Il a, à nouveau, martelé que tout cela n'était, selon lui, qu'une large fraude. "Ils (les démocrates, NDLR) ont triché et manipulé nos élections présidentielles, mais nous allons quand même gagner". Il a aussi précisé qu'il allait inverser les résultats des élections en Géorgie, et que ce ne serait là que le début d'un renversement complet du résultat des votes. Rappelons tout de même qu'il doit pour cela changer les résultats dans au moins trois États.Il y a moins d'une semaine, Trump déclarait encore qu'il serait très difficile, voire impossible, de porter l'affaire devant la Cour suprême. Mais lors du meeting, il n'a pas hésité à déclarer que les résultats des élections passeraient bientôt devant la Cour suprême.Les contestations des résultats, une démarche vilipendée aussi bien par les juges que par les spécialistes, se sont néanmoins avérées être une riche source de revenus pour le président. Cela lui a permis de récolter 207 millions de dollars (171 millions d'euros) depuis les élections, dont une grande partie sous forme de petites contributions d'électeurs et de sympathisants. Selon CNN, cet argent ira principalement à la campagne de Trump et au parti républicain, mais aussi à un nouveau fonds Trump pour financer les campagnes à venir. Seule une fraction de cet argent est en réalité dédiée aux affaires judiciaires visant à contester le résultat.