M. Trump et le maréchal ont discuté lundi "des efforts actuels contre le terrorisme et de la nécessité de parvenir à la paix et à la stabilité en Libye", selon l'exécutif américain. Le président des Etats-Unis a "reconnu le rôle significatif du maréchal Haftar dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye".

Lors de leur entretien téléphonique, les deux hommes ont aussi "discuté d'une vision commune pour la transition de la Libye vers un système politique démocratique et stable".

La Maison Blanche n'a pas précisé pourquoi elle ne révélait l'existence de ce coup de fil que plusieurs jours après.

Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est dirigée par deux entités rivales: d'un côté le gouvernement d'union nationale (GNA) qui contrôle l'Ouest du pays, de l'autre un cabinet parallèle basé dans l'Est, soutenu par le maréchal Haftar.

Jeudi, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, les Etats-Unis et la Russie se sont opposés à un projet de résolution britannique sur le conflit en Libye, texte qui réclame un cessez-le-feu et un accès humanitaire inconditionnel aux zones de combats près de Tripoli.

Si l'opposition russe était attendue, celle des Américains a intrigué des diplomates présents. Sont-ils sous l'influence de l'Egypte, de l'Arabie et des Emirats, qui appuient Haftar? Ou sont-ils "en pleine négociation avec les deux camps"? s'était demandé un diplomate.

Vendredi, un diplomate a estimé que l'information sur l'entretien entre MM. Trump et Haftar "clarifiait les choses" sur la position américaine, une allusion implicite au soutien que semblent donc afficher les Etats-Unis au maréchal.

Rome et Paris promettent des initiatives

La France et l'Italie vont travailler à des "initiatives" sur la Libye où il n'existe pas de solution militaire à la crise, qui peut devenir "dangereuse", ont annoncé vendredi à Rome leurs chefs de la diplomatie.

"Il n'existe pas de solution militaire qui permette de résoudre les complexes questions politiques en Libye, a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec son homologue français Jean-Yves Le Drian.

"La crise peut devenir dangereuse", car "les éléments d'une détérioration sont là", a averti ce dernier lors de ce point de presse. La France et l'Italie travaillent donc étroitement sur ce dossier, car, a assuré M. Le Drian, "il n'y aura pas de progrès possible en Libye sans une entente franco-italienne solide". C'est le cas aujourd'hui, a souligné le ministre français, assurant que les difficultés de ces derniers mois entre la France et l'Italie étaient "derrière nous".

Les deux ministres ont promis des "initiatives" sur le dossier libyen, sans toutefois donner de détails, expliquant notamment qu'elles feraient l'objet d'une prochaine réunion à Rome entre des haut-diplomates français, italien et de pays directement intéressés à la crise libyenne.

En attendant, "il faut arriver le plus rapidement possible à un cessez-le-feu", a dit le ministre italien, insistant sur la "totale" convergence de vues entre Rome et Paris sur ce sujet.

Interrogé sur les accusations récurrentes en Italie d'un soutien français au maréchal Khalifa Haftar, qui a lancé une offensive contre le Tripoli, M. Le Drian a réitéré la position française d'un cessez-le-feu immédiat et d'un dialogue politique. "Notre message est clair", a-t-il insisté.

Interrogé sur la reconnaissance par le président américain Donald Trump du "rôle significatif" du maréchal Haftar dans la lutte contre le terrorisme, M. Moavero a jugé légitime cette reconnaissance, soulignant toutefois qu'aucun objectif ne pouvait justifier un conflit armé ou une guerre civile. "Je constate que l'instabilité fait le lit du terrorisme. Il importe d'abord de retrouver cette stabilité", a ajouté de son côté M. Le Drian.