L'intrusion violente des partisans de Donald Trump dans le Capitole au moment- même où les membres de la Chambre des représentants et du Sénat s'apprêtaient à certifier l'élection de Joe Biden et donc, avec l'objectif de l'empêcher plonge le monde dans la sidération. On savait le président battu lors du scrutin du 3 novembre prêt à tout pour perturber le processus démocratique. Mercredi à Washington devant la foule de ses supporters, il avait encore clamé qu'il ne reconnaîtrait jamais la défaite. On pensait cependant que cette ultime "baroud de déshonneur" avait pour principal objet de ...

L'intrusion violente des partisans de Donald Trump dans le Capitole au moment- même où les membres de la Chambre des représentants et du Sénat s'apprêtaient à certifier l'élection de Joe Biden et donc, avec l'objectif de l'empêcher plonge le monde dans la sidération. On savait le président battu lors du scrutin du 3 novembre prêt à tout pour perturber le processus démocratique. Mercredi à Washington devant la foule de ses supporters, il avait encore clamé qu'il ne reconnaîtrait jamais la défaite. On pensait cependant que cette ultime "baroud de déshonneur" avait pour principal objet de prendre date avec sa base électorale pour une revanche dans les urnes lors du prochain scrutin en 2024 et qu'une fois cette démonstration passée, la raison l'emporterait enfin.La folie des plus extrémistes des manifestants soutenus, chauffés à blanc et galvanisés par le président sortant a fait basculer les Etats-Unis, qui se revendiquent comme la plus grande démocratie, en influence, au monde, ponctuellement dans un chaos indigne, à court terme dans une période d'incertitudes. Donald Trump en est le premier responsable. Certes a-t-il consenti à appeler en soirée, dans une vidéo, ses affidés à rentrer chez eux, après une déclaration l'y enjoignant de Joe Biden qui de son côté a évoqué "une agression sans précédent" contre la démocratie. Mais il a tout de même persisté à prétendre que "l'élection avait été volée". Ainsi contrairement à ce que les images de Washington pourraient laisser penser, Donald Trump s'oppose à son propre peuple et à la volonté de changement que celui-ci a exprimée le 3 novembre. Et il ne s'agit pas de l'affaire de 11780 voix, celles qu'il a quémandées au mépris de l'Etat de droit de manière ahurissante au secrétaire d'Etat de Géorgie Brad Raffensperger, mais des plus de 7 millions de votes qui séparent son score final de celui du président démocrate élu. Malgré le coup porté à la plus première puissance mondiale par celui qui prétendait lui redonner sa grandeur, il reste à espérer que les institutions américaines réussiront à surmonter cette épreuve inédite - l'événement pose à tout le moins la question de la légèreté avec laquelle les forces de l'ordre ont préparé et géré la sécurité du Capitole - et que cette provocation de trop, après beaucoup d'autres, coupera Donald Trump du coeur du Parti républicain. Ses dirigeants et ses militants ne peuvent plus refuser de voir l'impasse dans laquelle les mène le milliardaire et les dégâts que son jusqu'au-boutisme provoque dans leurs propres rangs comme l'atteste la victoire inespérée des deux candidats démocrates aux élections sénatoriales de Géorgie qui conforte le pouvoir de Biden. A cet égard, l'attitude du vice-Président Mike Pence qui a accepté, malgré l'injonction contraire de son ancien partenaire, de valider l'élection du futur président et qui a rapidement condamné les violences, est rassurante parce qu'elle confirme l'isolement croissant de Donald Trump.