Le républicain n'est "pas apte à la fonction" de président, affirme son ex-conseiller John Bolton, dans un entretien. Le commentaire lapidaire vient ponctuer l'avalanche d'affirmations embarrassantes pour Donald Trump tirées de ses mémoires, qui secoue Washington cette semaine. La Maison Blanche a beau tenter d'en bloquer la parution, prévue mardi prochain, les fuites et les déclarations de l'ex-conseiller à la sécurité nationale alimentent l'image d'un président américain incompétent sur la scène internationale, moqué par de hauts responsables de sa propre administration, mais surtout qui fait passer sa soif de réélection le 3 novembre avant l'intérêt national américain.

Quitte à demander des faveurs à des dirigeants étrangers: un geste de la Chine pour satisfaire ses agriculteurs, une enquête sur son rival démocrate Joe Biden à l'Ukraine...

"Les conversations de Trump avec Xi reflètent non seulement les incohérences de sa politique commerciale mais aussi l'interconnexion dans l'esprit de Trump entre ses propres intérêts politiques et l'intérêt national américain", écrit John Bolton.

Donald Trump sous le regard de John Bolton, Getty Images
Donald Trump sous le regard de John Bolton © Getty Images

De la "pure fiction", a dénoncé jeudi Donald Trump, pour qui celui qui fut son conseiller à la sécurité nationale d'avril 2018 à septembre 2019 n'est qu'un "malade" qu'il a "viré" comme il le méritait.

La route est encore longue jusqu'au scrutin qui l'opposera au démocrate Joe Biden, et Donald Trump a le temps de se relever. Mais en ce mois de juin, les nuages s'accumulent pour le milliardaire new-yorkais, sur tous les fronts. Après une brève hausse en mars, sa courbe de popularité a replongé. Sa gestion de la pandémie de coronavirus est vivement critiquée. Et la crise du Covid-19 alliée au confinement ont durement frappé l'économie américaine, faisant exploser le taux de chômage alors même que l'homme d'affaires comptait faire campagne sur la bonne santé économique du pays.

L'affaire avait en 2014 catalysé le mouvement #BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs., BELGAIMAGE
L'affaire avait en 2014 catalysé le mouvement #BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs. © BELGAIMAGE

Et au moment même où les Etats-Unis s'ouvraient vers le déconfinement, le pays a été saisi par une vague historique de colère contre le racisme et les brutalités policières après la mort de George Floyd, le 25 mai. Même s'il a dénoncé la mort de cet homme noir asphyxié par un policier blanc, Donald Trump n'a pas saisi l'occasion de s'inscrire en président rassembleur, porte-voix d'une prise de conscience inédite aux Etats-Unis, pour s'en prendre plutôt, dans des termes dénoncés comme ayant des connotations racistes, aux manifestants.

20.000 personnes attendues

Deux revers en une semaine: le président républicain est en plus assailli par deux décisions de la Cour suprême sur des sujets sensibles.

Lundi, la plus haute juridiction des Etats-Unis avait accordé une victoire à des millions de salariés homosexuels et transgenres en leur accordant le bénéfice des mécanismes de lutte contre les discriminations au travail, malgré l'opposition du gouvernement Trump.

Jeudi, la Cour suprême a validé les protections accordées par son prédécesseur Barack Obama à 700.000 jeunes migrants, les Dreamers, que le milliardaire républicain voulait supprimer.

Des décisions "horrible" et "orientées politiquement" venant d'une Cour qui ne "m'aime pas", a réagi Donald Trump.

Joe Biden, improbable favori du duel avec Trump pour la présidentielle de 2020 semble prendre le large dans les sondages, Belga Images
Joe Biden, improbable favori du duel avec Trump pour la présidentielle de 2020 semble prendre le large dans les sondages © Belga Images

Malgré sa campagne en sourdine, Joe Biden, 77 ans, prend lui le large dans les sondages. Au niveau national, il devance de plus de huit points Donald Trump, 74 ans, dans la moyenne établie par le site spécialisé RealClearPolitics. Mais de façon plus cruciale, et inquiétante pour le républicain, le démocrate mène aussi dans plusieurs Etats clés, qui font et défont les victoires en basculant d'un parti à l'autre. Donald Trump n'a pas choisi l'un de ces Etats pivots pour tenter de redonner une impulsion à sa campagne de réélection, mais un Oklahoma conservateur.

Celui pour qui les meetings de campagne sont toujours une bouffée d'oxygène y retrouvera samedi 20.000 de ses partisans dans une salle surchauffée de la ville de Tulsa.

Son retour sur les estrades est pourtant aussi un pari risqué, au message déjà brouillé par deux polémiques. Il fait d'une part l'objet d'un tir de barrage pour les risques de contamination à grande échelle au nouveau coronavirus que représente ce genre de grand événement. Et de l'autre, pour avoir au départ prévu de l'organiser le 19 juin, jour anniversaire de la fin de l'esclavage, dans cette ville marquée par le souvenir du plus grand massacre d'Afro-américains, en 1921. Mais des partisans l'attendent déjà, enthousiastes, à Tulsa. Et le républicain l'affirme: "Nous allons bien nous amuser"

Le républicain n'est "pas apte à la fonction" de président, affirme son ex-conseiller John Bolton, dans un entretien. Le commentaire lapidaire vient ponctuer l'avalanche d'affirmations embarrassantes pour Donald Trump tirées de ses mémoires, qui secoue Washington cette semaine. La Maison Blanche a beau tenter d'en bloquer la parution, prévue mardi prochain, les fuites et les déclarations de l'ex-conseiller à la sécurité nationale alimentent l'image d'un président américain incompétent sur la scène internationale, moqué par de hauts responsables de sa propre administration, mais surtout qui fait passer sa soif de réélection le 3 novembre avant l'intérêt national américain. Quitte à demander des faveurs à des dirigeants étrangers: un geste de la Chine pour satisfaire ses agriculteurs, une enquête sur son rival démocrate Joe Biden à l'Ukraine... "Les conversations de Trump avec Xi reflètent non seulement les incohérences de sa politique commerciale mais aussi l'interconnexion dans l'esprit de Trump entre ses propres intérêts politiques et l'intérêt national américain", écrit John Bolton. De la "pure fiction", a dénoncé jeudi Donald Trump, pour qui celui qui fut son conseiller à la sécurité nationale d'avril 2018 à septembre 2019 n'est qu'un "malade" qu'il a "viré" comme il le méritait. La route est encore longue jusqu'au scrutin qui l'opposera au démocrate Joe Biden, et Donald Trump a le temps de se relever. Mais en ce mois de juin, les nuages s'accumulent pour le milliardaire new-yorkais, sur tous les fronts. Après une brève hausse en mars, sa courbe de popularité a replongé. Sa gestion de la pandémie de coronavirus est vivement critiquée. Et la crise du Covid-19 alliée au confinement ont durement frappé l'économie américaine, faisant exploser le taux de chômage alors même que l'homme d'affaires comptait faire campagne sur la bonne santé économique du pays. Et au moment même où les Etats-Unis s'ouvraient vers le déconfinement, le pays a été saisi par une vague historique de colère contre le racisme et les brutalités policières après la mort de George Floyd, le 25 mai. Même s'il a dénoncé la mort de cet homme noir asphyxié par un policier blanc, Donald Trump n'a pas saisi l'occasion de s'inscrire en président rassembleur, porte-voix d'une prise de conscience inédite aux Etats-Unis, pour s'en prendre plutôt, dans des termes dénoncés comme ayant des connotations racistes, aux manifestants.Deux revers en une semaine: le président républicain est en plus assailli par deux décisions de la Cour suprême sur des sujets sensibles. Lundi, la plus haute juridiction des Etats-Unis avait accordé une victoire à des millions de salariés homosexuels et transgenres en leur accordant le bénéfice des mécanismes de lutte contre les discriminations au travail, malgré l'opposition du gouvernement Trump. Jeudi, la Cour suprême a validé les protections accordées par son prédécesseur Barack Obama à 700.000 jeunes migrants, les Dreamers, que le milliardaire républicain voulait supprimer.Des décisions "horrible" et "orientées politiquement" venant d'une Cour qui ne "m'aime pas", a réagi Donald Trump. Malgré sa campagne en sourdine, Joe Biden, 77 ans, prend lui le large dans les sondages. Au niveau national, il devance de plus de huit points Donald Trump, 74 ans, dans la moyenne établie par le site spécialisé RealClearPolitics. Mais de façon plus cruciale, et inquiétante pour le républicain, le démocrate mène aussi dans plusieurs Etats clés, qui font et défont les victoires en basculant d'un parti à l'autre. Donald Trump n'a pas choisi l'un de ces Etats pivots pour tenter de redonner une impulsion à sa campagne de réélection, mais un Oklahoma conservateur. Celui pour qui les meetings de campagne sont toujours une bouffée d'oxygène y retrouvera samedi 20.000 de ses partisans dans une salle surchauffée de la ville de Tulsa. Son retour sur les estrades est pourtant aussi un pari risqué, au message déjà brouillé par deux polémiques. Il fait d'une part l'objet d'un tir de barrage pour les risques de contamination à grande échelle au nouveau coronavirus que représente ce genre de grand événement. Et de l'autre, pour avoir au départ prévu de l'organiser le 19 juin, jour anniversaire de la fin de l'esclavage, dans cette ville marquée par le souvenir du plus grand massacre d'Afro-américains, en 1921. Mais des partisans l'attendent déjà, enthousiastes, à Tulsa. Et le républicain l'affirme: "Nous allons bien nous amuser"