Après sa victoire sur le 200 mètres aux Jeux Olympiques de Mexico City, sur le podium, l'Américain avait levé vers le ciel un poing ganté de noir - le signe du mouvement Black Power - en protestation contre les discriminations dont les noirs étaient victimes. Il ne portait pas de chaussures, mais seulement des chaussettes noires comme symbole de pauvreté.

Le médaillé de bronze John Carlos, son équipier, avait effectué le même geste avec le bras gauche. La photo a fait le tour du monde et est devenue un symbole pour le mouvement des droits civiques.

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- © ISOPIX

Le CIO avait condamné le comportement des deux athlètes comme une violation de sa charte et avait menacé toute l'équipe américaine d'exclusion si Smith et Carlos n'étaient pas renvoyés immédiatement chez eux, ce qui a été fait.

Interrogé si le CIO s'est excusé auprès de lui depuis, Smith a répondu: "Non. Le CIO ne l'a pas fait."

Aujourd'hui encore, l'Américain, 76 ans, accueillerait favorablement toute initiative du CIO. "Il n'est jamais trop tard pour faire le bien. Jamais trop tard", a déclaré Smith.

Le geste de Smith en 1968 résonne à nouveau avec le mouvement 'Take a Knee', dans le sillage des vastes manifestations mondiales contre l'injustice raciale après la mort de George Floyd, mort asphyxié par un policier blanc lors de son interpellation à Minneapolis le 25 mai dernier.

L'ancien quarterback de la NFL Colin Kaepernick a popularisé le geste de poser un genou à terre durant l'hymne américain pour protester contre l'injustice raciale. Plusieurs sportifs dans le monde ont reproduit ce geste ces dernières semaines, comme par exemple le défenseur du Torino Nicolas N'Koulou après son but contre Parme samedi lors du match de reprise de la Serie A.

Eric Reid #35 et Colin Kaepernick #7 durant l'hymne national américain., AFP
Eric Reid #35 et Colin Kaepernick #7 durant l'hymne national américain. © AFP

"C'est un changement" a déclaré Smith. "Ces athlètes sont en train de changer quelque chose en unissant leurs forces. Les gens le voient et comprennent le besoin de changement. Je soutiens très fort ces athlètes."

La même compréhension n'existait pas en 1968. La carrière d'athlète de Smith s'est achevée à l'âge de 24 ans. "C'était tout ce que mon agenda comprenait à l'époque, l'éradication du racisme aux Etats-Unis. J'ai sacrifié mon avenir pour cela", a-t-il expliqué.

"On ne peut pas le comparer à quoi que ce soit, personne n'avait jamais fait cela auparavant. Aux États-Unis, je n'avais pas de travail, j'ai perdu beaucoup d'amis. C'était très difficile pour moi."

Malgré tous les problèmes, il croit qu'il a contribué à donner le coup d'envoi à quelque chose. "Mexico City était le début de la riposte pour les gens", a ajouté Smith, qui est ensuite devenu enseignant et a eu beaucoup de contacts avec d'autres athlètes protestant contre l'injustice raciale.

"Cela a déjà changé en mieux. Le mouvement est maintenant tel qu'il est parce que de nombreuses personnes s'y impliquent. Les gens ont commencé à comprendre ce qui doit être changé."

Tommie Smith et John Carlos en 2008, belgaimage
Tommie Smith et John Carlos en 2008 © belgaimage
Après sa victoire sur le 200 mètres aux Jeux Olympiques de Mexico City, sur le podium, l'Américain avait levé vers le ciel un poing ganté de noir - le signe du mouvement Black Power - en protestation contre les discriminations dont les noirs étaient victimes. Il ne portait pas de chaussures, mais seulement des chaussettes noires comme symbole de pauvreté. Le médaillé de bronze John Carlos, son équipier, avait effectué le même geste avec le bras gauche. La photo a fait le tour du monde et est devenue un symbole pour le mouvement des droits civiques. Le CIO avait condamné le comportement des deux athlètes comme une violation de sa charte et avait menacé toute l'équipe américaine d'exclusion si Smith et Carlos n'étaient pas renvoyés immédiatement chez eux, ce qui a été fait. Interrogé si le CIO s'est excusé auprès de lui depuis, Smith a répondu: "Non. Le CIO ne l'a pas fait." Aujourd'hui encore, l'Américain, 76 ans, accueillerait favorablement toute initiative du CIO. "Il n'est jamais trop tard pour faire le bien. Jamais trop tard", a déclaré Smith. Le geste de Smith en 1968 résonne à nouveau avec le mouvement 'Take a Knee', dans le sillage des vastes manifestations mondiales contre l'injustice raciale après la mort de George Floyd, mort asphyxié par un policier blanc lors de son interpellation à Minneapolis le 25 mai dernier. L'ancien quarterback de la NFL Colin Kaepernick a popularisé le geste de poser un genou à terre durant l'hymne américain pour protester contre l'injustice raciale. Plusieurs sportifs dans le monde ont reproduit ce geste ces dernières semaines, comme par exemple le défenseur du Torino Nicolas N'Koulou après son but contre Parme samedi lors du match de reprise de la Serie A. "C'est un changement" a déclaré Smith. "Ces athlètes sont en train de changer quelque chose en unissant leurs forces. Les gens le voient et comprennent le besoin de changement. Je soutiens très fort ces athlètes." La même compréhension n'existait pas en 1968. La carrière d'athlète de Smith s'est achevée à l'âge de 24 ans. "C'était tout ce que mon agenda comprenait à l'époque, l'éradication du racisme aux Etats-Unis. J'ai sacrifié mon avenir pour cela", a-t-il expliqué. "On ne peut pas le comparer à quoi que ce soit, personne n'avait jamais fait cela auparavant. Aux États-Unis, je n'avais pas de travail, j'ai perdu beaucoup d'amis. C'était très difficile pour moi." Malgré tous les problèmes, il croit qu'il a contribué à donner le coup d'envoi à quelque chose. "Mexico City était le début de la riposte pour les gens", a ajouté Smith, qui est ensuite devenu enseignant et a eu beaucoup de contacts avec d'autres athlètes protestant contre l'injustice raciale. "Cela a déjà changé en mieux. Le mouvement est maintenant tel qu'il est parce que de nombreuses personnes s'y impliquent. Les gens ont commencé à comprendre ce qui doit être changé."