Le cerveau des attentats de Paris et de Bruxelles a bénéficié d'une suite ininterrompue de décisions aberrantes. Oussama Atar aurait aujourd'hui 37 ans si "Abou Yassir al-Belgicki" n'était pas mort en "martyr".
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Le cerveau des attentats de Paris et de Bruxelles a bénéficié d'une suite ininterrompue de décisions aberrantes. Oussama Atar aurait aujourd'hui 37 ans si "Abou Yassir al-Belgicki" n'était pas mort en "martyr". Le député CDH Georges Dallemagne et le journaliste de La Libre Christophe Lamfalussy retracent le parcours du cerveau des attentats de Paris et de Bruxelles dans Le Clandestin de Daech . Il est né dans une famille marocaine de la place Willems, à Laeken, un biotope truffé d'antennes sociales, de petits trafiquants et d'anciens d'Afghanistan, le tout couronné par deux mosquées sous perfusion saoudienne.En 2001, il découvre la Syrie dans les valises du cheikh Ayachi Bassam (Molenbeek) et y retourne pour suivre une formation religieuse, avant de passer la frontière irakienne et de rallier Al-Qaeda. Il est arrêté par les Américains en 2005. C'est à Camp Bucca qu'il a fait la connaissance d'Abou Bakr al-Baghdadi, futur calife de l'Etat islamique. De retour au "pays de Cham", Oussama Atar deviendra à la fois l'émir des forces spéciales dans le califat et le commandant des opérations extérieures chargé des attentats internationaux. En 2012, la Belgique a tout fait pour le ramener au pays. La thèse de Georges Dallemagne et de Christophe Lamfalussy: la Sûreté de l'Etat espérait faire d'Atar un informateur ou, à défaut, un "pot de miel", un appât à djihadistes. Les Affaires étrangères lui prêtèrent main forte et le lobbying "des partis de gauche et de Louis Michel" fit le reste, avec la bénédiction des plus hautes autorités de l'Etat. La commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars 2016 n'a fait qu'effleurer cette question embarrassante. La famille Atar et les habituelles associations et députés bruxellois communautaires joignirent leurs suppliques à celles des diplomates.Convaincu de ses accointances terroristes, le parquet fédéral avait néanmoins ouvert une enquête en 2007. Mais alors que Oussama Atar ne pouvait pas quitter le pays dans l'attente d'un hypothétique procès, qu'il devait être surveillé par les services de renseignement et se manifester une fois par semaine à la police de son quartier, comme s'y étaient engagés les Belges à l'égard des Irakiens et des Américains, il obtient tranquillement un passeport et se rend en Tunisie, qui le chasse après avoir vu sa notice Interpol. Une semaine plus tard, fin octobre 2013, l'homme disparaissait de nouveau, direction la Syrie. Pendant son court intermède belge, il aura eu le temps de recruter des complices et ses redoutables cousins El Bakraoui, auxquels il a rendu une vingtaine de visites en prison.