Pourtant, beaucoup de dirigeants européens rechignent encore à nommer l'ennemi par son nom de peur de froisser une composante musulmane européenne inoffensive dans sa majorité et qui a le sentiment de payer pour les autres.

Mais comme disait l'ami Camus, mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.

Or, dans cette affaire, l'aspect religieux joue un rôle central. "À éviter de désigner la religion comme cause du terrorisme, on s'égare dans une multitude d'interprétations fumeuses, comme le colonialisme, l'humiliation arabo-musulmane, le réchauffement climatique, le conflit israélo-palestinien", pointe Pascal Bruckner (Le Figaro, 19 août 2017).

S'agenouiller ajoute à la confusion. "Le gouvernement catalan s'est illustré par une politique anti-israélienne très virulente et pro-arabe. Il y a quelques années, il s'était distingué en invoquant une offensive à Gaza pour annuler la cérémonie de commémoration de la journée internationale de l'Holocauste", rappelle Pascal Bruckner. Sans résultat.

Le maire de Barcelone, d'extrême gauche et ouvert aux migrants plus qu'aux touristes, n'a pas davantage protégé sa ville. Car, ajoute Bruckner, "ces radicaux nous attaquent avant tout pour ce que nous sommes et non pas pour ce que nous faisons".

Kamel Daoud, romancier algérien et bête noire des islamistes, cible, lui, l'Arabie saoudite comme notre plus mauvais allié, le royaume corrompu, gardien des Lieux saints, alimentant l'idéologie salafiste mondiale à coups de pétrodollars. "Daesh a une mère : l'invasion de l'Irak. Mais il a aussi un père : l'Arabie saoudite et son industrie idéologique. Si l'intervention occidentale a donné des raisons aux désespérés dans le monde arabe, le royaume saoudien leur a donné croyances et convictions. Si on ne comprend pas cela, on perd la guerre même si on gagne des batailles. On tuera des djihadistes mais ils renaîtront dans de prochaines générations, et nourris des mêmes livres."

Snobé tant par François Hollande que par Emmanuel Macron, un récent rapport d'expertise français, daté d'avril 2017, sur base d'interviews de détenus radicalisés, bat en brèche les idées reçues.

Il constate chez ces djihadistes "une véritable adoration de la science religieuse". Sans être des docteurs de la foi, "les acteurs djihadistes n'en sont pas moins de fervents croyants profondément investis des sourates et hadiths auxquels ils se réfèrent. L'idée que l'on aurait affaire à des incultes en religion est fausse."

Le même rapport conclut à l'absence de pathologie mentale. "Les djihadistes sont loin d'être des êtres de déraison. Ils adulent à l'inverse ce qu'ils appellent la "science" et vénèrent l'argument étayé et discuté qui est, selon eux, un impératif de l'islam. Beaucoup ont le baccalauréat, quelques-uns ont suivi des études supérieures". Ils lisent Hobbes, Arendt, Rousseau et... Zemmour.

La trajectoire délinquante, pas du tout systématique, "n'apparaît pas comme un sas nécessaire à la radicalisation." Contre une idée répandue de jeunes désoeuvrés se bricolant seuls devant leur écran une cause artificielle, le rapport défend l'idée que le djihadisme relève d'un parcours de vie nourris de voyages à l'étranger qui sont parfois déterminants dans le choix de la radicalité.

Alors qu'aucun ne se plaint d'avoir été à titre personnel discriminé, les djihadistes sont loin du loup solitaire. Enfin, "loin du portrait souvent avancé par la presse de jeunes décérébrés et ignorants des réalités politiques internationales, les personnes interrogées développent des connaissances rudimentaires mais suffisantes sur la scène internationale et sur les jeux d'alliance qu'ils lisent à travers leur boussole complotiste."

Les djihadistes ont donc bien un vrai dessein : provoquer le chaos en Europe pour mieux cueillir notre continent et, pour les djihadistes espagnols, rétablir El Andalus, la province rêvée qui concentrait la crème de la crème des savants musulmans et juifs, ces derniers pourtant enfermés dans la dhimmitude comme les Chrétiens...

Face aux 3.000 "revenants" attendus en Europe, il faudra donc autre chose que des bougies et des "tu n'auras pas ma haine" pour contrer la menace.

Or pour le moment, nos compatriotes semblent hébétés et incapables de réagir. Blasés ? Pour Julie et Mélissa, nous fûmes 350.000 personnes à nous mobiliser contre l'estompement de la norme.

Combien d'années encore devrons-nous aller au supermarché, au cinéma remplis d'appréhension ? Presqu'à chaque fois, on nous sort que les terroristes étaient fichés, connus des services de police.

Il est urgent de réaffirmer notre détermination non seulement face à cette guerre larvée que nous mène l'Islam radical mais aussi à l'attention de nos dirigeants, notre police, nos services secrets. Leur devoir est d'assurer notre protection. Si le prix de notre sécurité est de payer plus d'impôts, acceptons-en l'augure.

Pourtant, beaucoup de dirigeants européens rechignent encore à nommer l'ennemi par son nom de peur de froisser une composante musulmane européenne inoffensive dans sa majorité et qui a le sentiment de payer pour les autres. Mais comme disait l'ami Camus, mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.Or, dans cette affaire, l'aspect religieux joue un rôle central. "À éviter de désigner la religion comme cause du terrorisme, on s'égare dans une multitude d'interprétations fumeuses, comme le colonialisme, l'humiliation arabo-musulmane, le réchauffement climatique, le conflit israélo-palestinien", pointe Pascal Bruckner (Le Figaro, 19 août 2017).S'agenouiller ajoute à la confusion. "Le gouvernement catalan s'est illustré par une politique anti-israélienne très virulente et pro-arabe. Il y a quelques années, il s'était distingué en invoquant une offensive à Gaza pour annuler la cérémonie de commémoration de la journée internationale de l'Holocauste", rappelle Pascal Bruckner. Sans résultat. Le maire de Barcelone, d'extrême gauche et ouvert aux migrants plus qu'aux touristes, n'a pas davantage protégé sa ville. Car, ajoute Bruckner, "ces radicaux nous attaquent avant tout pour ce que nous sommes et non pas pour ce que nous faisons".Kamel Daoud, romancier algérien et bête noire des islamistes, cible, lui, l'Arabie saoudite comme notre plus mauvais allié, le royaume corrompu, gardien des Lieux saints, alimentant l'idéologie salafiste mondiale à coups de pétrodollars. "Daesh a une mère : l'invasion de l'Irak. Mais il a aussi un père : l'Arabie saoudite et son industrie idéologique. Si l'intervention occidentale a donné des raisons aux désespérés dans le monde arabe, le royaume saoudien leur a donné croyances et convictions. Si on ne comprend pas cela, on perd la guerre même si on gagne des batailles. On tuera des djihadistes mais ils renaîtront dans de prochaines générations, et nourris des mêmes livres."Snobé tant par François Hollande que par Emmanuel Macron, un récent rapport d'expertise français, daté d'avril 2017, sur base d'interviews de détenus radicalisés, bat en brèche les idées reçues. Il constate chez ces djihadistes "une véritable adoration de la science religieuse". Sans être des docteurs de la foi, "les acteurs djihadistes n'en sont pas moins de fervents croyants profondément investis des sourates et hadiths auxquels ils se réfèrent. L'idée que l'on aurait affaire à des incultes en religion est fausse." Le même rapport conclut à l'absence de pathologie mentale. "Les djihadistes sont loin d'être des êtres de déraison. Ils adulent à l'inverse ce qu'ils appellent la "science" et vénèrent l'argument étayé et discuté qui est, selon eux, un impératif de l'islam. Beaucoup ont le baccalauréat, quelques-uns ont suivi des études supérieures". Ils lisent Hobbes, Arendt, Rousseau et... Zemmour. La trajectoire délinquante, pas du tout systématique, "n'apparaît pas comme un sas nécessaire à la radicalisation." Contre une idée répandue de jeunes désoeuvrés se bricolant seuls devant leur écran une cause artificielle, le rapport défend l'idée que le djihadisme relève d'un parcours de vie nourris de voyages à l'étranger qui sont parfois déterminants dans le choix de la radicalité. Alors qu'aucun ne se plaint d'avoir été à titre personnel discriminé, les djihadistes sont loin du loup solitaire. Enfin, "loin du portrait souvent avancé par la presse de jeunes décérébrés et ignorants des réalités politiques internationales, les personnes interrogées développent des connaissances rudimentaires mais suffisantes sur la scène internationale et sur les jeux d'alliance qu'ils lisent à travers leur boussole complotiste."Les djihadistes ont donc bien un vrai dessein : provoquer le chaos en Europe pour mieux cueillir notre continent et, pour les djihadistes espagnols, rétablir El Andalus, la province rêvée qui concentrait la crème de la crème des savants musulmans et juifs, ces derniers pourtant enfermés dans la dhimmitude comme les Chrétiens... Face aux 3.000 "revenants" attendus en Europe, il faudra donc autre chose que des bougies et des "tu n'auras pas ma haine" pour contrer la menace.Or pour le moment, nos compatriotes semblent hébétés et incapables de réagir. Blasés ? Pour Julie et Mélissa, nous fûmes 350.000 personnes à nous mobiliser contre l'estompement de la norme.Combien d'années encore devrons-nous aller au supermarché, au cinéma remplis d'appréhension ? Presqu'à chaque fois, on nous sort que les terroristes étaient fichés, connus des services de police. Il est urgent de réaffirmer notre détermination non seulement face à cette guerre larvée que nous mène l'Islam radical mais aussi à l'attention de nos dirigeants, notre police, nos services secrets. Leur devoir est d'assurer notre protection. Si le prix de notre sécurité est de payer plus d'impôts, acceptons-en l'augure.