La première audience n'a duré qu'une heure car la salle n'a pu accueillir les 191 avocats de la défense. La cour spéciale formée de trois juges a fixé au 11 août la prochaine audience.

L'ex-autocrate âgé de 76 ans et 27 autres accusés risquent la peine de mort pour avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Sadek al-Mahdi il y a 31 ans.

Parmi eux figurent des militaires et des civils, qui étaient regroupés dans des cages, ainsi que les anciens vice-présidents Ali Osman Taha et le général Bakri Hassan Saleh. La majorité des détenus portaient l'habit blanc traditionnel et une coiffe de la même couleur.

"La salle du tribunal n'est pas assez grande pour accueillir tous les avocats de la défense qui sont 191", a déclaré le président de la cour spéciale, qui a décidé d'ajourner la séance au 11 août pour "permettre l'accueil de tous les avocats".

"Cette cour va écouter chacun d'entre eux et nous allons donner à chacun des 28 accusés la possibilité de se défendre", a-t-il ajouté en début de séance. Sur une banderole au-dessus des juges figure une sourate du Coran "Si vous jugez les gens faites-le avec justice".

Les juges vont mener ce procès inédit dans le monde arabe, où jamais l'auteur d'un putsch réussi n'avait été jugé dans l'histoire récente.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui avait renversé la monarchie en 1969 a été tué en août 2011, tandis que le despote irakien Saddam Hussein et l'autocrate égyptien Hosni Moubarak ont été jugés pour d'autres motifs. Quant à l'ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, il s'était enfui en 2011 en Arabie saoudite.

Visage caché

Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pour éviter tout incident. Les familles des accusés, venues en nombre, ont crié à l'arrivé des fourgons cellulaires "Allah Akhbar".

Omar el-Béchir, en pantalon et chemise beige, portait un masque et des gants et s'est caché le visage devant les photographes. Il n'a fait aucune déclaration.

Des parents des accusés ont aussi regretté de ne pas avoir été admis au sein du tribunal.

"Ils n'ont pas autorisé la majorité des familles d'assister au procès bien que nous ayons présenté nos requêtes il y a trois jours", a déclaré à l'AFP Mohammad Nafaa, le fils d'un ancien ministre de l'agriculture.

Décédé en 2016, l'islamiste Hassan Tourabi, qui a longtemps été le mentor de M. Béchir, est le grand absent de ce procès.

Le 30 juin 1989 au petit matin, la radio annonçait le coup d'État au Soudan. L'armée fermait l'aéroport, procédait à l'arrestation des principaux dirigeants politiques et suspendait les institutions, notamment le Parlement.

Le colonel Béchir, devenu ensuite général, est resté au pouvoir pendant 30 ans. Son procès intervient alors que le gouvernement de transition du Soudan a lancé une série de réformes institutionnelles et économiques.

Le Soudan s'est également engagé à livrer M. Béchir à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'il soit jugé pour crimes de guerre et génocide dans le cadre du conflit au Darfour en 2003-2004, qui a fait 300.000 morts et des millions de déplacés.

En décembre 2019, M. Béchir avait été condamné une première fois à deux ans de détention dans un centre correctionnel pour personnes âgées, dans une affaire de fonds perçus auprès du prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.

Le pays a connu trois coups d'État depuis son indépendance en 1956, celui du général Ibrahim Abboud (1959-1964) puis celui de mai 1969 mené par le colonel Gaafar Mohammad Nimeiri, au pouvoir jusqu'en 1985, et enfin le coup d'État d'Omar el-Béchir.

"Ce procès sera un avertissement à toute personne qui essaiera de détruire le système constitutionnel et sera jugée pour ce crime. Cela sauvegardera la démocratie soudanaise. Nous espérons ainsi clore l'ère des putschs au Soudan", a affirmé Moaz Hadra, un des avocats à l'origine de la procédure contre le dictateur déchu.

Pour Me Hachem al-Gali, qui défend les prévenus, "il s'agit d'un procès politique qui se cache derrière la loi. Ce procès va se dérouler dans un environnement hostile de la part du système judiciaire envers les accusés et nous pourrons le prouver", a-t-il dit.

La première audience n'a duré qu'une heure car la salle n'a pu accueillir les 191 avocats de la défense. La cour spéciale formée de trois juges a fixé au 11 août la prochaine audience. L'ex-autocrate âgé de 76 ans et 27 autres accusés risquent la peine de mort pour avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Sadek al-Mahdi il y a 31 ans.Parmi eux figurent des militaires et des civils, qui étaient regroupés dans des cages, ainsi que les anciens vice-présidents Ali Osman Taha et le général Bakri Hassan Saleh. La majorité des détenus portaient l'habit blanc traditionnel et une coiffe de la même couleur."La salle du tribunal n'est pas assez grande pour accueillir tous les avocats de la défense qui sont 191", a déclaré le président de la cour spéciale, qui a décidé d'ajourner la séance au 11 août pour "permettre l'accueil de tous les avocats"."Cette cour va écouter chacun d'entre eux et nous allons donner à chacun des 28 accusés la possibilité de se défendre", a-t-il ajouté en début de séance. Sur une banderole au-dessus des juges figure une sourate du Coran "Si vous jugez les gens faites-le avec justice".Les juges vont mener ce procès inédit dans le monde arabe, où jamais l'auteur d'un putsch réussi n'avait été jugé dans l'histoire récente.Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui avait renversé la monarchie en 1969 a été tué en août 2011, tandis que le despote irakien Saddam Hussein et l'autocrate égyptien Hosni Moubarak ont été jugés pour d'autres motifs. Quant à l'ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, il s'était enfui en 2011 en Arabie saoudite.Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pour éviter tout incident. Les familles des accusés, venues en nombre, ont crié à l'arrivé des fourgons cellulaires "Allah Akhbar".Omar el-Béchir, en pantalon et chemise beige, portait un masque et des gants et s'est caché le visage devant les photographes. Il n'a fait aucune déclaration.Des parents des accusés ont aussi regretté de ne pas avoir été admis au sein du tribunal. "Ils n'ont pas autorisé la majorité des familles d'assister au procès bien que nous ayons présenté nos requêtes il y a trois jours", a déclaré à l'AFP Mohammad Nafaa, le fils d'un ancien ministre de l'agriculture.Décédé en 2016, l'islamiste Hassan Tourabi, qui a longtemps été le mentor de M. Béchir, est le grand absent de ce procès.Le 30 juin 1989 au petit matin, la radio annonçait le coup d'État au Soudan. L'armée fermait l'aéroport, procédait à l'arrestation des principaux dirigeants politiques et suspendait les institutions, notamment le Parlement.Le colonel Béchir, devenu ensuite général, est resté au pouvoir pendant 30 ans. Son procès intervient alors que le gouvernement de transition du Soudan a lancé une série de réformes institutionnelles et économiques.Le Soudan s'est également engagé à livrer M. Béchir à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'il soit jugé pour crimes de guerre et génocide dans le cadre du conflit au Darfour en 2003-2004, qui a fait 300.000 morts et des millions de déplacés.En décembre 2019, M. Béchir avait été condamné une première fois à deux ans de détention dans un centre correctionnel pour personnes âgées, dans une affaire de fonds perçus auprès du prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.Le pays a connu trois coups d'État depuis son indépendance en 1956, celui du général Ibrahim Abboud (1959-1964) puis celui de mai 1969 mené par le colonel Gaafar Mohammad Nimeiri, au pouvoir jusqu'en 1985, et enfin le coup d'État d'Omar el-Béchir."Ce procès sera un avertissement à toute personne qui essaiera de détruire le système constitutionnel et sera jugée pour ce crime. Cela sauvegardera la démocratie soudanaise. Nous espérons ainsi clore l'ère des putschs au Soudan", a affirmé Moaz Hadra, un des avocats à l'origine de la procédure contre le dictateur déchu.Pour Me Hachem al-Gali, qui défend les prévenus, "il s'agit d'un procès politique qui se cache derrière la loi. Ce procès va se dérouler dans un environnement hostile de la part du système judiciaire envers les accusés et nous pourrons le prouver", a-t-il dit.