C'était il y a près de quatre ans. Dans leur Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes (1), les chercheurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens jetaient un obus dans la mare de nos certitudes déjà un brin réchauffées : l'effondrement de la société industrielle, nourrie de pétrole et de gaz, est inéluctable, lançaient-ils. Ce ne sera pas la fin du monde, mais la fin d'un monde, bouleversé dans ses fondements énergétique, climatique, économique, politique, social et culturel. " Selon les scientifiques, les civilisations qui se sont jadis effondrées, comme celle des Romains par exemple, présentaient toujours deux points communs : un excès de confiance en elles et la conviction qu'elles auraient la capacité de relever tous les défis, ce qui les autorisait à ignorer les nombreux signes de faiblesse ", commentait à l'époque Pablo Servigne, ingénieur agronome et docteur en biologie. On en est là.
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