"Nous savons qu'au Conseil européen, malheureusement, nous n'aurons pas de solution complète sur cette question", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à son arrivée à cette réunion de travail boudée par certains Etats membres, dont ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque).

En l'absence de solution globale, Mme Merkel pense que des accord bilatéraux ou trilatéraux peuvent être conclus entre des Etats souhaitant s'aider, sans toujours devoir attendre un consensus des 28, a-t-elle expliqué.

Une analyse visiblement partagée par le président français, Emmanuel Macron, d'après lequel une solution européenne "se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres, que ce soit à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble".

Si aucune décision formelle n'est attendue ce dimanche, les seize participants pourront toutefois se pencher sur plusieurs propositions avancées au cours des derniers jours.

Pour résoudre cette crise politique sur la question de la migration, la France, l'Espagne et l'Allemagne suggèrent notamment de créer des "centres fermés sur le sol européen", dotés de "moyens européens", où les migrants attendraient l'examen de leur cas.

Tant la chancelière Merkel que le président Macron auront toutefois fort à faire pour convaincre leur homologue italien, Giuseppe Conte, à la tête d'un gouvernement rassemblant des formations populiste et d'extrême droite, d'accepter leur proposition.

"Si l'arrogance française pense transformer l'Italie en camp de réfugiés pour toute l'Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement", a d'ailleurs lancé samedi le ministre italien d'extrême droite, Matteo Salvini.

L'Italie veut "un changement radical" de la politique européenne en matière de migration, a insisté dimanche M. Conte. Le Règlement de Dublin, en vertu duquel les migrants doivent introduire leur demande d'asile dans leur pays de première entrée, devrait être abandonné, a-t-il estimé, en affirmant que Rome allait proposer sa "stratégie sur la migration", sans en donner les détails.

A côté de l'option avancée par Paris, Berlin et Madrid sur la question migratoire, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui plaidé dans la semaine pour la mise en place de "plateformes régionales de débarquement" hors de l'UE pour distinguer les migrants économiques et ceux qui peuvent prétendre à l'asile.

De l'avis du Premier ministre belge, Charles Michel, la réunion de dimanche devra permettre d'examiner "les modalités" de ces différentes propositions et d'analyser leur conformité au regard du droit international.

Au sein de son exécutif fédéral, la N-VA s'est déjà exprimée favorable à l'idée avancée par M. Tusk, tandis que les autres partis semblent ne pas encore avoir arrêté leur position.

Pour la Belgique, le contrôle strict des frontières extérieures de l'UE et une réforme du règlement de Dublin, conjuguant "solidarité et responsabilité", restent également cruciaux.

(Belga - AFP)

La France "n'a de leçons à recevoir de personne"

Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la France "n'a de leçons à recevoir de personne" sur le dossier des migrants car elle est "le deuxième pays d'accueil des demandeurs d'asile cette année", en réplique aux critiques de Rome sur la position française.

"N'oublions jamais nos valeurs, je serai intraitable sur ce point", a ajouté le président français, en arrivant au mini-sommet européen sur la question migratoire qui déchire l'Union.

"Nous avons des valeurs, c'est ce qui nous a fait. Chaque fois que nous les avons trahies nous avons créé le pire", a-t-il martelé. "C'est le respect des droits de l'homme, de l'individu, des autres Etats et de leur intégrité et cette solidarité qui nous lie".

Les dirigeants italiens se sont indignés des déclarations du président français, vendredi, selon lesquelles l'Italie "ne vit pas une crise migratoire mais une crise politique" alimentée par "des extrêmes qui jouent sur les peurs".

Paris a aussi fait valoir que depuis le début de l'année la France a reçu davantage de demandes d'asile que l'Italie et dénoncé l'esprit de "manipulation et d'hypersimplication".

"650.000 débarquements en 4 ans, 430.000 demandes, 170.000 présumés réfugiés", lui a répliqué le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini.

"Si pour l'arrogant président Macron cela n'est pas un problème, nous l'invitons à cesser ses insultes et à prouver sa générosité par les faits en ouvrant les nombreux ports français et en cessant de refouler hommes, femmes et enfants à Vintimille", à la frontière franco-italienne".

"Nous savons qu'au Conseil européen, malheureusement, nous n'aurons pas de solution complète sur cette question", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à son arrivée à cette réunion de travail boudée par certains Etats membres, dont ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque). En l'absence de solution globale, Mme Merkel pense que des accord bilatéraux ou trilatéraux peuvent être conclus entre des Etats souhaitant s'aider, sans toujours devoir attendre un consensus des 28, a-t-elle expliqué. Une analyse visiblement partagée par le président français, Emmanuel Macron, d'après lequel une solution européenne "se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres, que ce soit à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble". Si aucune décision formelle n'est attendue ce dimanche, les seize participants pourront toutefois se pencher sur plusieurs propositions avancées au cours des derniers jours. Pour résoudre cette crise politique sur la question de la migration, la France, l'Espagne et l'Allemagne suggèrent notamment de créer des "centres fermés sur le sol européen", dotés de "moyens européens", où les migrants attendraient l'examen de leur cas. Tant la chancelière Merkel que le président Macron auront toutefois fort à faire pour convaincre leur homologue italien, Giuseppe Conte, à la tête d'un gouvernement rassemblant des formations populiste et d'extrême droite, d'accepter leur proposition. "Si l'arrogance française pense transformer l'Italie en camp de réfugiés pour toute l'Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement", a d'ailleurs lancé samedi le ministre italien d'extrême droite, Matteo Salvini. L'Italie veut "un changement radical" de la politique européenne en matière de migration, a insisté dimanche M. Conte. Le Règlement de Dublin, en vertu duquel les migrants doivent introduire leur demande d'asile dans leur pays de première entrée, devrait être abandonné, a-t-il estimé, en affirmant que Rome allait proposer sa "stratégie sur la migration", sans en donner les détails. A côté de l'option avancée par Paris, Berlin et Madrid sur la question migratoire, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui plaidé dans la semaine pour la mise en place de "plateformes régionales de débarquement" hors de l'UE pour distinguer les migrants économiques et ceux qui peuvent prétendre à l'asile. De l'avis du Premier ministre belge, Charles Michel, la réunion de dimanche devra permettre d'examiner "les modalités" de ces différentes propositions et d'analyser leur conformité au regard du droit international. Au sein de son exécutif fédéral, la N-VA s'est déjà exprimée favorable à l'idée avancée par M. Tusk, tandis que les autres partis semblent ne pas encore avoir arrêté leur position. Pour la Belgique, le contrôle strict des frontières extérieures de l'UE et une réforme du règlement de Dublin, conjuguant "solidarité et responsabilité", restent également cruciaux. (Belga - AFP)