C'est la " remontada " version Bachar al-Assad. Après avoir perdu des pans entiers de territoire au profit des rebelles, les forces qui sont fidèles au président syrien, appuyées par l'aviation russe, ont progressivement récupéré le terrain perdu. Après Homs, Alep, la région de Damas et celle de Deraa (accompagnée de la réouverture de la frontière jordanienne), il ne reste plus - si l'on ne tient pas compte des zones kurdes, laissées tranquilles - que la province d'Idli...

C'est la " remontada " version Bachar al-Assad. Après avoir perdu des pans entiers de territoire au profit des rebelles, les forces qui sont fidèles au président syrien, appuyées par l'aviation russe, ont progressivement récupéré le terrain perdu. Après Homs, Alep, la région de Damas et celle de Deraa (accompagnée de la réouverture de la frontière jordanienne), il ne reste plus - si l'on ne tient pas compte des zones kurdes, laissées tranquilles - que la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, qui échappe à son emprise. C'est là qu'ont convergé les rebelles évincés de leurs autres places fortes. Au nord se trouvent les djihadistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), le nouveau nom du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaeda, et au sud, les islamistes du Front national de libération (Jabat Tahrir al-Watani), une coalition cornaquée par la Turquie et qui regroupe les opposants à HTS, dont des restes de l'Armée syrienne libre. Accompagnés de leurs familles, ils ont fait gonfler la population de la province à 2,5 millions d'habitants. Assaut imminent ? C'est ce qu'on pensait, avec, à la clé, un nouveau déferlement de réfugiés en Turquie, qui le redoutait par-dessus tout. Finalement, dans cette immense guerre par procuration, où interviennent également l'Iran et Israël, un accord négocié entre Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan a permis d'instaurer une zone démilitarisée de 15 à 20 kilomètres de largeur, contrôlée par les forces turques et la police militaire russe. Il prévoyait aussi " le retrait des extrémistes ". Rien n'a évolué sur ce point : en novembre, à Kafranbel (au sud d'Idlib), un commando djihadiste a tué Raed Fares, un activiste démocrate de renom, très actif dans les médias. Les institutions syriennes sont encore loin d'avoir été restaurées dans la province " avant la fin de l'année ", comme le stipulait également l'accord. L'objectif de Damas est aussi de nettoyer la périphérie ouest d'Alep, où résistent encore des poches de djihadistes. Ceux-ci auraient lancé une attaque chimique en novembre (qualifiée de fake news par Washington), qui a été aussitôt suivi par des bombardements russes en représailles. L'objectif prioritaire des Européens est aujourd'hui d'éviter un nouveau flot de demandeurs d'asile, ce qui ne ferait que polariser encore plus les citoyens à six mois des élections européennes.