Quand on dit " proche ", tout est relatif. L'étoile voisine directe de notre Soleil en est tout de même éloignée de 4,37 années- lumière. Quant aux voiliers interstellaires, truffés d'électronique miniaturisée, ils ne pèseront pas plus d'un gramme. A bord de cette sonde de la taille d'un timbre-poste, les passagers seront personæ non gratæ.
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Quand on dit " proche ", tout est relatif. L'étoile voisine directe de notre Soleil en est tout de même éloignée de 4,37 années- lumière. Quant aux voiliers interstellaires, truffés d'électronique miniaturisée, ils ne pèseront pas plus d'un gramme. A bord de cette sonde de la taille d'un timbre-poste, les passagers seront personæ non gratæ. L'univers est si grand et l'espérance de vie des hommes si courte. Pour explorer le premier, les seconds ont besoin de vitesse. Et quelle est la chose qui va le plus vite ? La lumière, pardi ! Surfant sur cette connaissance, la microsonde imaginée par Milner et Hawking serait propulsée par des faisceaux de lumière émis par un vaste champ de dizaines de lasers situés sur Terre. S'engouffrant dans sa voile à la fois ultralégère (pas plus de quelques grammes) et géante (3 mètres d'envergure), les rayons seraient suffisamment puissants (100 milliards de watts) pour lui faire franchir un million de kilomètres en deux minutes. Soit une célérité inédite d'un cinquième de la vitesse de la lumière (quelque 60 000 000 m/s), c'est-à-dire plus de 1 000 fois plus élevée que celle des sondes spatiales actuelles. De quoi atteindre Alpha du Centaure en à peine vingt ans. Et donc de rendre le voyage interstellaire possible à l'échelle de la vie humaine. Idée loufoque d'un scientifique en mal d'aventure ? " C'est un projet fou, mais pas impossible ! estime l'astrophysicien Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au Centre national français d'études spatiales (CNES). L'idée d'une propulsion laser avait déjà été proposée il y a plus de dix ans par le Jet propulsion laboratory (JPL) de la Nasa. " La réalisation du prototype de Hawking prendra encore quelques années. Pourquoi ne pas utiliser les photons émis par le soleil pour pousser la voile, à l'instar du mode de propulsion utilisé par la sonde Ikaros, lancée en 2010 par l'agence spatiale japonaise et désormais en orbite autour du soleil ? Simplement parce que plus on s'éloigne de notre étoile, plus l'énergie solaire diminue. Cela rend impossible l'acquisition des grandes vitesses requises pour un voyage interstellaire à l'échelle de quelques dizaines d'années. A noter : c'est un véritable escadron de ces minisondes que Hawking et Milner projettent d'envoyer vers Alpha du Centaure. Et ce, dans l'espoir qu'une partie d'entre elles atteignent leur cible en étant toujours en état de fonctionner. Un projet semblant sorti tout droit de l'imagination de Jules Verne. Par Laetitia Theunis.