L'ambassadeur russe à Washington Sergey Kislyak reste en général planqué dans l'imposante ambassade en marbre blanc et n'est que très rarement sous le feu des projecteurs. Mais il se retrouve bien malgré lui au coeur des polémiques sur les relations USA-Russie, qui ont déjà fait tomber un allié de Trump et menacent un autre.
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L'ambassadeur russe à Washington Sergey Kislyak reste en général planqué dans l'imposante ambassade en marbre blanc et n'est que très rarement sous le feu des projecteurs. Mais il se retrouve bien malgré lui au coeur des polémiques sur les relations USA-Russie, qui ont déjà fait tomber un allié de Trump et menacent un autre.En effet, les conversations entre l'ambassadeur et le conseiller national à la sécurité Michael Flynn ont contraint ce dernier à présenter sa démission le 13 février dernier. La raison : avoir donné un compte rendu trompeur sur ses contacts avec l'ambassadeur en question. L'ambassadeur russe avait effectivement été en contact l'an passé avec Michael Flynn, notamment par téléphone le 29 décembre lorsque le président américain d'alors, Barack Obama, avait pris des sanctions contre Moscou et expulsé 35 diplomates et espions russes. L'administration Obama prenait alors des mesures de représailles à l'interférence supposée de Moscou dans la présidentielle américaine.C'est à présent à Jeff Sessions, ministre de la Justice, d'être dans la tourmente après avoir eu des relations directes avec Kislyak durant la campagne présidentielle. Jeff Sessions a d'ailleurs reconnu avoir rencontré l'ambassadeur de Russie à deux reprises l'année dernière, ce qui semblerait contredire ce qu'il avait affirmé sous serment devant une commission parlementaire. Sessions est soutenu par Donald Trump, qui qualifie de "chasse aux sorcières" les appels à la démission de son ministre. Le Kremlin a pour sa part assuré qu'il n'était pas au courant de rendez-vous entre Sessions et Kislyak, soulignant néanmoins que son travail était d'avoir "le plus de rencontres possible". Les membres de l'équipe Trump semblent donc "oublier" leurs contacts avec l'ambassadeur, ce qui lui a valu d'être nommé par le Washington Post "l'homme le moins mémorable du monde ". Mais qui est réellement celui dont la présence semble semer le trouble dans l'équipe de Donald Trump ? Sergey Kisklyak (66 ans), ingénieur de formation, représente la Russie à Washington en tant que diplomate depuis 2008. On dit de lui qu'il est un "pur produit des Affaires étrangères soviétiques" où il était entré dans les années 1970. L'homme est loin d'être un novice. Il a commencé sa carrière au siège des Nations Unies à New York, pour partir ensuite à l'ambassade d'URSS à Washington dans les années 80. Il connaît par ailleurs très bien les Etats-Unis et parle parfaitement anglais. Aujourd'hui sous le feu des projecteurs, il est pourtant un homme discret, préférant les coulisses politiques à l'avant de la scène, et fuyant les mondanités et les médias comme la peste. Une des dernières fois où il a convoqué la presse, c'était le 8 février 2016, il y a plus d'un an. Il souhaitait faire comprendre que la Russie ne voyait pas d'un bon oeil la prudence de l'administration Obama sur une éventuelle intervention en Syrie. Il regrette que les relations entre les deux pays soient "difficiles", mais est convaincu que la Guerre froide "version années 80" ne recommencera pas. Selon CNN, certains responsables (anciens et actuels) des renseignements américains l'auraient décrit comme un "haut espion et recruteur d'espions", allégations que des responsables russes se sont empressés de démentir.