Contre toutes les résolutions des Nations-Unies, et malgré les menaces des États-Unis de répondre militairement, la Corée du Nord a effectué un nouveau test de missile (raté), du moins d'après la Corée du Sud et les États-Unis. Quelques jours plus tôt, le pays avait testé un nouveau moteur-fusée. La semaine dernière, le ministre américain des Affaires étrangères, Rex Tillerson, a déclaré lors d'une visite à Séoul que "la patience stratégique" vis-à-vis de la Corée du Nord est à bout et que "toutes les options, y compris militaires" sont sur la table. Des menaces que le régime de Pyongyang ignore sans broncher.
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Contre toutes les résolutions des Nations-Unies, et malgré les menaces des États-Unis de répondre militairement, la Corée du Nord a effectué un nouveau test de missile (raté), du moins d'après la Corée du Sud et les États-Unis. Quelques jours plus tôt, le pays avait testé un nouveau moteur-fusée. La semaine dernière, le ministre américain des Affaires étrangères, Rex Tillerson, a déclaré lors d'une visite à Séoul que "la patience stratégique" vis-à-vis de la Corée du Nord est à bout et que "toutes les options, y compris militaires" sont sur la table. Des menaces que le régime de Pyongyang ignore sans broncher."Le commandement nord-coréen éprouve en permanence le besoin de prouver qu'il est capable de se défendre", explique Koen De Ceuster. "Il ne se laisse pas intimider et refuse d'être menacé. Il suit son cap, inspiré par une analyse de ce qu'il considère lui-même comme une menace. En d'autres termes, il existe un cadre à l'intérieur duquel opère la Corée du Nord. Contrairement à ce qu'on suggère souvent, la Corée du Nord n'agit pas du tout de façon irrationnelle". L'activité militaire renforcée de ces derniers temps est due aux exercices militaires pratiqués par la Corée du Sud et les États-Unis en Corée du Sud. "Ces exercices ont lieu chaque année, et chaque année la Corée du Nord est furieuse parce qu'elle voit ces exercices comme une menace. Les États-Unis mobilisent des armes lourdes et de nombreuses troupes et ces exercices durent plus de deux mois, en mars et en avril. Cette année, il est frappant qu'il y ait des troupes spéciales (SEAL) dont le but est d'infiltrer et d'éliminer des cibles spécifiques (des personnes). Le message est clair et il est logique qu'il ne soit pas acclamé par Pyongyang."À plus long terme, il y a les sanctions des Nations-Unies que l'état nord-coréen voit comme une tentative non militaire pour faire plier le régime. Pyongyang y voit une continuité qui date de l'ancien président des États-Unis George W. Bush et des néo-conservateurs et de leurs projets pour un changement de régime. En bref, la Corée du Nord est persuadée que seule une défense solide permet au régime de se maintenir."De Ceuster note aussi que Kim Jong-un poursuit dans la lignée de son père décédé. "En Corée du Nord, son dynamisme dans la poursuite du développement de missiles lui réussit. Avec l'amélioration du niveau de vie de la population, c'est une partie de son double objectif politique."Cocktail dangereux La crainte d'une escalade armée du conflit est-elle fondée ? À cet égard, De Geester estime que l'inexpérience et l'imprévisibilité de l'administration Trump sont les plus grands facteurs à risque. Trump a fait de l'imprévisibilité sa marque de fabrique. "Ajoutez à ça que la Maison-Blanche abrite des personnages tels que Steve Bannon, quelqu'un de convaincu de l'imminence d'un conflit, et qu'ils se moquent de l'avis des diplomates. Nous avons affaire à un cocktail dangereux."Tigre de papier De Ceuster estime qu'il ne faut ni sous-estimer, ni surestimer la menace de la Corée du Nord. "Pour l'instant, il s'agit de tests. Il est clair que la Corée du Nord modernise sa technologie militaire. Elle rattrape le retard de ses principaux assaillants. Tout n'est pas encore opérationnel, et certainement pas son missile balistique intercontinental.""Même si l'ambassadeur nord-coréen à Genève parle de développer une "pre-emptive first strike capability" (la possibilité de frapper en premier) il répète uniquement ce que Washington agite depuis des années. C'est un geste rhétorique - ce qui ne signifie pas qu'il ne doit pas être pris au sérieux. Cependant, sur le plan militaire, la Corée du Nord reste évidemment un tigre de papier comparé au pouvoir militaire de la Corée du Sud , des États-Unis et du Japon."