Quel a bien pu être son parcours de vie, à Julie Graziani, chroniqueuse sur LCI (et éditorialiste du magazine très à droite L'Incorrect, et chrétienne traditionaliste, et militante anti-IVG et euthanasie...) ? - c'est elle qui a bazardé ces énormités patriarcales à la télé. A-t-elle bien travaillé l'égalité homme-femme à l'école ? A-t-elle suivi des études de genre ? Pas plus, apparemment, qu'un cursus d'anthropologie, elle qui balançait en 2017 sur Arte qu'avorter d'un foetus trisomique, c'était " totalement " de la discrimination, parce que " ça vous viendrait à l'idée d'avorter d'un bébé parce qu'il est Noir ? " L'accumulation de boulets, elle connaît. Tellement qu'elle a d'ailleurs fini par se faire virer.
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Quel a bien pu être son parcours de vie, à Julie Graziani, chroniqueuse sur LCI (et éditorialiste du magazine très à droite L'Incorrect, et chrétienne traditionaliste, et militante anti-IVG et euthanasie...) ? - c'est elle qui a bazardé ces énormités patriarcales à la télé. A-t-elle bien travaillé l'égalité homme-femme à l'école ? A-t-elle suivi des études de genre ? Pas plus, apparemment, qu'un cursus d'anthropologie, elle qui balançait en 2017 sur Arte qu'avorter d'un foetus trisomique, c'était " totalement " de la discrimination, parce que " ça vous viendrait à l'idée d'avorter d'un bébé parce qu'il est Noir ? " L'accumulation de boulets, elle connaît. Tellement qu'elle a d'ailleurs fini par se faire virer. Fallait voir la tête de la députée européenne Aurore Lalucq. C'est du reste la seule qui s'est indignée. Pujadas, les autres hommes sur le plateau, pas un n'a moufté face à tant de dédain, de mépris et de machisme intégré. Pas la peine de sourciller. Elle a raison, au fond, la Graziani. Il faut les écouter, ces femmes, confier à leurs copines qui viennent de quitter leur homme (et qui peuvent se permettre de conserver la baraque) : " Je t'envie ! Si je pouvais, je ferais pareil. Mais il y a la maison/les enfants/mon mi-temps... " Tracasse qu'avec un bon salaire, gosse ou pas gosse, certaines se barreraient vite fait. La n?c?ssit? transcende parfois l'amour." Tu as fait le mauvais choix de mec, t'assumes ", clamait Madame Boulet sur Twitter pour justifier son envolée télévisée. Justement. Il y en a qui assument leur indépendance affective, quitte à devenir financièrement précaires. Epoque sandwich, pour les femmes actuelles. Coincées entre le modèle de leurs (grands) mamans, pour qui le confort matériel s'échangeait contre une maison bien tenue et des enfants à éduquer. Et celui de leurs (futures) filles, pour qui ce confort matériel s'acquiert. Seules. En étudiant : elles sont désormais plus diplômées dans les hautes écoles et les universités. En travaillant : la carrière de mère au foyer ne fait plus vraiment tripper. Mais toujours en tenant bien la maison et en éduquant les enfants. Quelle feinte, qu'elles sont davantage précarisées ! Compte dessus pour que ça change, tant que les tâches domestiques ne seront pas réellement partagées. La charge mentale, tout ça, tout ça. Tant que les mi-temps seront majoritairement féminins (pour 43,5 % des travailleuses, contre 11 % des travailleurs). Tant que l'écart salarial restera de 15 %. Et qu'à chaque 5 novembre, les femmes commenceront à trimer gratos jusqu'à la fin de l'année. Tant qu'un employeur lancera encore, au moment d'engager : " Pas une kiné, en tout cas, sinon dans six mois elle tombera enceinte ! " (entendu dans une maison médicale liégeoise).Tant que les congés de paternité et de maternité ne seront pas égaux. Et que ceux qui les prennent en profitent pour se remettre au jogging ou carreler la terrasse (histoires vraies). Juste des faits. Pas des complaintes. Il y en a (aura) de toute façon de moins en moins, des raisons de se plaindre. Le taux de dépendance financière des femmes est aujourd'hui quatre fois moins élevé qu'il y a dix ans par rapport à celui des hommes (même s'il représente toujours 27 %). Sur la même période, les revenus moyens des Wallonnes par rapport aux Wallons ont progressé de 9 %. " Les rapports homme-femme ont tellement changé, confiait récemment un célibataire quelque peu dépité. Il faut bien se rendre compte que vous n'avez plus autant besoin de nous qu'auparavant. C'est déstabilisant. " Epoque sandwich, donc. Entre smicardes qui ont l'audace de se séparer et aisées qui ne conçoivent pas qu'on puisse songer à divorcer. Financière ou intellectuelle, chacune sa précarité.