Le procureur spécial Mueller accuse Michael Flynn d'avoir sciemment fait de fausses déclarations en janvier au FBI au sujet d'une rencontre avec l'ambassadeur russe, Sergueï Kisliak. Cette réunion a eu lieu de 29 décembre 2016, après l'élection de Donald Trump mais avant sa prestation de serment. Ils y auraient discuté des sanctions américaines envers Moscou.
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Le procureur spécial Mueller accuse Michael Flynn d'avoir sciemment fait de fausses déclarations en janvier au FBI au sujet d'une rencontre avec l'ambassadeur russe, Sergueï Kisliak. Cette réunion a eu lieu de 29 décembre 2016, après l'élection de Donald Trump mais avant sa prestation de serment. Ils y auraient discuté des sanctions américaines envers Moscou. Flynn (58 ans) est le premier (ex-)membre du gouvernement Trump et la quatrième personne de son équipe de campagne à être inculpé par Mueller dans le cadre de l'enquête sur les collusions présumées avec la Russie lors de l'élection présidentielle. Il y quelques semaines, l'ancien directeur de campagne de Trump, Paul Manafort, et son adjoint Rick Gates ont été accusés de conspiration, blanchiment d'argent et violation des règles sur le lobbying. Ils clament leur innocence. Ancien conseiller de campagne pour la politique étrangère, George Papadopoulos a plaidé coupable pour une fausse déclaration au FBI au sujet de contacts avec des fonctionnaires en lien avec la Russie. Flynn a "entravé" l'enquête sur la "collusion" présumée entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie, selon les accusations portées par le procureur spécial Robert Mueller pour qui ses "omissions" et ses "fausses déclarations" ont eu des "conséquences réelles". Selon l'acte d'accusation, Flynn aurait "contacté" les Russes fin 2016 "à la demande d'un très haut responsable" de l'équipe de transition de Trump. Selon NBC News, qui cite deux personnes proches du dossier, cette personne pourrait être Jared Kushner, le gendre et haut conseiller du président Trump. Que signifie dès lors l'inculpation de Flynn pour l'enquête ? Ce dernier aurait accepté un accord pour coopérer avec la justice. En échange de sa pleine coopération dans l'enquête russe, l'équipe de Mueller pourrait éventuellement classer d'autres dossiers judiciaires qui le concernent. Selon les observateurs, le ministère américain de la Justice n'offrirait d'accord que s'il pouvait ferrer de gros poissons. Et Flynn détient sûrement des informations essentielles à la poursuite de l'enquête. L'acte d'accusation souligne un certain nombre de questions importantes dans l'enquête russe. Que savait Donald Trump à propos des conversations de Flynn avec l'ambassadeur russe ? Que sait Flynn de la coopération présumée entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des représentants du régime russe ? Trump ou quelqu'un de son entourage avait-il eu vent de la démarche d'influence russe dans l'élection, ou ont-ils coopéré d'une manière ou d'une autre ? Cela pourrait être qualifié de fraude électorale. L'acte d'accusation envers Flynn est le signe le plus récent que le procureur Mueller intensifie ses recherches. Jusqu'à atteindre le président lui-même ? L'avocat personnel de Trump a déclaré dans un communiqué que la reconnaissance de culpabilité ou l'accusation ne concernait personne d'autre que Flynn. L'avocat a également stipulé que les fausses déclarations de Flynn au FBI corroboraient ses "fausses déclarations à la Maison Blanche qui ont abouti à sa démission". Mais le président ne semble pas tiré d'affaire pour autant. La sénatrice Dianne Feinstein a déclaré ce week-end que l'enquête du Sénat sur ce dossier incluait également une éventuelle affaire d'obstruction à la justice contre Donald Trump, notamment concernant le limogeage de l'ancien directeur du FBI, James Comey. Ce dernier avait également déclaré que Trump lui avait demandé d'arrêter d'enquêter sur Flynn. "Je pense que ce qui est en train de se dessiner est un cas d'entrave à la justice", a-t-elle affirmé. Ce que nie en bloc le président des Etats-Unis. "Je n'ai jamais demandé à Comey d'abandonner l'enquête sur Flynn. Encore de fausses informations couvrant un autre mensonge de Comey", s'est défendu Donald Trump via une salve de tweets ce lundi.