Après deux tentatives réussies de la Corée du Nord de tirer des missiles intercontinentaux, la Chine et les États-Unis ont augmenté la pression sur le pays. Samedi, tout le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé un durcissement des sanctions contre le régime communiste. Selon les estimations, celles-ci coûteraient un milliard de dollars par an à la Corée du Nord.
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Après deux tentatives réussies de la Corée du Nord de tirer des missiles intercontinentaux, la Chine et les États-Unis ont augmenté la pression sur le pays. Samedi, tout le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé un durcissement des sanctions contre le régime communiste. Selon les estimations, celles-ci coûteraient un milliard de dollars par an à la Corée du Nord. Cependant, la Corée du Nord ne semble pas prête à céder pour autant. Le gouvernement de Pyongyang qualifie les sanctions d'"atteinte à notre souveraineté" et fait savoir qu'il poursuivra le développement de missiles et d'armes nucléaires. "Sur le plan du renforcement de son pouvoir nucléaire, Pyongyang ne reculera pas", peut-on lire dans un communiqué diffusé lundi par l'agence de presse KCNA. En outre, la Corée du Nord adopte un ton menaçant. Les États-Unis, à l'origine de la décision "payeraient leur crime un millier de fois". "Si les États-Unis pensent qu'ils sont en sécurité parce qu'on océan nous sépare d'eux, ils commettent une grave erreur", ajoute la Corée du Nord. Suite à ce ton menaçant, il faut se demander si les États-Unis doivent effectivement se préparer à une attaque aérienne depuis la Corée du Nord, et particulièrement à présent que les États-Unis estiment que l'année prochaine le pays pourrait développer un missile intercontinental fonctionnel à cargaison nucléaire. Objectif des tests de missiles Quel est le but précis de ces tests de missiles intercontinentaux, que beaucoup considèrent comme une menace à l'égard des États-Unis ? D'après le spécialiste de la Corée Koen De Ceuster, la Corée du Nord continue tout simplement ce qu'elle fait depuis toujours, à savoir développer son programme de missiles. "Et elle ne se laisse pas intimider. Cependant, ce qui vaut pour les autres puissances nucléaires, vaut pour la Corée du Nord : les armes nucléaires et les missiles intercontinentaux sont surtout un moyen de dissuasion. Jusqu'à présent, on n'a eu recours que deux fois au nucléaire : à Hiroshima et à Nagasaki."Pourtant, les réactions politiques internationales qui ont suivi les tests réussi révèlent une grande inquiétude à propos du programme d'armement de la Corée du Nord. "On voit les mêmes problèmes dans les autres pays qui jouent aux armes nucléaires. C'est juste que, quand il s'agit de la Corée du Nord, on crie plus fort. L'instabilité en Corée du Nord serait effectivement dangereuse, parce qu'il n'est pas clair qui contrôle ces armes nucléaires. Cependant, De Ceuster est d'avis que le problème ne se pose pas pour le moment. Il estime que les risques que la Corée du Nord dégaine ses nouvelles armes sont minimes. "La Corée du Nord n'a pas intérêt à provoquer un affrontement militaire. Cela ne signifie pas que cela n'aura pas lieu, mais c'est improbable."En revanche, ce qui est certain c'est qu'une grande période d'instabilité est apparue, et pas seulement à cause de la Corée du Nord. De Ceuster : "Nous avons aussi une administration américaine très versatile qui raffole des symboles. Il se pourrait donc bien que la propension à agir grandisse, sans forcément tenir compte des conséquences possibles.""La réaction des États-Unis légitime le programme d'armement"Aussi les projets de la Corée ne sont-ils pas la question prioritaire, estime De Ceuster. La réaction de la politique internationale est beaucoup plus importante. Tant que l'attitude des autres grandes puissances ne change pas, la Corée du Nord poursuivra son programme d'armement ambitieux. Seule une solution politique qui fait le jeu du pays peut changer la donne. "Tant que ce ne sera pas le cas, la Corée du Nord n'aura aucune raison de renoncer à poursuivre le développement de son programme d'armement.""On est dans une dynamique où les risques que la situation dégénère ne font que grandir. Et à un certain moment, il faut quelqu'un qui se rende compte du danger, respire profondément et décide de reculer d'un pas et de réfléchir comment sortir de cette situation sans causer de dégâts." Pour l'instant, la communauté internationale ne semble pas vouloir de politique d'apaisement. Samedi, le Conseil des Nations-Unies a décidé d'imposer des sanctions plus lourdes à la Corée du Nord. Comme ces dernières comprennent entre autres des restrictions sur l'importation de charbon de minerai de fer et de fruits de mer, le conflit n'est pas près d'être apaisé. Étonnamment, l'alliée traditionnelle qu'est la Chine a également approuvé les sanctions. D'après De Ceuster, la réaction internationale légitime, surtout de la part des États-Unis, le programme d'armement nord-coréen jusqu'à un certain niveau. "La nouvelle fournée de sanctions américaines et de déclarations des États-Unis montrent que la Corée du Nord reçoit en permanence les munitions qui confirment qu'elle doit se défendre. Les États-Unis déclarent qu'ils vont augmenter la pression ou même qu'ils sont prêts à lancer une attaque préventive. Cela confirme la menace américaine évoquée par la Corée du Nord. Et c'est contre cela que le régime souhaite s'armer.""Le moment où la Corée du Nord disposera effectivement d'une arme nucléaire en état de fonctionner, qu'elle peut monter sur un missile, se rapproche. Les États-Unis continuent à clamer qu'ils ne reconnaissent pas la Corée du Nord comme une grande puissance militaire, mais la réalité est ce qu'elle est. Et cette réalité influencera la façon dont on gérera la Corée du Nord. Une fois que la Corée du Nord aura une arme nucléaire, le jeu changera du tout au tout."La Chine veut déminer En dépit du fait que la Chine a approuvé des sanctions sévères pour la Corée du Nord, elle est d'avis que le ton dur et les sanctions ne sont pas la solution. Après le durcissement des sanctions, le ministère chinois des Affaires étrangères a immédiatement fait savoir que les sanctions ne sont pas un but en soi, mais un moyen de pression. Le pays encourage toutes les parties concernées à entamer le dialogue. "En insistant sur toutes les parties. Et les États-Unis devront franchir le premier pas, car la Corée du Nord ne va pas céder en premier", ajoute De Ceuster. "Elle perdrait trop la face, et ce serait une affaiblissement considérable de sa position de négociation, qui est maintenant nettement renforcée."Que signifie d'ailleurs le fait qu'en tant qu'allié traditionnel de la Corée du Nord, la Chine a approuvé un durcissement des sanctions contre ce pays? Quel impact cette décision exerce-t-elle sur la relation entre les deux régimes communistes ? Pour De Ceuster, celui-ci est difficile à évaluer. "Le signal de la Chine est clair mais ne signifie pas que le pays laisse tomber la Corée du Nord. Il est important de retenir que cela ne signifie pas que la Chine suivra aveuglément le cap des États-Unis. On sait depuis douze ans que la Chine n'approuve pas les agissements de la Corée du Nord. Mais cela ne signifie pas pour autant que la Chine et les États-Unis soient sur la même ligne." "La même chose vaut pour la Russie, qui est un facteur encore moins prévisible. Sous Poutine, la Russie n'est absolument plus une partenaire fiable. Quelle que soit l'attitude de la Chine, la Russie pourrait bien se comporter comme le troisième chien dans le jeu de quilles."