Le sénateur indépendant Bernie Sanders a annoncé mercredi à son équipe qu'il abandonnait la course à la Maison Blanche, selon un communiqué, offrant la victoire de la primaire démocrate à Joe Biden qui affrontera Donald Trump lors de la présidentielle américaine de novembre.

Bernie Sanders, 78 ans, doit s'adresser à ses partisans à 11H45 (15H45 GMT), dans un discours retransmis sur internet. "Le sénateur Bernie Sanders a annoncé mercredi lors d'un appel avec toute son équipe qu'il suspendait sa campagne pour devenir président", a écrit son équipe de campagne dans un communiqué. "La campagne se termine, la lutte continue", ajoute le communiqué.

L'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, est désormais assuré d'affronter le président républicain Donald Trump le 3 novembre. Mais il doit encore être désigné officiellement candidat par le parti lors d'une convention, qui a été reporté au mois d'août à cause de la pandémie de coronavirus.

Bernie Sanders promet de travailler avec Joe Biden, qui appelle au rassemblement

Bernie Sanders a promis de travailler avec Joe Biden. "Aujourd'hui, je félicite Joe Biden, un homme très respectable, avec qui je vais travailler pour faire avancer nos idées progressistes", a déclaré le sénateur indépendant, 78 ans, lors d'un discours retransmis en ligne, depuis sa maison de Burlington, dans le Vermont. Tout en reconnaissant que "Joe Biden sera le candidat choisi" par les démocrates pour affronter Donald Trump lors de la présidentielle du 3 novembre, Bernie Sanders a annoncé qu'il resterait en lice dans les primaires restantes, afin d'accumuler plus de délégués qui lui permettront "d'exercer une influence significative sur le programme du parti" lors de la convention démocrate, en août.

L'ancien vice-président américain Joe Biden a de son côté tendu la main aux partisans de Bernie Sanders, prenant acte des tensions réelles entre les deux camps. "Je sais que je dois gagner vos voix. Et je sais que cela pourra prendre du temps. Mais je veux que vous sachiez que je vous vois, que je vous entends, que je comprends le sentiment d'urgence qui vous anime", a tweeté celui qui affrontera Doanld Trump le 3 novembre. "J'espère que vous nous rejoindrez. Nous avons besoin de vous!", a-t-il ajouté.

Faisant campagne nettement à gauche, Bernie Sanders met ainsi fin à sa deuxième tentative de décrocher l'investiture démocrate après une série de lourdes défaites face à l'ex-bras droit de Barack Obama, plus modéré. Le sénateur indépendant du Vermont avait perdu la primaire démocrate face à Hillary Clinton en 2016.

Candidat de la jeunesse

Après un an de campagne acharnée, celle-ci était quasi-suspendue à cause de la crise, et la pression sur Bernie Sanders était forte pour qu'il abandonne, laissant ainsi la voie libre à son adversaire. Il y a quelques semaines encore, l'équation semblait pourtant très favorable à ce socialiste revendiqué, pourfendeur des inégalités et partisan de lourds impôts sur la richesse, des particuliers comme des grandes entreprises.

Un camp démocrate modéré morcelé entre plusieurs candidats, des foules de supporteurs passionnées et nombreuses, un coffre-fort plein de contributions de petits donateurs: Bernie Sanders était sorti grand favori des trois premières primaires dans l'Iowa, le New Hampshire et le Nevada.

Alors qu'en 2016, il était seul à dénoncer un système capitaliste "corrompu" favorisant les milliardaires au détriment des travailleurs, un système de santé ruineux pour des millions d'Américains ou le poids de la dette étudiante, en 2020 la quasi-totalité des démocrates en avaient fait des thèmes centraux de leur campagne, en écho aux préoccupations des Américains. Aucun n'osait plus les écarter complètement comme "irréalistes".

REUTERS
© REUTERS

Le discours pro-travailleurs de cet homme aux cheveux blancs rebelles, réputé revêche et peu sociable, avait déjà suscité un engouement inattendu chez les jeunes en 2016. Quatre ans plus tard, la base de "Bernie", issu d'un Vermont à la population très blanche, s'était élargie pour faire une plus large place aux minorités, cruciales pour l'électorat démocrate. La jeune star du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, aux origines portoricaines, a sillonné le pays pour soutenir "Tio Bernie" (Tonton Bernie), également soutenu par la rappeuse Cardi B ou l'acteur Danny Glover.

Presqu'octogénaire, "Bernie" est devenu le candidat de la jeunesse. Début 2020 encore, tout semblait lui sourire. Sa crise cardiaque, qui l'avait fait hospitaliser en urgence en octobre, semblait oubliée. Refusant de publier un bulletin médical complet, il était reparti de plus belle en campagne. Mais cette fois encore, celui que tout le monde surnomme "Bernie" a dû affronter une "union sacrée" contre lui.

Des idées qui gagnent du terrain

Le renoncement a été difficile pour cet homme qui a longtemps prêché les mêmes idées dans un quasi-désert. Bien qu'engagé très jeune - il lutte pour les droits civiques comme étudiant à l'université de Chicago, puis contre la guerre du Vietnam - ce fils d'immigrés juifs polonais, à la famille décimée par l'Holocauste, est longtemps resté marginal.

A la fin des années 60, sur fond de mouvement hippie et de "retour à la terre", cet enfant de Brooklyn déménage dans le bucolique Vermont. Il milite au parti de l'Union de la liberté, né du mouvement pacifiste. Après plusieurs échecs électoraux, sa carrière politique démarre vraiment avec son élection en 1981, comme indépendant, à la mairie de Burlington, première ville du Vermont avec 42.000 habitants. Il sera réélu trois fois, se montrant capable de gérer cette ville des bords du Lac Champlain en conciliant socialisme, pragmatisme, et jumelage avec la ville de Iaroslavl, alors en Russie soviétique.

Alexandria Ocasio-Cortez, AFP
Alexandria Ocasio-Cortez © AFP

Fort de cette expérience à Burlington - où il rencontre sa deuxième femme, Jane O'Meara - il est élu en 1990 à la Chambre des représentants à Washington. Il est réélu jusqu'en 2007, lorsqu'il devient sénateur. Preuve de sa popularité persistante dans le Vermont, il a été réélu en novembre 2018 avec 67% des voix.

Pourtant, si ses idées ont gagné du terrain, Bernie Sanders n'a jamais réussi à se défaire de l'image d'un homme potentiellement polarisant, réfractaire aux compromis. "Personne ne l'aime, personne ne veut travailler avec lui", affirmait son ex-rivale Hillary Clinton dans un récent documentaire. Tout le monde reconnaît néanmoins qu'il a créé un véritable "mouvement". Reste à savoir s'il va continuer à le diriger, ou s'il va vouloir passer le relais: beaucoup suggèrent déjà le nom d'Alexandria Ocasio-Cortez.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders a annoncé mercredi à son équipe qu'il abandonnait la course à la Maison Blanche, selon un communiqué, offrant la victoire de la primaire démocrate à Joe Biden qui affrontera Donald Trump lors de la présidentielle américaine de novembre. Bernie Sanders, 78 ans, doit s'adresser à ses partisans à 11H45 (15H45 GMT), dans un discours retransmis sur internet. "Le sénateur Bernie Sanders a annoncé mercredi lors d'un appel avec toute son équipe qu'il suspendait sa campagne pour devenir président", a écrit son équipe de campagne dans un communiqué. "La campagne se termine, la lutte continue", ajoute le communiqué. L'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, est désormais assuré d'affronter le président républicain Donald Trump le 3 novembre. Mais il doit encore être désigné officiellement candidat par le parti lors d'une convention, qui a été reporté au mois d'août à cause de la pandémie de coronavirus.Faisant campagne nettement à gauche, Bernie Sanders met ainsi fin à sa deuxième tentative de décrocher l'investiture démocrate après une série de lourdes défaites face à l'ex-bras droit de Barack Obama, plus modéré. Le sénateur indépendant du Vermont avait perdu la primaire démocrate face à Hillary Clinton en 2016.Après un an de campagne acharnée, celle-ci était quasi-suspendue à cause de la crise, et la pression sur Bernie Sanders était forte pour qu'il abandonne, laissant ainsi la voie libre à son adversaire. Il y a quelques semaines encore, l'équation semblait pourtant très favorable à ce socialiste revendiqué, pourfendeur des inégalités et partisan de lourds impôts sur la richesse, des particuliers comme des grandes entreprises.Un camp démocrate modéré morcelé entre plusieurs candidats, des foules de supporteurs passionnées et nombreuses, un coffre-fort plein de contributions de petits donateurs: Bernie Sanders était sorti grand favori des trois premières primaires dans l'Iowa, le New Hampshire et le Nevada.Alors qu'en 2016, il était seul à dénoncer un système capitaliste "corrompu" favorisant les milliardaires au détriment des travailleurs, un système de santé ruineux pour des millions d'Américains ou le poids de la dette étudiante, en 2020 la quasi-totalité des démocrates en avaient fait des thèmes centraux de leur campagne, en écho aux préoccupations des Américains. Aucun n'osait plus les écarter complètement comme "irréalistes". Le discours pro-travailleurs de cet homme aux cheveux blancs rebelles, réputé revêche et peu sociable, avait déjà suscité un engouement inattendu chez les jeunes en 2016. Quatre ans plus tard, la base de "Bernie", issu d'un Vermont à la population très blanche, s'était élargie pour faire une plus large place aux minorités, cruciales pour l'électorat démocrate. La jeune star du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, aux origines portoricaines, a sillonné le pays pour soutenir "Tio Bernie" (Tonton Bernie), également soutenu par la rappeuse Cardi B ou l'acteur Danny Glover.Presqu'octogénaire, "Bernie" est devenu le candidat de la jeunesse. Début 2020 encore, tout semblait lui sourire. Sa crise cardiaque, qui l'avait fait hospitaliser en urgence en octobre, semblait oubliée. Refusant de publier un bulletin médical complet, il était reparti de plus belle en campagne. Mais cette fois encore, celui que tout le monde surnomme "Bernie" a dû affronter une "union sacrée" contre lui.Le renoncement a été difficile pour cet homme qui a longtemps prêché les mêmes idées dans un quasi-désert. Bien qu'engagé très jeune - il lutte pour les droits civiques comme étudiant à l'université de Chicago, puis contre la guerre du Vietnam - ce fils d'immigrés juifs polonais, à la famille décimée par l'Holocauste, est longtemps resté marginal.A la fin des années 60, sur fond de mouvement hippie et de "retour à la terre", cet enfant de Brooklyn déménage dans le bucolique Vermont. Il milite au parti de l'Union de la liberté, né du mouvement pacifiste. Après plusieurs échecs électoraux, sa carrière politique démarre vraiment avec son élection en 1981, comme indépendant, à la mairie de Burlington, première ville du Vermont avec 42.000 habitants. Il sera réélu trois fois, se montrant capable de gérer cette ville des bords du Lac Champlain en conciliant socialisme, pragmatisme, et jumelage avec la ville de Iaroslavl, alors en Russie soviétique. Fort de cette expérience à Burlington - où il rencontre sa deuxième femme, Jane O'Meara - il est élu en 1990 à la Chambre des représentants à Washington. Il est réélu jusqu'en 2007, lorsqu'il devient sénateur. Preuve de sa popularité persistante dans le Vermont, il a été réélu en novembre 2018 avec 67% des voix.Pourtant, si ses idées ont gagné du terrain, Bernie Sanders n'a jamais réussi à se défaire de l'image d'un homme potentiellement polarisant, réfractaire aux compromis. "Personne ne l'aime, personne ne veut travailler avec lui", affirmait son ex-rivale Hillary Clinton dans un récent documentaire. Tout le monde reconnaît néanmoins qu'il a créé un véritable "mouvement". Reste à savoir s'il va continuer à le diriger, ou s'il va vouloir passer le relais: beaucoup suggèrent déjà le nom d'Alexandria Ocasio-Cortez.