Le directeur du Bureau Fédéral d'Investigation (FBI), James Comey, a été mis à la porte par Donald Trump. Le président l'a fait sur recommandation du ministre de la Justice Jess Sessions. C'est ce qu'a rapporté le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer.
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Le directeur du Bureau Fédéral d'Investigation (FBI), James Comey, a été mis à la porte par Donald Trump. Le président l'a fait sur recommandation du ministre de la Justice Jess Sessions. C'est ce qu'a rapporté le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer. "Bien que j'apprécie que vous m'ayez informé, à trois reprises, que je ne fais pas l'objet d'une enquête, je suis d'accord avec le Département de la Justice selon lequel vous n'êtes pas capable de diriger efficacement le Bureau", a déclaré le président Trump dans la lettre de licenciement adressée à Comey.Selon le ministre de la Justice, Comey a commis une erreur dans l'enquête sur la messagerie privée utilisée par l'ancienne candidate à la présidentielle Hillary Clinton. Onze jours avant l'élection américaine, Comey a informé les députés qu'il avait rouvert l'enquête. La nouvelle a eu un effet non négligeable sur Clinton, qui a immédiatement chuté dans les sondages. La semaine dernière, Comey a de nouveau témoigné devant la Commission Justice du Sénat américain concernant l'ingérence russe dans l'élection américaine et les liens entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie. Plus tôt mardi, le FBI a déclaré au Congrès que Comey n'avait pas été précis durant son témoignage de la semaine précédente. Il a donné les principales conclusions de l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton de manière erronée. Comey a déclaré que "des centaines de milliers" d'emails avaient été envoyés à l'ancien membre du Congrès Anthony Weiner, le mari du bras droit des Clinton Huma Abedin, alors qu'il n'y en avait qu'un "petit nombre". "Il est essentiel que nous trouvions une nouvelle direction pour le FBI qui puisse restaurer la confiance du public dans la mission" du FBI, a ajouté Trump. Détail marquant : plusieurs médias américains ont annoncé que sa destitution était une totale surprise pour tous. Comey lui-même a dû apprendre la nouvelle via la télévision. Selon CNN, il prononçait un discours à Los Angeles lorsque sa révocation a été affichée sur les écrans de la salle. Il aurait d'ailleurs pensé dans un premier temps que c'était une plaisanterie. L'opposition Démocrate a vivement réagi au licenciement de Comey. Ils y voient une tentative de contrecarrer l'enquête sur les relations entre la Russie et l'équipe de Trump durant la campagne, et réclament la nomination d'un tribunal indépendant. "Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur", a déclaré Chuck Schumer, le leader des Démocrates au Sénat. "Les Américains seront en droit de soupçonner que la décision de limoger le directeur Comey est une tentative d'étouffer quelque chose", a-t-il ajouté. Mark Warner, le vice-président Démocrate de la Commission Renseignements du Sénat, a qualifié la destitution de "choquante". "L'action du Président d'aujourd'hui montre la nécessité de nommer un juge spécial", a-t-il aussi déclaré. La révocation de Comey fait aussi l'objet de critiques dans les propres rangs de Trump. Le sénateur Républicain John McCain a annoncé être "déçu" et réitéré son souhait d'une enquête parlementaire.James Comey a été l'un des directeurs du FBI les plus controversés des dernières décennies. Barack Obama l'avait nommé en 2013 pour une période de dix ans. La recherche d'un nouveau patron pour le FBI commence immédiatement, a informé Trump. Les commentateurs politiques comparent ce licenciement soudain de Comey avec ce qu'on appelle le "Massacre du samedi soir" ("Saturday Night Massacre"), quand l'ancien président Richard Nixon a, en 1973, mis à pied le procureur qui menait l'enquête sur le scandale du Watergate. En signe de protestation, le ministre de la Justice et son adjoint avaient démissionné. C'est l'un des évènements qui a conduit à la démission de Nixon. Sur Twitter, des montages des Unes de l'époque et d'aujourd'hui ont commencé à circuler. Un président en fonction, sur qui on enquête, qui vire la tête de cette enquête. C'est en effet très similaire, mais ceux qui sont prêts à faire une croix sur la présidence de Donald Trump feraient mieux de ne pas trop compter dessus, met en garde le journaliste Jeff Greenfield dans un article écrit pour Politico : "c'est comparer des pommes avec des boules de bowling", écrit-il dans un article qui s'étend sur les circonstances qui ont contraint Nixon à démissionner. Nixon a été attaquée sur plusieurs fronts, et sa position était déjà sous pression au cours de son second mandat. De plus, souligne Greenfield, les conditions médiatiques, en pleine mutation, ne sont pas les mêmes. En outre, Trump a trouvé un véritable allié en faisant de Jeff Sessions son procureur chargé de la Justice. Sessions est également nommé dans l'enquête sur les liens entre la campagne de Trump et la Russie. Par Jan Herregods et Arthur Debruyne