"Angela Merkel a sept mois et vit dans un camp de réfugiés à Hanovre en Allemagne en compagnie de 700 autres migrants issus de 33 pays. Sa maman, Ophelya Adé, une Ghanéenne de 26 ans, est arrivée en Allemagne cette année, après avoir traversé la Méditerranée alors qu'elle était sur le point d'accoucher" peut-on lire dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Interrogée par le magazine, la jeune femme a déclaré qu'elle avait donné le nom de la chancelière allemande à sa fille "par gratitude envers Angela Merkel". "Je suis si impressionnée de ce qu'elle a réalisé". L'histoire d'Ophelya Adé n'est qu'un des nombreux témoignages rapportés par la presse allemande et britannique.
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"Angela Merkel a sept mois et vit dans un camp de réfugiés à Hanovre en Allemagne en compagnie de 700 autres migrants issus de 33 pays. Sa maman, Ophelya Adé, une Ghanéenne de 26 ans, est arrivée en Allemagne cette année, après avoir traversé la Méditerranée alors qu'elle était sur le point d'accoucher" peut-on lire dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Interrogée par le magazine, la jeune femme a déclaré qu'elle avait donné le nom de la chancelière allemande à sa fille "par gratitude envers Angela Merkel". "Je suis si impressionnée de ce qu'elle a réalisé". L'histoire d'Ophelya Adé n'est qu'un des nombreux témoignages rapportés par la presse allemande et britannique.Début juillet, Merkel a été vivement critiquée lors des négociations autour de la crise grecque à cause de son "attitude froide". Au plus fort de la crise grecque, certains manifestants allaient même jusqu'à la qualifier d'Hitler. Deux mois plus tard, les Syriens diffusent des messages affectueux à propos de la chancelière allemande et on donne son nom à des bébés.Il est évident que les Syriens éprouvent de la reconnaissance à l'égard de Merkel. D'une part, parce que l'Allemagne ne renvoie pas de réfugiés aux pays européens où ils sont arrivés en premier, comme l'ordonne le traité de Dublin. Cela signifie qu'ils peuvent demander asile en Allemagne et qu'ils ne doivent pas retourner en Grèce ou en Italie par exemple. D'autre part, elle éveille la sympathie parce qu'elle défend les réfugiés. "Nous devons faire tout ce qui est notre pouvoir pour montrer qu'on n'est pas tolérants à l'égard de ceux qui ne sont pas ouverts aux demandeurs d'asile" a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse après avoir été traitée de traitre à la nation. Sa réaction a été fort appréciée au sein de la communauté syrienne."Mutti" MerkelPour le reste de l'Europe, l'attitude de Merkel semble changée, mais en Allemagne, sa réputation est restée la même, estime Wierd Duk, correspondant à Berlin et biographe de Merkel. "Depuis longtemps déjà Merkel est la 'Mutti' d'Allemagne. Pendant la crise grecque, les Allemands ont approuvé sa ligne dure parce qu'ils sont persuadés que les Grecs sont responsables de la crise. Ils n'avaient qu'à faire en sorte que leur comptabilité soit en ordre et ils n'avaient qu'à pas mentir. À présent, il s'agit de migrants tous considérés comme des réfugiés par les Allemands, qui ne sont pas responsables de ce qui leur arrive" déclare le biographe.Merkel défend donc les réfugiés, ce qui pour beaucoup d'Allemands ne fait que confirmer qu'elle est une bonne chancelière. "Elle est sévère quand il le faut, mais elle a aussi un coeur. Elle reste donc très populaire auprès des Allemands" explique Duk. Steven Van Hecke, professeur en sciences politiques à la KuLeuven, voit une continuité dans la politique de Merkel. "Merkel appelle un chat un chat, elle est conséquente. Les règles sont les règles. Et pour Merkel, elles s'appliquent autant à la Grèce qu'à la Hongrie par exemple (où le premier ministre Victor Orbán s'en prend violemment aux réfugiés, NDLR)" nous explique-t-il. Le rôle pionnier de Merkel Que Merkel défende les réfugiés et incite des pays comme la Hongrie à les accueillir, éveille pourtant l'impression qu'elle adopte une attitude moins dure envers les réfugiés. Et le fait que la chancelière allemande est une des premières politiques éminentes à déclarer que la crise des réfugiés représente un plus grand défi pour l'Union européenne que la crise grecque y contribue. "L'Allemagne aussi a déjà accueilli beaucoup de réfugiés et cette information fait le tour des réseaux sociaux" fait remarquer Steven Van Heckel. "Ils reçoivent un accueil décent et l'économie est forte, ce qui n'est pas sans importance non plus". Angela Merkel était obligée de se prononcer et d'adopter une position" estime Wierd Duk. "La crise des réfugiés est beaucoup plus aigüe en Allemagne que dans d'autres pays d'Europe du Nord. Les tensions et la pression sur la société allemande, qui attend entre 800 000 et un million de réfugiés cette année, augmentent. L'Allemagne est le théâtre d'incendies criminels et de protestations contre la venue de demandeurs d'asile même si beaucoup de gens s'engagent comme bénévoles. Des milliers d'Allemands mettent une habitation à disposition ou vont aider bénévolement. Ce contraste polarise la société" explique Duk. "Il fallait donc une réaction claire de la chancelière" ajoute-t-il."En outre, l'Allemagne estime aussi qu'après la Seconde Guerre mondiale, il est de son devoir d'accueillir les gens qui fuient les persécutions ou les guerres" déclare encore Duk.