Les "caucus" de l'Iowa sont les premiers scrutins des primaires démocrates. Le résultat est traditionnellement d'une importance cruciale pour l'investiture démocrate. Un évènement important, car il s'agit du premier vote des primaires démocrates qui auront lieu dans tout le pays jusqu'au 16 juin. Si l'État n'octroie que peu de délégués appelés à désigner in fine le candidat à la Maison-Blanche, un bon résultat ou une contre-performance peut changer la dynamique d'une candidature. Mais cette année, le chaos règne.
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Les "caucus" de l'Iowa sont les premiers scrutins des primaires démocrates. Le résultat est traditionnellement d'une importance cruciale pour l'investiture démocrate. Un évènement important, car il s'agit du premier vote des primaires démocrates qui auront lieu dans tout le pays jusqu'au 16 juin. Si l'État n'octroie que peu de délégués appelés à désigner in fine le candidat à la Maison-Blanche, un bon résultat ou une contre-performance peut changer la dynamique d'une candidature. Mais cette année, le chaos règne. Bernie Sanders a salué ce matin son "très beau succès", Pete Buttigieg a insisté encore cet après-midi sur sa "victoire nette". L'équipe de campagne de "Mayor Pete" a publié ses propres données partielles - portant sur 70% des bureaux de vote-, "en raison de l'incapacité du Parti démocrate de l'Iowa à publier des résultats" à cause d'une défaillance technique. Ce serait un véritable camouflet pour Joe Biden, un des favoris pour affronter Donald Trump en novembre prochain. Mais à l'heure d'écrire ces lignes, le Parti démocrate n'est toujours pas en mesure de dévoiler la totalité des résultats ni de dire quand ils seront annoncés. Seuls des résultats partiels sont connus. Les organisateurs évoquent des "incohérences" dans leur compilation et expliquent vouloir s'assurer de la fiabilité des données. Ils ont toutefois démenti toute irrégularité. L'équipe de Biden veut pour sa part des explications à cet échec technique et politique: "l'application censée transmettre au parti les résultats des caucus n'a pas marché, tout comme le système téléphonique de secours."Un chaos généralisé qui fait bien les affaires de l'actuel locataire de la Maison-Blanche. Donald Trump a, pour sa part, remporté d'emblée les "caucus" républicains dans l'Iowa, une simple formalité puisqu'il compte bien se faire réélire. L'absence de résultat côté démocrate prive les candidats de l'élan politique, mais aussi médiatique, créé habituellement par ce vote. À sa grande habitude, le président n'a pas tardé à s'exprimer sur les réseaux sociaux : "Rien ne fonctionne, exactement comme lorsqu'ils dirigeaient le pays", a-t-il tweeté. "La seule personne qui peut revendiquer une très grande victoire dans l'Iowa la nuit dernière est 'Trump'." Une analyse que partagent les médias américains. "La croisade démocratique pour évincer le président Donald Trump n'aurait pas pu prendre un départ plus désastreux et plus embarrassant", indique ainsi CNN. "Le cauchemar a également joué en faveur d'un président qui a gâché des mois de travail pour faire passer ses rivaux pour faibles, désorganisés." Le retard provoqué par l'attente des résultats pourrait générer une union trop tardive des démocrates pour faire front contre Donald Trump. Si les caucus de l'Iowa devaient permettre de dessiner un futur leadership démocrate, il n'en est pour l'instant rien. D'autant que l'actualité politique devrait vite prendre le dessus avec le discours sur l'état de l'Union que prononcera le président républicain au Congrès mardi soir, profitant ainsi pour lui seul de l'attention médiatique. En plein procès en destitution, le président pourrait en profiter pour se poser à nouveau en victime, attaquer ses rivaux et vanter son bilan. "J'espère que les républicains et les Américains réalisent que cette mascarade totalement partisane est exactement cela: une mascarade", a-t-il tweeté en avant-goût.C'est en effet ce mercredi que le Sénat doit se prononcer sur son sort, après deux semaines du procès en destitution. Un acquittement quasi certain puisque la Constitution impose une majorité des deux tiers - soit 67 voix sur 100 - pour destituer et que les 53 élus républicains font pour l'instant bloc derrière lui. Une belle semaine en vue pour le président.