"Jusqu'à 44 ans, je dévorais l'actualité", confie l'écrivain au quotidien De Morgen. Adolescent, Dobelli passait le plus clair de son temps à décortiquer les journaux. "J'étais un junkie. Surtout quand l'internet est apparu dans les années 90 et que les nouvelles étaient disponibles gratuitement, n'importe où et n'importe quand", raconte-t-il.

En 2010, Dobelli se rend compte qu'il ne comprend pas mieux le monde pour autant. Il compare son addiction de l'époque à une dépendance à l'alcool. "Une dépendance à l'alcool détruit les relations, une dépendance aux nouvelles tue votre capacité de porter une attention permanente à quelque chose. Et c'est également une capacité précieuse. De moins en moins de gens réussissent à se concentrer sur la lecture de dix pages. Ils ne sont stimulés que par de courtes informations. En ce sens, l'actualité est à l'esprit ce que le sucre est au corps : savoureux, facile à digérer, mais extrêmement nocif à long terme", explique-t-il au journal De Tijd.

Émotions toxiques

Interrogé sur les effets de son existence dénuée de nouvelles, Dobelli explique qu'il se sent plus heureux. Les famines, les guerres et catastrophes naturelles le rendaient triste ou désespéré d'autant qu'il se sentait impuissant face à tous ces drames. "Les stimuli négatifs ont un effet direct sur le système nerveux, nous le savons grâce à la théorie de l'évolution. Et la philosophie classique m'a enseigné que la bonne vie est une vie sans émotions toxiques. Dès que vous pouvez les bannir, les bonnes émotions viennent automatiquement", raconte-t-il au Tijd.

En outre, ne plus suivre l'actualité permet de dégager beaucoup de temps. Une étude révèle en effet qu'on passe rapidement 60 à 90 minutes par jour à lire les informations ou à les regarder à la télévision. Ce temps, Dobelli le consacre à la lecture de livres. "Je n'ai pas le sentiment de moins comprendre le monde que mes amis. Au contraire", dit l'écrivain.

Syrie

Il admet toutefois qu'il parle surtout de courtes informations qui rapportent des faits sans analyse en profondeur. Il cite les exemples d'un crash d'avion, d'une éruption de volcan ou de deux présidents qui échangent une poignée de main. Il évoque également la Syrie : la situation y est si complexe qu'on peut lire des milliers de petits articles sur le sujet et toujours pas comprendre ce qu'il s'y passe exactement.

Même s'il lui arrive de lire de longs articles ou des essais dans des magazines tels que The Economist ou The New Yorker, il admet que son approche est assez radicale et souligne l'importance du journalisme d'investigation. "Bien sûr, il y a des perles dans les nouvelles, de bons et longs articles qui exercent un impact durable sur votre vie. Et oui, une autre faiblesse de mon approche est que, lors des élections, je vote pour le parti qui s'accorde bien avec ma vision du monde, sans savoir s'il a changé de cap politique. Mais ces inconvénients ne l'emportent pas sur les énormes avantages pour moi", confie-t-il au Morgen.

"Jusqu'à 44 ans, je dévorais l'actualité", confie l'écrivain au quotidien De Morgen. Adolescent, Dobelli passait le plus clair de son temps à décortiquer les journaux. "J'étais un junkie. Surtout quand l'internet est apparu dans les années 90 et que les nouvelles étaient disponibles gratuitement, n'importe où et n'importe quand", raconte-t-il. En 2010, Dobelli se rend compte qu'il ne comprend pas mieux le monde pour autant. Il compare son addiction de l'époque à une dépendance à l'alcool. "Une dépendance à l'alcool détruit les relations, une dépendance aux nouvelles tue votre capacité de porter une attention permanente à quelque chose. Et c'est également une capacité précieuse. De moins en moins de gens réussissent à se concentrer sur la lecture de dix pages. Ils ne sont stimulés que par de courtes informations. En ce sens, l'actualité est à l'esprit ce que le sucre est au corps : savoureux, facile à digérer, mais extrêmement nocif à long terme", explique-t-il au journal De Tijd.Émotions toxiques Interrogé sur les effets de son existence dénuée de nouvelles, Dobelli explique qu'il se sent plus heureux. Les famines, les guerres et catastrophes naturelles le rendaient triste ou désespéré d'autant qu'il se sentait impuissant face à tous ces drames. "Les stimuli négatifs ont un effet direct sur le système nerveux, nous le savons grâce à la théorie de l'évolution. Et la philosophie classique m'a enseigné que la bonne vie est une vie sans émotions toxiques. Dès que vous pouvez les bannir, les bonnes émotions viennent automatiquement", raconte-t-il au Tijd.En outre, ne plus suivre l'actualité permet de dégager beaucoup de temps. Une étude révèle en effet qu'on passe rapidement 60 à 90 minutes par jour à lire les informations ou à les regarder à la télévision. Ce temps, Dobelli le consacre à la lecture de livres. "Je n'ai pas le sentiment de moins comprendre le monde que mes amis. Au contraire", dit l'écrivain.SyrieIl admet toutefois qu'il parle surtout de courtes informations qui rapportent des faits sans analyse en profondeur. Il cite les exemples d'un crash d'avion, d'une éruption de volcan ou de deux présidents qui échangent une poignée de main. Il évoque également la Syrie : la situation y est si complexe qu'on peut lire des milliers de petits articles sur le sujet et toujours pas comprendre ce qu'il s'y passe exactement.Même s'il lui arrive de lire de longs articles ou des essais dans des magazines tels que The Economist ou The New Yorker, il admet que son approche est assez radicale et souligne l'importance du journalisme d'investigation. "Bien sûr, il y a des perles dans les nouvelles, de bons et longs articles qui exercent un impact durable sur votre vie. Et oui, une autre faiblesse de mon approche est que, lors des élections, je vote pour le parti qui s'accorde bien avec ma vision du monde, sans savoir s'il a changé de cap politique. Mais ces inconvénients ne l'emportent pas sur les énormes avantages pour moi", confie-t-il au Morgen.