Les agences spatiales des deux géants asiatiques souhaitent notamment y explorer les régions polaires, où le volume d'eau glacée pourrait atteindre 1 milliard de mètres cubes - une quantité suffisante, estiment les chercheurs, pour rendre son exploitation intéressante par d'éventuels explorateurs, installés sur place dans des bases de vie permanentes.
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Les agences spatiales des deux géants asiatiques souhaitent notamment y explorer les régions polaires, où le volume d'eau glacée pourrait atteindre 1 milliard de mètres cubes - une quantité suffisante, estiment les chercheurs, pour rendre son exploitation intéressante par d'éventuels explorateurs, installés sur place dans des bases de vie permanentes. Au-delà de son intérêt scientifique, l'initiative est révélatrice des tensions que provoque l'influence grandissante de la Chine. Car le programme d'exploration lunaire de Pékin est déjà largement avancé : lancé en décembre 2013, un astromobile chinois appelé Yutu (le Lapin de jade) a émis depuis la surface de la Lune pendant trente-et-un mois. D'autres lancements sont prévus dès la fin de cette année, et des échantillons du sol lunaire pourraient même être rapportés sur terre dès 2019 ou 2020. Les missions déjà entreprises par l'Inde et le Japon, par comparaison, font pâle figure. " Si nous combinons nos points forts, le mélange sera gagnant-gagnant ", estime Hiroki Furihata, chercheur à l'Agence japonaise de l'exploration aérospatiale. Sur la Terre et au-delà, semble-t-il, Tokyo multiplie les offres de collaboration à New Delhi, dans l'espoir de contrebalancer la puissance chinoise. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, sont l'un et l'autre nationalistes, chacun à sa manière. Non sans raison, tous deux soupçonnent le géant chinois de tisser un réseau d'alliances destiné à isoler, à long terme, ses deux rivaux géopolitiques potentiels. C'est logique. Le Japon, d'une part, est le principal allié des Etats-Unis en Asie du Nord-Est et demeure la troisième puissance économique mondiale ; l'Inde, d'autre part, occupe un territoire stratégique et son économie devrait atteindre cette année le cinquième rang mondial, alors que sa population est désormais comparable à celle de la Chine. Dans ce contexte, les intérêts stratégiques des deux Etats convergent dans de nombreux domaines, et leur coopération semble frappée au coin du bon sens. Reste à voir s'il n'est pas déjà trop tard, sur la Terre comme dans le ciel. Par Marc Epstein.