Au moins un convoi de poids-lourds sous protection policière a quitté un important centre de distribution à Aveiras, dans la banlieue de Lisbonne, sans en être empêché par un piquet de grève d'une trentaine de camionneurs devant le centre, a constaté une photographe de l'AFP.

Les syndicats grévistes ont accusé les entreprises de transport d'avoir "soudoyé" des chauffeurs pour les convaincre de renoncer au mouvement. "Nous allons cesser de respecter les services minimum" imposés par le gouvernement, a menacé leur porte-parole, Pedro Pardal Henriques.

La veille, le Premier ministre Antonio Costa avait affirmé qu'il n'hésiterait pas à réquisitionner des chauffeurs grévistes si la situation l'exigeait.

Anticipant des difficultés de ravitaillement, de nombreux automobilistes ont fait le plein avant le début du mouvement social et les ventes de carburant ont presque doublé ces derniers jours par rapport à la normale, selon le gouvernement.

Lundi matin, près de 15% des près de 3.000 pompes du pays étaient totalement à sec et presque autant manquaient d'au moins un type de carburant, d'après un site internet rassemblant les informations fournies par les usagers.

Le gouvernement socialiste a pris une série de mesures pour limiter l'impact du mouvement en cette période estivale. La précédente grève des transporteurs de carburant en avril avait provoqué d'importantes pénuries.

Il a notamment déclaré une "situation de crise énergétique" jusqu'au 21 août, lui permettant de rationner le carburant à partir de lundi. Le volume vendu sera limité à 25 litres par voiture et 100 litres par camion.

Il a également décrété un dispositif de service minimum pour obliger les transporteurs à fournir au moins 50% du carburant qui devait normalement être livré. 374 stations choisies par le gouvernement, dont une cinquantaine dédiées uniquement aux véhicules prioritaires, seront elles ravitaillées à 100%.

Les services d'urgence, les aéroports et les forces de l'ordre devront eux aussi être livrés intégralement.

Les autorités ont également formé quelque 500 militaires et gendarmes qui pourront conduire des camions citernes si le service minimum n'était pas respecté.