Yuriy Krouchenyk, un ado d'origine ukrainienne, a été passé à tabac le 15 janvier dernier à la sortie des cours par un groupe de jeunes dans le quartier parisien de Beaugrenelle à la réputation pourtant paisible. Dans une vidéo de télésurveillance très partagée sur les réseaux sociaux, on y voit une dizaine de jeunes en tenue de sport et blousons à cagoule s'acharner à coups de pied et de batte ou bâton sur l'ado alors qu'il est au sol sur un parvis éclairé par des réverbères, avant de l'abandonner gisant. Une enquête est ouverte pour "tentative d'homicide volontaire en réunion".
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Yuriy Krouchenyk, un ado d'origine ukrainienne, a été passé à tabac le 15 janvier dernier à la sortie des cours par un groupe de jeunes dans le quartier parisien de Beaugrenelle à la réputation pourtant paisible. Dans une vidéo de télésurveillance très partagée sur les réseaux sociaux, on y voit une dizaine de jeunes en tenue de sport et blousons à cagoule s'acharner à coups de pied et de batte ou bâton sur l'ado alors qu'il est au sol sur un parvis éclairé par des réverbères, avant de l'abandonner gisant. Une enquête est ouverte pour "tentative d'homicide volontaire en réunion".Depuis la diffusion de cette agression violente, la France est sous le choc. De nombreuses personnalités politiques ou du monde sportif et du showbizz y vont de leurs marques de soutien. L'Elysée s'est même fendue d'"un échange" avec la mère de Yuriy, selon l'entourage d'Emmanuel Macron. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réagi sur Twitter, dénonçant une "attaque d'une sauvagerie inouïe".Anne Hidalgo, la maire de Paris, s'est dit "extrêmement choquée par l'agression inouïe du jeune Yuriy." La présidente (LR) de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a demandé "une prise de conscience nationale" sur la criminalité juvénile. "Des images insupportables", a tweeté le footballeur du FC Barcelone et l'international français Antoine Griezmann, souhaitant à l'adolescent un bon rétablissement. L'acteur Omar Sy a partagé lui aussi un message similaire. Anne Hidalgo, la maire de Paris, s'est dit "extrêmement choquée par l'agression inouïe du jeune Yuriy." La présidente (LR) de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a demandé "une prise de conscience nationale" sur la criminalité juvénile.Yuriy avait 14 ans lorsque l'agression a eu lieu le vendredi 15 janvier. Il a eu 15 ans jeudi dernier, à l'hôpital où il a été emmené gravement blessé. "Il a eu plusieurs traumatismes crâniens, le nez, les bras, les épaules, les côtes et les doigts cassés, mais c'est surtout le crâne qui a été touché en plusieurs endroits" ", a déclaré sa mère, Nataliya sur BFMTV. Le garçon a subi une opération de plus de six heures et a été plongé dans le coma dont il est sorti depuis. Son pronostic est à ce jour encourageant. Selon sa mère, Yuriy se trouvait avec un groupe d'amis dans ce quartier calme du 15ème arrondissement de la capitale française, lorsqu'ils ont été "surpris par une bande de jeunes arrivée d'on ne sait où". Des témoins ont évoqué une rixe entre bandes rivales. Selon l'agence de presse AFP, des témoins parlent d'une bagarre entre des gangs rivaux, sans pouvoir dire si la victime en faisait également partie. "Tous les moyens sont mis en oeuvre pour que cette affaire soit résolue et que les auteurs soient rapidement identifiés et arrêtés", a déclaré le procureur de Paris Rémy Heitz. "Il n'y aura aucune impunité pour les auteurs de l'agression de Yuriy", a assuré sur Twitter le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. "Le parquet de Paris et les services d'enquête sont pleinement mobilisés."Le lynchage de cet adolescent illustre la banalisation de l'ultraviolence chez certains jeunesanalyse Le Figaro. Dans une tribune publiée sur le site du quotidien français, le porte-parole de l'Institut pour la Justice Pierre-Marie Sève rappelle que cette violence se multiplie et que son intensité augmente chez les jeunes dans l'Hexagone. "Malheureusement cette agression, dont l'avenir dira si elle a marqué le franchissement d'une étape, n'est que la continuité d'un phénomène qui s'implante en France: l'ultraviolence des jeunes ", avance-t-il. Avec souvent comme objectif de faire le plus de mal possible et, le cas échant de tuer la personne. Une violence que certains observateurs disent exacerbée par le confinement. Les statistiques de la délinquance viennent appuyer ses dires. La délinquance des mineurs est en augmentation en France. 164.100 mineurs ont fait l'objet d'une réponse pénale en 2017. Ce qui constitue un quasi-doublement en moins de vingt ans. Ensuite la délinquance des mineurs est également plus jeune. La part des mineurs de moins de quinze ans parmi les mis en cause ne cesse d'augmenter. Aujourd'hui, les 13 à 15 ans constituent environ 40 % des mineurs impliqués. La délinquance des mineurs est enfin plus grave. Traditionnellement, les faits de délinquance des mineurs concernaient les atteintes aux biens. Dite "utilitaire", cette délinquance ne se caractérisait donc pas par sa violence, les délinquants "s'endurcissant" au fil de leur carrière dans le crime et commençant par de simples vols sans violence.Aujourd'hui, la structure de la délinquance des mineurs s'est profondément modifiée, peut-on encore lire dans cette tribune du Figaro. Dans les années 1970, 75 % des faits de délinquance concernaient des vols de voiture. A l'heure actuelle, ces vols représentent moins de 40 % de ces faits. Parallèlement, les atteintes aux personnes (agressions verbales ou coups et blessures volontaires) et la délinquance à l'ordre public (violences contre les policiers, destructions, dégradations) ont très fortement crû. Parmi les causes évoquées, les violences intrafamiliales concernent 60 à 70 % des jeunes. Suivent les négligences et maltraitances subies au sein des familles et le fossé culturel entre la société française et des modèles familiaux étrangers.Aux dernières nouvelles, selon des informations de sources proches de l'enquête, dont Le Figaro a eu connaissance, on apprenait que Yuriy était "connu des services de police", pour des faits de violences. De très nombreux éléments de l'enquête orientent les recherches vers un règlement de comptes entre bandes de jeunes. Mardi, lors d'un débat à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a évoqué le phénomène des bandes, "pris très au sérieux, d'autant plus compliqué qu'il touche souvent des mineurs". Au-delà de la responsabilité de l'État sur la sécurité, le ministre a affirmé que les familles jouent un rôle important dans la prévention de délinquance en bandes : "Bien sûr c'est un sujet de police, de justice, mais aussi éducatif, il y a la responsabilité des parents. (...) La République ne peut pas toujours faire le travail que doivent faire les parents", arguait-il.Le phénomène des bandes à Paris a déjà fait de nombreuses victimes ces dernières années. Selon des chiffres publiés par l'AFP, les affrontements entre bandes ont fait six morts en 2017 et 2018. Le dernier décès remonte à novembre dernier, un jeune de 18 ans était tombé lors d'une rixe entre jeunes de Saint-Ouen et de Clignancourt.