Lors d'un déplacement à Pékin, le secrétaire d'Etat a confirmé samedi que les Etats-Unis avaient "deux ou trois canaux" directs "ouverts" avec Pyongyang pour "sonder" la volonté du régime de Kim Jong-Un d'engager des discussions plus formelles sur son programme nucléaire dénoncé par la communauté internationale. "Nous leur parlons", "nous posons des questions", a-t-il dit.

L'existence de contacts informels n'était pas un secret à Washington, mais c'est la première fois qu'une figure de l'administration Trump en parle officiellement.

"Le principal est le "canal new-yorkais", qui passe par la mission diplomatique nord-coréenne aux Nations unies", explique Jim Schoff, du think tank Carnegie Endowment for International Peace. L'émissaire américain pour la Corée du Nord, Joseph Yun, a utilisé ce canal notamment pour obtenir le rapatriement de l'étudiant américain Otto Warmbier, détenu par Pyongyang et mort en juin peu après son retour, dans le coma, aux Etats-Unis.

"Il semble y avoir eu plusieurs tentatives ces derniers mois, à travers ce canal, pour tenter d'engager un dialogue sur les trois Américains toujours détenus en Corée du Nord, et pour exprimer notre ouverture à discuter de la dénucléarisation", poursuit ce chercheur, soulignant que ces contacts ont pour l'instant échoué. Un autre canal de communication passerait, selon lui, par les ambassades des deux pays à Pékin.

Le département d'Etat a lui-même rapidement fait valoir que Pyongyang n'avait "montré aucun signe d'intérêt pour des pourparlers sur la dénucléarisation" et que ces canaux ne seraient "pas ouverts éternellement".

"Les seuls canaux de communication dont le secrétaire d'Etat a parlé sont ceux qui sont ouverts pour tenter de libérer les ressortissants américains", a assuré lundi à l'AFP le conseiller de Rex Tillerson pour les affaires publiques, R.C. Hammond.

Plusieurs observateurs estiment que ces échanges en coulisses doivent aussi servir à éviter que la guerre des mots entre Washington et Pyongyang ne vire au conflit armé. "J'espère qu'il y a des canaux secrets", "il faut absolument faire baisser la température pour éviter un accident", a prévenu la semaine dernière l'ex-secrétaire d'Etat Madeleine Albright, vantant sa propre expérience: en 2000, elle avait été le plus haut responsable américain en fonctions à se rendre en Corée du Nord.

"Pas de crise"

Si Rex Tillerson a choisi Pékin pour évoquer ces contacts, ce n'est probablement pas un hasard. La Chine qui, aux yeux des Américains, joue de plus en plus le jeu des sanctions contre le régime nord-coréen, demande que cela serve à la recherche d'une solution diplomatique, et le secrétaire d'Etat a pu vouloir envoyer un message en ce sens.

Seulement, le président américain n'a pas apprécié. "J'ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d'Etat, qu'il perd son temps à négocier", a lancé dimanche Donald Trump sur Twitter. "Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire."

Cette humiliation publique "nuit à la crédibilité du ministre", déplore Jim Schoff. Pour lui, l'administration a mis au point une stratégie qui comprend "une ouverture au dialogue" en vue de la dénucléarisation de la Corée, et "Trump a lui-même approuvé cette politique". "Or, elle est mise à mal essentiellement par les tweets de Trump", ajoute-t-il.

Ce n'est pas la première fois que le président républicain complique, au minimum, la tâche de l'ex-patron du géant pétrolier ExxonMobil, venu à la diplomatie à sa demande. Cet été déjà, en promettant "le feu et la furie" à Pyongyang, Donald Trump avait relégué à l'arrière-plan les efforts du très discret secrétaire d'Etat pour accroître l'isolement international de Kim Jong-Un.

Le département d'Etat doit donc une nouvelle fois déminer la situation, alors que les rumeurs d'un départ du chef de la diplomatie sont récurrentes à Washington.

"Tout le monde est d'accord sur la stratégie", "il n'y a pas de crise entre le président et le secrétaire d'Etat", a déclaré à l'AFP R.C. Hammond, le proche conseiller de Rex Tillerson. Selon lui, le tweet présidentiel doit être interprété comme une "marque de scepticisme quant au fait que les Nord-Coréens puissent changer d'attitude", "pas comme une marque de scepticisme à l'égard de la stratégie de Rex Tillerson".

Lors d'un déplacement à Pékin, le secrétaire d'Etat a confirmé samedi que les Etats-Unis avaient "deux ou trois canaux" directs "ouverts" avec Pyongyang pour "sonder" la volonté du régime de Kim Jong-Un d'engager des discussions plus formelles sur son programme nucléaire dénoncé par la communauté internationale. "Nous leur parlons", "nous posons des questions", a-t-il dit.L'existence de contacts informels n'était pas un secret à Washington, mais c'est la première fois qu'une figure de l'administration Trump en parle officiellement."Le principal est le "canal new-yorkais", qui passe par la mission diplomatique nord-coréenne aux Nations unies", explique Jim Schoff, du think tank Carnegie Endowment for International Peace. L'émissaire américain pour la Corée du Nord, Joseph Yun, a utilisé ce canal notamment pour obtenir le rapatriement de l'étudiant américain Otto Warmbier, détenu par Pyongyang et mort en juin peu après son retour, dans le coma, aux Etats-Unis."Il semble y avoir eu plusieurs tentatives ces derniers mois, à travers ce canal, pour tenter d'engager un dialogue sur les trois Américains toujours détenus en Corée du Nord, et pour exprimer notre ouverture à discuter de la dénucléarisation", poursuit ce chercheur, soulignant que ces contacts ont pour l'instant échoué. Un autre canal de communication passerait, selon lui, par les ambassades des deux pays à Pékin.Le département d'Etat a lui-même rapidement fait valoir que Pyongyang n'avait "montré aucun signe d'intérêt pour des pourparlers sur la dénucléarisation" et que ces canaux ne seraient "pas ouverts éternellement"."Les seuls canaux de communication dont le secrétaire d'Etat a parlé sont ceux qui sont ouverts pour tenter de libérer les ressortissants américains", a assuré lundi à l'AFP le conseiller de Rex Tillerson pour les affaires publiques, R.C. Hammond.Plusieurs observateurs estiment que ces échanges en coulisses doivent aussi servir à éviter que la guerre des mots entre Washington et Pyongyang ne vire au conflit armé. "J'espère qu'il y a des canaux secrets", "il faut absolument faire baisser la température pour éviter un accident", a prévenu la semaine dernière l'ex-secrétaire d'Etat Madeleine Albright, vantant sa propre expérience: en 2000, elle avait été le plus haut responsable américain en fonctions à se rendre en Corée du Nord.Si Rex Tillerson a choisi Pékin pour évoquer ces contacts, ce n'est probablement pas un hasard. La Chine qui, aux yeux des Américains, joue de plus en plus le jeu des sanctions contre le régime nord-coréen, demande que cela serve à la recherche d'une solution diplomatique, et le secrétaire d'Etat a pu vouloir envoyer un message en ce sens.Seulement, le président américain n'a pas apprécié. "J'ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d'Etat, qu'il perd son temps à négocier", a lancé dimanche Donald Trump sur Twitter. "Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire."Cette humiliation publique "nuit à la crédibilité du ministre", déplore Jim Schoff. Pour lui, l'administration a mis au point une stratégie qui comprend "une ouverture au dialogue" en vue de la dénucléarisation de la Corée, et "Trump a lui-même approuvé cette politique". "Or, elle est mise à mal essentiellement par les tweets de Trump", ajoute-t-il.Ce n'est pas la première fois que le président républicain complique, au minimum, la tâche de l'ex-patron du géant pétrolier ExxonMobil, venu à la diplomatie à sa demande. Cet été déjà, en promettant "le feu et la furie" à Pyongyang, Donald Trump avait relégué à l'arrière-plan les efforts du très discret secrétaire d'Etat pour accroître l'isolement international de Kim Jong-Un.Le département d'Etat doit donc une nouvelle fois déminer la situation, alors que les rumeurs d'un départ du chef de la diplomatie sont récurrentes à Washington."Tout le monde est d'accord sur la stratégie", "il n'y a pas de crise entre le président et le secrétaire d'Etat", a déclaré à l'AFP R.C. Hammond, le proche conseiller de Rex Tillerson. Selon lui, le tweet présidentiel doit être interprété comme une "marque de scepticisme quant au fait que les Nord-Coréens puissent changer d'attitude", "pas comme une marque de scepticisme à l'égard de la stratégie de Rex Tillerson".