La question nucléaire devait être au centre de la rencontre entre M. Araghchi et Helga Schmid, adjointe de Federica Mogherini à la tête du service d'action extérieure de l'UE, mais, écrit Irna, la discussion a aussi porté sur des "questions régionales et internationales".

La République islamique est accusée par Washington d'être derrière les attaques ayant visé jeudi deux navires-citernes aux larges des côtes iraniennes en mer d'Oman, ce que Téhéran dément vivement.

Ces attaques font craindre un embrasement dans la région du Golfe. La décision annoncée début mai par l'Iran de cesser d'appliquer certains de ses engagements relatifs à l'accord sur le nucléaire conclu à Vienne en 2015 nourrit également des craintes pour l'avenir de ce pacte.

Aux termes de ce texte, l'Iran s'est engagé à ne jamais chercher a acquérir la bombe atomique et a accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire, afin de garantir qu'il ne cherche pas à se doter de cette arme, en échange de la levée d'une partie des sanctions économiques internationales asphyxiant son économie.

Mais, estimant que ce texte n'offrait pas de garanties suffisantes, le président américain Donald Trump a sorti son pays de l'accord en mai 2018, et Washington a rétabli des sanctions punitives contre Téhéran, qui privent l'Iran des retombées économiques que le pays escomptait de l'accord.

Le 8 mai, Téhéran a donné deux mois aux partenaires encore parties à l'accord de Vienne (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour l'aider à commercer en contournant les sanctions américaines faute de quoi l'Iran menace de s'affranchir progressivement de ce pacte.

Selon ses services, Mme Schmid clôture à Téhéran une tournée régionale qui l'a précédemment menée aux Emirats arabes unis, à Oman et au Qatar.

En une semaine, en sus de sa visite, Téhéran a accueilli le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, tous deux venus discuter de l'avenir de l'accord de Vienne et de la situation régionale.

Selon l'ambassade de France en Iran, une délégation parlementaire française, présidée par Marielle de Sarnez, présidente de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale a eu des "échanges denses" samedi à Téhéran avec la Commission de la sécurité nationale et des affaires étrangères du Madjles, le Parlement iranien.