Le non à l'indépendance l'emporte avec 56,4% des voix, selon les résultats définitifs. Les sondages prédisaient une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%. Des résultats encore à venir du grand Nouméa pourraient faire remonter le score loyaliste pour le non.

Plusieurs voitures ont été brûlées et deux "faits de caillassages" ont été signalés dimanche soir, en marge du dépouillement du scrutin, a-t-on appris auprès du Haut-commissariat. Les principaux responsables politiques avaient souligné en amont du scrutin qu'une victoire du non pouvait inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements.

Les électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d'importantes réserves de nickel, étaient appelés à dire s'ils voulaient ou non "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".

Le référendum est attentivement suivi par Paris, à 18.000 km de là. Le président Emmanuel Macron doit s'exprimer à la télévision à 12H00 dimanche (23H00 heures locales) à l'issue de la proclamation définitive du résultat.

A la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire, c'est une fierté de porter nos couleurs", dit-il. De nombreuses procurations faites par des Calédoniens de métropole ne sont pas arrivées à temps, a déploré Sonia Lagarde maire de Nouméa, confrontée à d'incessantes réclamations à ce sujet toute la journée.

Cette consultation, prévue par l'accord de Nouméa signé en 1998, est destinée à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d'origine européenne, entamé avec les accords de Paris de 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980 qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, faisant au total 25 morts. Pour rendre ce scrutin incontestable, 250 délégués dépêchés par l'Etat et des experts de l'ONU étaient présents dans les bureaux.

Dans celui de l'école Candide-Koch, dans le quartier de la Vallée des colons à Nouméa, une longue file d'attente a été constaté dans la matinée. "Mon choix a été fait depuis longtemps, c'est un choix pour la France, pour les garanties qu'elle apporte. C'est l'assurance, la sécurité", explique Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans.

Impatience

A l'école Gustave-Mouchet, dans le quartier populaire de Montravel, la population, à majorité kanak, a fait aussi la queue: "C'est un geste symbolique", explique Alain, 46 ans, qui travaille à la Société Le Nickel (SLN), plus grand employeur privé de Nouvelle-Calédonie. "C'est le premier vote qui va définir vraiment le pays."

Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France. Ils mettent en avant la protection de la France et ses 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles, et espèrent que ce premier référendum sera aussi le dernier alors que l'accord de Nouméa prévoit la possibilité de deux autres consultations dans les quatre ans. Mais ils entendent continuer à dialoguer avec les Kanak et l'Etat.

En cas de victoire du oui, le FLNKS (indépendantiste) a indiqué qu'il ne souhaitait pas une rupture avec la France, mais une indépendance en partenariat avec elle.

Pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui arrive sur le Caillou dès lundi, ce référendum marque "le début de la Nouvelle-Calédonie qui veut construire un avenir".

Inégalités criantes

Selon Paul Fizin, docteur en histoire, en dépit de trente années de rééquilibrage économique et social en faveur du peuple premier, les inégalités restent criantes. Échec scolaire, chômage élevé, habitat précaire... "il y a encore des problèmes d'intégration et un sentiment d'injustice prégnant dans la société kanak", dit-il.

Une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, a sombré dans la délinquance. Les deux camps craignaient leur réaction si le non l'emportait. La vente d'alcool dans les commerces a été interdite ce week-end, les effectifs de gendarmerie ont été étoffés et la prison de Nouméa a renforcé sa capacité d'accueil.

"Pas d'autre chemin que celui du dialogue"

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Emmanuel Macron a exprimé dimanche son "immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique" après que la Nouvelle-Calédonie a choisi par référendum de rester dans le giron français.

"Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l'État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France", a déclaré le président de la République dans une allocution télévisée, en estimant qu'il n'y avait "pas d'autre chemin que celui du dialogue".

"Les électeurs ont pu choisir souverainement en connaissance de cause la relation entre la Nouvelle-Calédonie et la France. Ils se sont exprimés majoritairement pour que la Nouvelle-Calédonie reste française", s'est réjoui Emmanuel Macron, qui y a vu "une marque de confiance dans la République française, dans son avenir, et dans ces valeurs: cette fierté, chacun peut la ressentir et la partager".

"Le seul vaincu est la tentation du mépris de la division, de la violence, de la peur", a encore considéré le chef de l'État. "Le seul vainqueur, c'est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis 30 ans, l'esprit de dialogue que plus rien n'entamera", a-t-il ajouté.

"Au plan politique, il n'y a pas d'autre chemin que celui du dialogue", a martelé Emmanuel Macron, selon lequel "le gouvernement proposera aux forces politiques de Nouvelle-Calédonie de se réunir dans les prochaines semaines".

Le Premier ministre Édouard Philippe doit se rendre lundi sur l'archipel.

Le non à l'indépendance l'emporte avec 56,4% des voix, selon les résultats définitifs. Les sondages prédisaient une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%. Des résultats encore à venir du grand Nouméa pourraient faire remonter le score loyaliste pour le non.Plusieurs voitures ont été brûlées et deux "faits de caillassages" ont été signalés dimanche soir, en marge du dépouillement du scrutin, a-t-on appris auprès du Haut-commissariat. Les principaux responsables politiques avaient souligné en amont du scrutin qu'une victoire du non pouvait inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements.Les électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d'importantes réserves de nickel, étaient appelés à dire s'ils voulaient ou non "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".Le référendum est attentivement suivi par Paris, à 18.000 km de là. Le président Emmanuel Macron doit s'exprimer à la télévision à 12H00 dimanche (23H00 heures locales) à l'issue de la proclamation définitive du résultat.A la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire, c'est une fierté de porter nos couleurs", dit-il. De nombreuses procurations faites par des Calédoniens de métropole ne sont pas arrivées à temps, a déploré Sonia Lagarde maire de Nouméa, confrontée à d'incessantes réclamations à ce sujet toute la journée. Cette consultation, prévue par l'accord de Nouméa signé en 1998, est destinée à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d'origine européenne, entamé avec les accords de Paris de 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980 qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, faisant au total 25 morts. Pour rendre ce scrutin incontestable, 250 délégués dépêchés par l'Etat et des experts de l'ONU étaient présents dans les bureaux. Dans celui de l'école Candide-Koch, dans le quartier de la Vallée des colons à Nouméa, une longue file d'attente a été constaté dans la matinée. "Mon choix a été fait depuis longtemps, c'est un choix pour la France, pour les garanties qu'elle apporte. C'est l'assurance, la sécurité", explique Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans.A l'école Gustave-Mouchet, dans le quartier populaire de Montravel, la population, à majorité kanak, a fait aussi la queue: "C'est un geste symbolique", explique Alain, 46 ans, qui travaille à la Société Le Nickel (SLN), plus grand employeur privé de Nouvelle-Calédonie. "C'est le premier vote qui va définir vraiment le pays."Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France. Ils mettent en avant la protection de la France et ses 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles, et espèrent que ce premier référendum sera aussi le dernier alors que l'accord de Nouméa prévoit la possibilité de deux autres consultations dans les quatre ans. Mais ils entendent continuer à dialoguer avec les Kanak et l'Etat.En cas de victoire du oui, le FLNKS (indépendantiste) a indiqué qu'il ne souhaitait pas une rupture avec la France, mais une indépendance en partenariat avec elle.Pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui arrive sur le Caillou dès lundi, ce référendum marque "le début de la Nouvelle-Calédonie qui veut construire un avenir".Selon Paul Fizin, docteur en histoire, en dépit de trente années de rééquilibrage économique et social en faveur du peuple premier, les inégalités restent criantes. Échec scolaire, chômage élevé, habitat précaire... "il y a encore des problèmes d'intégration et un sentiment d'injustice prégnant dans la société kanak", dit-il.Une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, a sombré dans la délinquance. Les deux camps craignaient leur réaction si le non l'emportait. La vente d'alcool dans les commerces a été interdite ce week-end, les effectifs de gendarmerie ont été étoffés et la prison de Nouméa a renforcé sa capacité d'accueil.